Une table ronde sur le patrimoine bâti était organisée à la Bibliothèque d’Arvida. Martin Simard, analyste en patrimoine à Saguenay, Josée Bergeron, directrice générale du Centre d’histoire Sir-William-Price, Sabrina Girard, propriétaire décorée d’une maison dans le quartier Sainte-Thérères, et Daniel Paiement, de la firme Daniel Paiement Architecte.

Manque d’entrepreneurs spécialisés en rénovation patrimoniale

Alors qu’Arvida vient d’être désigné comme site patrimonial par Québec, il manque d’entrepreneurs spécialisés dans ce domaine en ce moment dans la région, estime Martin Simard, analyste en patrimoine à la Ville de Saguenay.

Il a dressé ce constat dans le cadre d’une table ronde organisée par le Centre d’histoire Sir-William-Price/Centre d’histoire Arvida à la Bibliothèque d’Arvida mardi soir. En plus de M. Simard, les deux autres participants étaient l’architecte Daniel Paiement, de la firme du même nom, et Sabrina Girard, propriétaire avec son conjoint d’une maison dans le quartier Sainte-Thérèse, pour laquelle ils ont justement remporté un prix pour l’excellence de leur entretien.

Patrimoine bati 
 Photo: Jeannot Levesque

« Le bassin de rénovateurs artisans n’est pas très vigoureux. Il y a beaucoup d’entrepreneurs, mais assez peu de spécialisés pour les maisons anciennes. C’est l’enjeu majeur auquel on fait face, de supporter les gens dans la recherche de spécialistes. Souvent on ne les trouve pas, donc on accompagne les entrepreneurs », a expliqué l’ébéniste et architecte de formation, qui a déjà été directeur par intérim du Centre d’histoire Sir-William-Price.

D’ailleurs, M. Simard a dévoilé un projet pratique sur lequel il planche actuellement, soit ce qu’il appelle une « Matériauthèque ». « C’est un outil 3D qui va se promener dans les bibliothèques pour être consulté par les citoyens et les entrepreneurs. C’est une espèce de grosse maison de poupée qui va être montée sur un socle », a-t-il annoncé. La base comprendra plusieurs échantillons de matériaux, question de bien visualiser le type de travaux possibles.

L’employé de Saguenay, qui s’occupe principalement des projets de rénovation et restauration à Arvida, a présenté les deux programmes d’aide à la rénovation patrimoniale, dont un spécifique justement pour la cité du métal gris. Il a donné l’exemple d’une demeure qui, étant inscrite aux deux, était admissible à environ 85 000 $ de la part de Saguenay sur un budget total de 136 000 $. Il a indiqué qu’environ 400 000 $ par année sont disponibles pour Arvida, ce qui permet de faire grosso modo huit maisons par année. Pour le moment, la liste d’attente chronologique est d’environ quatre à cinq ans.

De son côté, l’architecte Daniel Paiement est pour le moment engagé par la Ville dans le cadre du Service-conseil à la rénovation patrimoniale. Les Saguenéens qui ont une maison qui date d’avant 1960 peuvent recourir gratuitement à ses services, via une demande à Saguenay, pour obtenir une évaluation complète sur comment réaliser une rénovation pour respecter les contraintes patrimoniales, ou simplement l’esprit du style original de la maison. « On fait une proposition pour qu’elle se rapproche d’un style plus classique », a-t-il dit à propos d’un exemple qu’il donnait. Il a cependant averti la vingtaine de personnes présentes que faire des rénovations patrimoniales impliquait des coûts importants. Cependant, il a dit qu’il fallait le voir comme un objectif à long terme et non comme des dépenses obligatoires immédiates.