Les gens peuvent visité les voiliers, qui sont à quai jusqu'à dimanche matin.

Majestueux

Les milliers de personnes qui ont assisté vendredi matin à l'arrivée des voiliers dans la baie des Ha ! Ha ! ont eu l'opportunité de retourner 100 ans en arrière alors que le transport maritime par goélette assurait une bonne partie des approvisionnements en biens de la région avant que les routes et les camions ne provoquent la disparition de ces magnifiques navires de notre paysage.
Les cinq goélettes et voiliers ont fait leur entrée à tour de rôle dans la baie des Ha ! Ha ! avec tout juste ce qu'il faut de vent pour permettre aux capitaines de manoeuvrer toutes voiles dehors et ainsi rendre le spectacle encore plus intéressant pour les curieux. Il y avait dans les yeux des curieux un émerveillement différent de celui observé lors de la venue des géants des mers qui transportent des milliers de touristes.
Les voiliers qui entraient dans la baie avec en arrière plan les flancs des montagnes d'une verdure luxuriante donnaient véritablement l'impression d'une autre époque. La vice-présidente exécutive de Promotion Saguenay, Priscila Nemey, était de ceux qui ne cessaient de contempler ce spectacle avec ravissement puisque la visite de ces voiliers d'une autre époque n'avait d'autre objectif que d'offrir à la population une occasion unique de voir de près les bâtiments et même de participer à des visites pour ceux et celles qui voulaient faire les files d'attente afin de fouler le pont et de se mettre pendant quelques secondes dans ce que représente la traversée de l'Atlantique.
« Nous avons été approchés par la Ville de Québec. On voulait faire le projet avec les partenaires le long du Saint-Laurent. C'était un très beau projet. Notre objectif est d'animer le quai d'escale et je considère que c'est réussi avec la venue des voiliers », a indiqué au Progrès la vice-présidente de Promotion Saguenay.
L'activité a effectivement attiré des milliers de personnes munies de jumelles, d'appareils photo et de lentilles pour l'observation des oiseaux. Ils étaient ainsi en mesure d'observer de très loin chacun des bâtiments qui entraient dans la baie avec des escortes de plaisanciers. Des coups de canon ont retenti à quelques reprises pour saluer l'arrivée d'un bateau au quai. Les cinq voiliers ont été en mesure d'accoster puisqu'ils doivent reprendre la mer dimanche matin.
Chaque navire peut embarquer entre 25 et 50 personnes et chacun fonctionne de façon différente. Certains embarquent des passagers qui payent le gros prix pour vivre l'expérience de la traversée. D'autres embarquent des marins amateurs qui se familiarisent avec le travail sur un bâtiment à voile de cette dimension pendant une période déterminée.
Promotion Saguenay a organisé une activité principale pour les membres des équipages. Ceux qui le désirent ont eu droit à une visite de Parc Saguenay. Les responsables du parc ont organisé une activité pour ces visiteurs inhabituels.
Les choses n'arrivent jamais pour rien et la visite d'au moins deux des cinq voiliers à Saguenay n'est pas étrangère à un colloque organisé l'an dernier. Selon Nathalie Gaudreault, l'une des participantes néerlandaises au colloque Adventure Elevate en 2016 avait demandé à visiter les installations du quai de croisière de La Baie. Les responsables du colloque lui avaient permis d'effectuer cette visite. Cette année, deux des cinq navires de passage à Saguenay sont affrétés par l'entreprise pour laquelle travaillait cette participante.
Les cinq voiliers en escale à La Baie font partie d'une flotte de 40 bateaux qui naviguent en eau canadienne pour le 150e anniversaire de la Confédération. Il s'agit d'une pause pour les 40 navires qui participent à une course de 7000 milles nautiques qui a débuté au port de Royal Greenwitch en Angleterre et qui prendra fin à l'automne, au Havre en France.
Dans l'oeil des photographes
Les photographes amateurs munis d'équipements professionnels n'ont pas manqué l'opportunité de fixer sur leur capteur numérique des milliers d'images des voiliers faisant leur entrée dans La Baie des Ha! Ha! dans des conditions idéales.Yvon Flamand et Jacques Gravel, du Club de photographie de Jonquière, sont des habitués d'événements de ce genre. Ils n'hésitent pas à braver la rudesse du climat quand il le faut pour ramener des photographies uniques. Hier, ils se réjouissaient de cette journée ensoleillée qui permettait de faire des clichés en mettant en perspective ces voiliers d'une autre époque dans le décor naturel exceptionnel de cette partie de la région.»
«C'est plus artisanal comme scène. C'est aussi moins commun que ce que l'on voit d'habitude. C'est hors de l'ordinaire», ont exprimé les deux photographes en gardant l'oeil dans le viseur pour saisir ce moment magique que personne d'autre n'a vu puisque c'est l'essence du travail du photographe, qu'il soit amateur ou professionnel.
«Les navires de croisière, c'est un peu comme des mouettes, il y en a partout», a conclu avec un certain sarcasme Jacques Gravel pour bien illustrer que la visite de ces voiliers avait une tout autre dimension...
Les navires
BLUENOSE II
Le BLUENOSE II est une réplique du BLUENOSE, construit en 1921 à Lunenburg. Sous le commandement du capitaine Angus Walters, le BLUENOSE devient célèbre lorsqu'il remporte la course de goélettes internationale Fishermen's Race en 1921, et toutes les éditions suivantes, jusqu'à la dernière en 1938. Il est choisi pour orner un timbre canadien en 1928 et la pièce de dix cents en 1937, sur laquelle il figure toujours. En 1946, le BLUENOSE heurte un récif près d'Haïti et sombre.
Longueur: 43,60 m
Hauteur: 40,24 m
Année de construction: 1963
Port d'attache: Lunenburg (Canada)
L'EUROPA
L'Europa sillonne la planète et accueille des apprentis matelots dans son équipage (moyennant certains frais) pour de courts ou de longs voyages, notamment des aventures transocéaniques, des courses de Sail Training International, des expéditions annuelles en Antarctique et des voyages de la Géorgie du Sud au Cap, en passant par Tristan da Cunha.
Longueur: 44,50 m
Hauteur: 28,16 m
Année de construction: 1911
Port d'attache: La Haye (Pays-Bas)
L'OOTERSCHELDE
Construit aux Pays-Bas en 1918 à la demande de la compagnie maritime HAAS de Rotterdam, l'Ooterschelde est le dernier représentant de la grande flotte de goélettes ayant navigué sous pavillon néerlandais au début du XXe siècle. Comme cargo, l'Oosterschelde a transporté des tonnes et des tonnes de marchandises, comme des briques, du hareng et des bananes. En 1921, le navire est vendu; il change de mains trois fois, puis est converti en voilier à moteur. Il est finalement racheté en 1988 et on souhaite lui redonner sa splendeur d'antan.
Longueur: 40,12 m
Hauteur: 31,09 m
Année de construction: 1918
Port d'attache: Rotterdam
BOWDOIN
Construit en 1921 pour l'exploration des eaux arctiques, ce voilier est l'un des vaisseaux de bois les plus solides jamais construits. De 1921 à 1954, il s'est rendu 26 fois au nord du cercle arctique, avec à sa barre l'explorateur Donald B. MacMillan. Aujourd'hui, le Bowdoin est au service du Maine, de la Nouvelle-Angleterre et des étudiants de la MMA, naviguant sur les eaux de la Nouvelle-Angleterre, de la Nouvelle-Écosse, de Terre-Neuve, du Labrador et du Groenland. 
Année de construction: 1921
Hauteur: 21,24 m
Longueur: 21,95 m
RARA-AVIS
Construit en 1957 au chantier naval de Terneuzen aux Pays-Bas, le Rara-Avis est un voilier à coque d'acier et a la particularité d'avoir un fond plat comme les barges de la Tamise. 
Longueur: 38m
Année de construction: 1957
Port d'attache: Brest, France