Paul Girard, coordonnateur régional spécialisé en lutte à la maltraitance envers les aînés, invite les victimes de maltraitance et leurs proches à dénoncer.

Maltraitance: un appel à faire des dénonciations

Les victimes de maltraitance hésitent souvent à dénoncer. La TRÉMA (Table régionale maltraitance aînés) et ses partenaires profitent donc de La Journée mondiale de lutte contre la maltraitance des personnes aînées, le 15 juin, pour inviter les victimes et leurs proches à demander de l’aide et à faire confiance aux ressources.

Sous le thème « Ton silence maintient la maltraitance », la journée permet aux différents intervenants d’insister sur l’importance de demander de l’aide ou de l’information en cas de doute.

Il est difficile pour le moment de quantifier le nombre d’aînés victimes de maltraitance dans la région. La maltraitance peut prendre plusieurs formes et de nombreuses victimes hésitent à demander de l’aide.

« On ne peut établir de statistiques quant au nombre de dénonciations actuellement. Des personnes peuvent dénoncer des situations et recevoir de l’aide sans que ce soit répertorié. Plusieurs victimes hésitent aussi à dénoncer. Une personne âgée seule qui reçoit la visite de son fils uniquement lorsqu’elle reçoit sa pension hésite à dénoncer. Si jamais elle lui coupe les vivres, va-t-il cesser de lui rendre visite ? », image Paul Girard, coordonnateur régional spécialisé en lutte à la maltraitance envers les aînés.

Ce dernier assure que les différents intervenants sont de mieux en mieux formés afin d’aider les victimes de maltraitance.

Au Québec, la maltraitance aux aînés (et aux personnes majeures en situation de vulnérabilité) est maintenant inscrite dans une loi, la loi 115, plus explicite sur les situations graves de maltraitance justifiant d’intervenir sans le consentement de la victime et protégeant mieux les professionnels qui choisiront d’agir ainsi.

Les milieux de la santé et des services sociaux, les milieux juridiques, les corps policiers et des organismes de défense et de protection des droits travaillent dorénavant en concertation dans des situations de maltraitance susceptibles de constituer une infraction criminelle ou pénale.

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, des mesures prévues à cette loi ont été mises en place. Le CIUSSS dispose notamment d’une politique obligeant à signaler au commissaire aux plaintes et à la qualité des services toute situation de maltraitance envers un usager de l’établissement.

« En ayant une loi qui oblige à signaler, il faut aussi prévoir un soutien. Ça devrait donc améliorer les services », estime Paul Girard, qui souligne que les établissements de santé doivent dénoncer, peu importe qui est la personne maltraitante.

La Ligne Aide Abus Aînés (1 888 489-2287) est quant à elle accessible 7 jours sur 7, de 8 h à 20 h, tant pour du soutien que pour répondre à des questions. Elle permet de parler à des intervenants qualifiés qui peuvent référer à des ressources en cas de besoin, ou simplement aider à déterminer s’il s’agit d’une situation de maltraitance ou non. La ligne est également accessible aux proches, aux bénévoles et aux salariés d’organismes qui peuvent également obtenir du soutien via le www.aideabusaines.ca.