Manque de transparence, affirme l'ERD

L'Équipe du renouveau démocratique de Saguenay déplore que la ville n'ait pas mis en place un processus d'embauche pour le poste du directeur de l'arrondissement Jonquière, lequel lui aurait permis d'obtenir les services du meilleur candidat disponible pour desservir les citoyens.
La conseillère municipale Josée Néron n'a rien de personnel contre l'ex-attachée politique Danielle Godin, une fidèle du maire Jean Tremblay. Elle constate aujourd'hui que le maire Tremblay a profité de la séance du 30 décembre, où les élus devaient adopter le budget, pour passer en douce cette nomination. Même chose pour les trois employés des arrondissements qui occupent en ce moment les mêmes fonctions qu'avant le 31 décembre.
« J'ai posé une question en plénière puisque je croyais que l'on procédait à la création du poste de M. Larouche qui allait former la nouvelle directrice. On m'a expliqué que Saguenay avait un programme pour les cadres et faisait des choix en fonction de ce programme en procédant de cette façon aux nominations, comme ce fut le cas avec le nouveau directeur de police Denis Boucher. »
Aujourd'hui, Josée Néron comprend bien que la nomination du directeur de police est différente puisque M. Boucher occupait déjà une fonction de cadre supérieur à l'intérieur de ce service à titre de directeur adjoint. Dans le cas de Mme Godin, elle demande si Saguenay n'aurait pas eu intérêt à faire un appel à l'ensemble de la fonction publique municipale.
« Quand on pense au citoyen d'abord, on se demande si ce choix est le meilleur dans les circonstances. Le poste de directeur d'arrondissement est un poste très important. Il doit supporter le travail des élus dans les services aux citoyens, gérer des ressources humaines et avoir une certaine vision de ce que doit être l'organisation. M. André Martin occupe cette fonction à Chicoutimi et a monté tous les échelons avant d'obtenir ce poste. »
Démotivation?
La porte-parole de l'ERD croit que cette façon de faire a aussi un effet pervers pour l'ensemble de la fonction publique municipale. L'embauche sans aucune forme de concours d'une attachée politique à un poste de cadre supérieur à la ville peut laisser croire que ça ne sert à rien de faire des efforts pour acquérir des connaissances et suivre des formations en vue d'obtenir de l'avancement dans l'organisation.
« Les gens vont se demander à qui ça sert d'aller passer des soirées à l'école pour se former et se spécialiser alors que les postes ne sont pas accordés en fonction des qualifications, mais de la proximité du pouvoir politique. Ça manque de transparence et ce n'est pas bon pour la ville et les citoyens à long terme. »
Josée Néron ne peut s'empêcher d'évoquer le cas de l'ex-conseiller municipal Fabien Hovington, qui a obtenu le poste de directeur général de la Corporation du vieux port quelques jours après sa défaite électorale. Elle signale que ce type de manoeuvre manque totalement de transparence.
Dans le cas de Danielle Godin, l'ERD juge que les fonctionnaires municipaux ont un rôle administratif à remplir pour gérer les services à tous les citoyens. En procédant à une nomination politique, l'équipe de l'ERD croit que le maire s'assure surtout de la loyauté d'une personne qui ne travaillera pas nécessairement pour le bien commun, mais bien pour défendre des intérêts politiques.
Le Quotidien a tenté d'obtenir des commentaires de l'association des cadres de la ville de Saguenay relativement à cette nomination politique. L'association ne participe pas au processus d'embauche et ne fera donc aucun commentaire relativement à cette affaire.