Des militants de LASTUSE ont manifesté lundi devant les bureaux de la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest. Le directeur général de l’organisme, Sylvain Bergeron, demande au gouvernement du Québec d’abolir la pénalité imposée aux femmes monoparentales qui voient leur chèque amputé lorsqu’elles reçoivent une pension alimentaire pour subvenir aux besoins des enfants.

Manifestation de LASTUSE: Andrée Laforest offre son aide

Une vingtaine de militants et militantes de LASTUSE du Saguenay (Lieux d’actions et de services travaillant dans l’unité avec les sans-emploi) ont manifesté devant le bureau de la ministre des Affaires municipales et députée de Chicoutimi, Andrée Laforest, pour obtenir des modifications à la Loi sur l’aide sociale et qui pénalise les femmes monoparentales dont les enfants reçoivent une pension alimentaire.

Le coordonnateur de l’organisme qui assure la défense des sans-emploi, Sylvain Bergeron, déplore que cette mesure spécifique appliquée pour les femmes monoparentales soit toujours en vigueur. D’une certaine façon, explique Sylvain Bergeron, ce sont les enfants qui deviennent des soutiens de famille avec cette politique.

LASTUSE a remis aux représentants des médias la situation de deux femmes monoparentales dont une travaille et l’autre reçoit des prestations d’aide sociale. L’exemple concerne une femme qui a deux enfants. Celle qui bénéficie de l’aide sociale va voir son chèque amputé puisque la pension alimentaire qu’elle reçoit est considérée comme un revenu. Ce qui n’est pas le cas pour celle qui travaille.

« Pendant que les gouvernements successifs affirmaient lutter vivement contre la pauvreté des enfants, le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale détourne les fonds de la pension alimentaire pour qu’ils servent à couvrir les besoins de l’adulte plutôt que d’aider à améliorer la situation de l’enfant. Celui-ci invoquait, pour ce faire, un étrange principe d’égalité », insiste le coordonnateur Sylvain Bergeron.

LASTUSE tenait cette manifestation dans le but de mettre un terme à ce que l’on considère comme une injustice pour les femmes monoparentales bénéficiant de l’aide sociale ainsi que des femmes aux études dont la pension alimentaire pour les enfants fait partie du calcul de la bourse. LASTUSE accompagne des étudiants pour obtenir une dérogation.

Le coordonnateur de LASTUSE, Sylvain Bergeron

Selon Sylvain Bergeron, une modification à la réglementation de l’aide sociale pour éliminer cette clause discriminatoire pour les femmes monoparentales coûterait approximativement 17 M $ pour l’ensemble du Québec. Les évaluations de l’organisme font état d’approximativement 1000 femmes monoparentales dans cette situation pour l’ensemble de la région.

« Normalement, la pension alimentaire pour les enfants doit servir à éviter que ces derniers subissent les effets des séparations. En ce moment, les mères monoparentales n’ont d’autre choix que de récupérer cet argent pour payer les besoins de base. Il n’appartient pas aux enfants à subvenir aux besoins des parents, mais le contraire », insiste le directeur général de LASTUSE.

« Nous voulons influencer la ministre puisqu’elle peut parler à ses collègues avant l’adoption du prochain budget », ajoute Sylvain Bergeron. « Ça fait 18 ans que nous demandons des modifications au gouvernement et il n’y a pas eu d’écoute. La CAQ a pris un engagement pendant la dernière campagne électorale. »

La ministre Andrée Laforest a invité les représentants de LASTUSE ainsi que les manifestants dans la salle de conférence de son bureau. Elle a été surprise d’apprendre que c’est la première fois que les dirigeants de LASTUSE avaient l’occasion de parler directement avec un membre du gouvernement dans le cadre d’une manifestation.

« Je leur ai mentionné que j’allais les accompagner », a indiqué la ministre au cours d’un point de presse improvisé. Elle estime que les enfants doivent profiter des mêmes chances pour la réussite et assure que le gouvernement est sensible aux problèmes de cette nature.

La ministre a expliqué qu’il y avait des programmes pour les enfants dans les garderies. Le gouvernement a aussi pris l’engagement d’une allocation familiale. Il serait donc surprenant que le gouvernement modifie dès le prochain budget les dispositions combattues par LASTUSE pour les femmes monoparentales bénéficiant de l’aide sociale.