Après avoir gagné aux compétitions des métiers au niveau régional et national, Marc-Antoine Bettez représentera le Canada au World Skills dans le domaine de la réfrigération et climatisation.

Marc-Antoine revient de loin

Marc-Antoine Bettez d'Hébertville pourrait devenir le meilleur frigoriste apprenti au monde. Celui qui a décroché l'or aux Olympiades canadiennes des métiers et technologies représentera le pays dans la catégorie réfrigération et climatisation aux World Skills qui se tiendront à l'été 2015, au Brésil. Un parcours étonnant pour un jeune homme de 21 ans qui a dû bûcher dur pour terminer ses études secondaires.
« Ce n'est pas parce que tu n'es pas bon à l'école que tu ne peux pas devenir quelqu'un », plaide Marc-Antoine Bettez, qui a dû concevoir un système de réfrigération et poser des diagnostics électriques lors de la compétition canadienne.
«Je n'étais pas bon, je n'étais pas très motivé. J'ai doublé une année. J'ai même quitté l'école publique pour le privé en pensant que ça allait m'aider. J'ai eu mon diplôme de justesse. À ce moment, jamais je n'aurais pensé me rendre là aujourd'hui», ajoute-t-il.
Son arrivée dans un centre de formation professionnelle a fait la différence, selon le jeune homme qui a étudié à Québec.
«Je me levais le matin et j'avais hâte d'aller à l'école. C'était concret, manuel. C'est ce que j'aimais. C'est complètement différent de l'école secondaire. Oui, ça prend des notions de base. Mais après le secondaire, c'est une autre étape», estime le jeune homme qui demeure désormais à Métabetchouan-Lac-à-la-Croix.
Ce dernier a terminé sa formation de mécanicien en réfrigération et en climatisation. Il travaille d'ailleurs chez Plomberie Roy, à Alma. Mais au cours des prochains mois, le frigoriste devra retourner à Québec pour s'entraîner en vue du World Skills.
«Je dois retourner à Québec à temps partiel pour m'entraîner avec mes coachs. C'est comme des Olympiques. Je vais me pratiquer toute l'année avant le grand jour», explique Marc-Antoine Bettez.
Comme à la compétition nationale, il devra concevoir un système de réfrigération. Mais au lieu d'une compétition de 12 heures, il aura quatre jours, ce qui donne une bonne idée de la complexité de l'épreuve.
«Ce sera plus difficile, c'est sûr. Je vais affronter des gens de l'Asie, de l'Europe. C'est fou quand j'y pense. Mais ça ne me stresse pas pour l'instant. La raison principale qui m'a amené vers ces compétitions, c'est le plaisir», précise le jeune homme.
Ce dernier ne pensait d'ailleurs pas remporter l'or à Toronto en juin dernier. Son rival albertain était celui que plusieurs voyaient gagner.
«Pendant la compétition, je travaillais à côté de lui. Je le voyais faire et je le trouvais bon. J'étais certain de ne pas gagner. Lorsque son nom est sorti en deuxième position, j'ai écouté et c'était moi. Mais je ne sais pas si je m'en rends compte encore», raconte-t-il.
Les Skills/Compétences Canada (olympiades canadiennes des métiers et technologies) sont destinées aux étudiants et aux apprentis du pays. Chaque année, plus de 500 jeunes des quatre coins du Canada se réunissent pour prendre part à des concours dans 40 métiers différents. Au Brésil, ce sera plus de 900 concurrents représentant une cinquantaine de pays qui s'affronteront pour obtenir le titre de « champion du monde » dans leur domaine de spécialisation respectif.