Une quarantaine de personnes ont fait connaître leur mécontentement, dimanche midi, en face de la Maison Bossé sur la rue Racine, à Chicoutimi.

Manifestation devant la maison Bossé

Une quarantaine de personnes ont manifesté, dimanche midi, devant la Maison Bossé, au centre-ville de Chicoutimi, pour réclamer un meilleur encadrement des édifices patrimoniaux sur le territoire de Saguenay. La mairesse Josée Néron a répété qu’un comité sera bientôt mis en place pour instaurer un plan d’action.

Le conseil d’arrondissement a accepté la semaine dernière d’autoriser la destruction de la maison située au 334 rue Racine, qui est l’un des plus vieux bâtiments toujours debout sur cette artère du centre-ville. La propriétaire de la Maison Bossé a vendu son immeuble aux propriétaires du Manoir Champlain, qui utiliseront vraisemblablement l’espace pour l’aménagement de stationnements. Le Manoir effectue déjà des travaux d’aménagement d’une nouvelle aile de 30 000 pieds carrés.

Les coorganisateurs de la manifestation de dimanche en face de la Maison Bossé, Simon Gauthier et Pierrick Bouchard.

Sensibiliser les élus
Bien que le sort de la Maison Bossé soit maintenant scellé, les manifestants ont tenu à exprimer haut et fort leur amour pour l’architecture historique de Saguenay.

« On essaie de sensibiliser les élus à la création d’un comité de protection pour le patrimoine. Que ça soit pour l’intégration du patrimoine, la protection, les modifications ou les démolitions, il faudrait que ça passe par ce comité-là plutôt que de manière systémique comme c’est fait actuellement à Saguenay », estime Pierrick Bouchard, l’un des coorganisateurs de ce rassemblement qui comptait un nombre appréciable de jeunes adultes.

Comme elle l’avait fait la semaine dernière au lendemain de l’annonce de la démolition de l’édifice qui abritait l’Auberge Racine, la mairesse Josée Néron a réitéré son intention de procéder à la création d’un comité chargé de mieux cerner les besoins de Saguenay en matière de protection du patrimoine.

« Je dirais que la problématique, c’est de ne pas avoir de plan d’ensemble. Le conseiller responsable du dossier, Simon-Olivier Côté, va me proposer une liste de personnes qui pourraient faire partie de ce comité. On devrait y retrouver des historiens, des architectes et des urbanistes. Des gens du clergé et des institutions d’enseignement également. On s’entend qu’on ne peut plus y aller à la pièce. Il faut avoir un plan, prévoir des sous et prévoir comment on va procéder », affirme la mairesse de Saguenay.

Une question de classification
Cette dernière rappelle que des efforts ont déjà été faits en matière de protection à Saguenay, notamment avec l’argent injecté à la chapelle Saint-Cyriac de Lac-Kénogami, avec la Maison Price de Chicoutimi ou encore avec l’achat du presbytère Saint-Alexis de La Baie. Le cas de la Maison Bossé était différent étant donné qu’elle n’avait plus la classification patrimoniale.

« On a pris la peine de demander des avis externes, mais [la maison] a tellement eu de modifications dans sa vie qu’elle n’a plus rien de patrimonial », constate à regret Mme Néron.

N’empêche que pour les manifestants présents dimanche, ce système de classification devrait aussi être revu et corrigé.

« C’est sûr que le potentiel commercial était rendu à zéro, mais ce qui est dommage, c’est que des architectes ont conclu que le bâtiment ne peut pas être considéré comme patrimonial à cause des modifications apportées au fil du temps. C’est vraiment fou de démolir une pièce d’histoire comme ça pour des cases de stationnement. Le temps serait peut-être venu qu’on remette ça en question et qu’on considère le patrimoine comme autre chose que des détails techniques. C’est rattaché au sentiment d’appartenance que les gens ont pour leur ville et leur communauté », croit un autre coorganisateur du rassemblement, Simon Gauthier.