Au lieu d’ériger une barricade, comme ce qui a été fait à plusieurs endroits au Canada au cours des deux dernières semaines, les organisateurs ont plutôt opté pour une manifestation pacifique.

Manifestation en appui au peuple Wet’suwet’en à Mashteuiatsh

Plus d’une centaine de personnes se sont rassemblées hier à Mashteuiatsh pour manifester leur soutien aux Wet’suwet’en. Le rassemblement a aussi été l’occasion de manifester contre le projet de GNL Québec.

C’est devant une tente érigée aux abords du Piekouagami que les organisateurs avaient donné rendez-vous aux personnes qui souhaitaient manifester leur soutient au peuple Wet’suwet’en, qui protestent contre le passage d’un gazoduc sur leurs terres ancestrales en Colombie-Britannique. « On veut démontrer notre soutien aux Wetsuweten et l’importance de la protection de la mère terre », remarque Jimmy Angel Bossum, un des organisateurs. « On veut leur démontrer qu’ici à Mashteuiatsh, on les supporte aussi », renchérit Nina Bossum, qui fait aussi partie des organisateurs de l’événement, en ajoutant que le mouvement est devenu pancanadien.

Plus d’une centaine de personnes ont participé à la marche pacifique, au lieu d’ériger une barricade, comme ce qui a été fait à plusieurs endroits au Canada au cours des deux dernières semaines, les organisateurs ont plutôt opté pour une manifestation pacifique. « On a toujours été un peuple pacifique, ajoute Nina Bossum. Le respect fait partie de nos valeurs fondamentales. »

Selon la poétesse innue native de Mashteuiatsh, Marie-Andrée Gill, un éveil est en court sur le territoire. « Il va se passer la même chose ici [avec GNL Québec], dit-elle. On veut créer un mouvement rassembleur pour les générations futures. On veut construire un avenir pour nos enfants et c’est important que tout le monde se sente concerné. Nous sommes les porte-voix, les éclaireurs, pour dire haut et fort qu’il faut faire attention à la mère terre. »

Cette dernière déplore également que les communautés autochtones ne soient pas consultées suffisamment lors du développement de tels projets. « Partout au Canada, les Premières Nations devraient être consultées avant de faire des projets comme ça. On est ici depuis des milliers d’années et on n’est pas consulté. »

Pekuakamiuinuatsh Takuhikan, le conseil de bande de Mashteuiatsh n’a pas encore pris position publiquement sur le projet de GNL Québec, mais les organisateurs estiment avoir un important soutien de la communauté. « La protection du territoire, ça fait partie de nos valeurs profondes », note Marie-André Gill.

Plus d’une centaine de personnes se sont rassemblées hier à Mashteuiatsh pour manifester leur soutien aux Wet’suwet’en.

Au lieu de miser sur des projets d’extraction et d’exportation d’énergie fossile, Jimmy Angel Bossum estime que le développement d’énergies vertes permettrait de créer des emplois durables tout en favorisant l’acceptation publique.

Paul Basilish, un ainé de Mashteuiatsh, était aussi présent lors de la manifestation pour manifester son soutient aux Wet’suwet’en, mais aussi pour se positionner contre GNL Québec. « Entre autochtones, on doit se tenir ensemble, dit-il. On ne doit pas sacrifier notre territoire pour créer des jobs pour une génération. Je veux laisser un territoire en bonne santé à mes petits enfants. »