>La directrice des soins infirmiers au CIUSSS, Sylvie Massé, et la professeure au département des sciences de la santé de l’UQAC, Danielle Poirier, annoncent la reprise du programme d’études supérieures spécialisées et maîtrise en sciences infirmières dès l’automne 2018.

Maîtrise en sciences infirmières: l'UQAC relance la formation

Trois ans après avoir suspendu le programme, l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) annonce la relance de la maîtrise en sciences infirmières. Dès l’automne 2018, une cohorte de huit étudiants devrait amorcer la formation de deux ans et demi, laquelle mène à l’obtention d’un diplôme d’infirmière praticienne spécialisée en soins de première ligne (IPSSPL).

Professeure au département des sciences de la santé de l’UQAC et directrice des programmes de deuxième cycle, Danielle Poirier rappelle que deux cohortes ont été formées en région en 2013 et 2014, pour un total de six diplômés. Or, des failles dans le protocole d’entente liant l’Université de Sherbrooke, par l’entremise de sa formation en médecine, et l’université régionale ont fait en sorte que le programme de Diplôme d’études supérieures spécialisées (DESSS), assorti d’une maîtrise, a dû être mis en veilleuse. L’entente a été reconduite et l’UQAC, en partenariat avec le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean, peut à nouveau accueillir la clientèle.

« Le ministère veut qu’il y ait 2000 infirmières praticiennes spécialisées en soins de première ligne au Québec d’ici à 2025 pour répondre aux besoins de la population. Actuellement, il y en a 400 », note Danielle Poirier, qui rappelle que le gouvernement a annoncé dès 2002 son intention de former davantage de superinfirmières. 

Dans la région, 12 infirmières spécialisées en soins de première ligne travaillent aux côtés des médecins dans les groupes de médecine familiale (GMF). Elles oeuvrent dans chacun des territoires desservis par un centre hospitalier, sauf pour La Baie, qui n’en compte pas encore. Pour atteindre les cibles fixées par Québec, la directrice des soins infirmiers au CIUSSS, Sylvie Massé, estime qu’il faudrait en former une cinquantaine dans la région. 

« On dit qu’autour de 90 pour cent de la population est prise en charge par un médecin de famille dans la région actuellement. Les IPSSPL jouent un rôle important auprès d’eux et favorisent la prise en charge des patients orphelins. Les médecins croient en leur rôle et collaborent très bien, particulièrement avec l’accueil de stagiaires », fait valoir la directrice.

L’infirmière praticienne spécialisée en soins de première ligne peut poser divers actes et suivre des patients aux prises avec des maladies chroniques comme le diabète, l’hypertension, l’asthme et l’hypercholestérolémie. Elles sont aussi en mesure de faire des suivis de grossesse, de prescrire des examens et des médicaments et utiliser des techniques diagnostiques invasives. 

Triées sur le volet

Tous ne sont pas admissibles à cette formation pointue menant à l’obtention de 75 crédits (30 pour le DESSS et 45 pour la maîtrise). Elle est ouverte aux infirmières qui détiennent déjà un baccalauréat dans leur domaine et qui cumulent deux années d’expérience en milieu clinique. Le programme est supporté par une bourse de 60 000 $ pour les deux années de formation et les six mois de stages. Les candidats qui choisissent de se lancer à la maîtrise doivent donc mettre leur carrière en veilleuse, le temps d’un retour aux études. Au terme du programme, un examen de l’Ordre des infirmiers et infirmières du Québec doit être réussi avant l’émission du permis d’exercice. Le taux de placement est excellent, aux dires de la direction des soins infirmiers du CIUSSS. 

L’UQAC espère redémarrer le programme avec une cohorte complète. Danielle Poirier précise que le Québec est la province canadienne qui compte le moins d’infirmières praticiennes de première ligne, et ce, malgré le fait que son modèle de supervision soit le plus strict et sa formation la plus longue au pays. Les intéressés peuvent soumettre leur candidature au bureau du registraire de l’UQAC avant le 1er février.