La démolition de la Maison Isidore-Gauthier, construite en 1868 et située sur le boulevard du Saguenay Est, n’est pas étrangère à cette mesure prise par Josée Néron et Simon-Olivier Côté.
La démolition de la Maison Isidore-Gauthier, construite en 1868 et située sur le boulevard du Saguenay Est, n’est pas étrangère à cette mesure prise par Josée Néron et Simon-Olivier Côté.

Maisons patrimoniales démolies: Saguenay veut corriger le tir

Mélanie Côté
Mélanie Côté
Le Quotidien
Un avis de motion visant à pallier une «lacune importante» en matière de démolition de maison patrimoniale sera déposé lors du prochain conseil municipal de Saguenay, le 1er juin, par la mairesse Josée Néron et le conseiller Simon-Olivier Côté.

Ce dernier, qui est également président du Comité sur le patrimoine, avait mentionné au Quotidien, la semaine dernière, qu’il voulait mettre la main sur toutes les demandes de démolition de bâtiments sur le territoire de la ville. Cette sortie faisait suite à la démolition de la Maison Isidore-Gauthier, construite en 1868 et située sur le boulevard du Saguenay Est. Quelques jours plus tôt, la démolition de la maison construite par l’architecte Jacques Coutu, dans le quartier Notre-Dame, toujours à Chicoutimi, avait aussi soulevé plusieurs réactions négatives.

En entrevue mardi, la mairesse Josée Néron a confirmé que l’avis de motion sera déposé dans deux semaines afin que le règlement puisse être adopté en juillet.

«Nous voulons lister rapidement les maisons qui ont un intérêt patrimonial et architectural et permettre au conseil d’être informé rapidement si des permis de démolition sont demandés», a expliqué Mme Néron, précisant que pour les deux cas récents, la Ville a été avisée quand «la pelle démolissait les maisons».

Cette façon de faire permettra à la Ville de voir avec le propriétaire ou l’acheteur, le cas échéant, s’il y a une alternative avant d’en arriver à la démolition.

«Malheureusement, ça arrive qu’il n’y ait pas d’acheteurs, pas de marché, mais au moins, nous aurons eu l’occasion de faire l’exercice», ajoute-t-elle.

La démolition de la Maison Isidore-Gauthier, construite en 1868 et située sur le boulevard du Saguenay Est, n’est pas étrangère à cette mesure prise par Josée Néron et Simon-Olivier Côté.

La Ville pourrait-elle acquérir la maison pour éviter sa démolition? Si elle est d’utilité publique, oui, elle pourrait jouer un rôle dans le dossier, avance Mme Néron.

De son côté, le conseiller Simon-Olivier Côté explique que ce ne sont pas tous les bâtiments de la ville qui seront sur la liste, mais bien ceux qui ont un caractère patrimonial, patrimonial moderne, qui ont été bâtis avant telle ou telle année, etc.

«On veut avoir l’heure juste sur le patrimoine. Si on avait eu cette liste, les deux maisons ne seraient pas passées ‘‘free’’. On aurait pu trouver une alternative.»

Deux mandats

Cet avis de motion vient donc s’ajouter aux deux mandats du Comité sur le patrimoine, soit établir une politique du patrimoine et élaborer un plan pour les églises.

«Pour les églises, il y a beaucoup de travail à faire. Il a fallu aller sur place, car certaines qui avaient le statut n’étaient pas nécessairement patrimoniales, a mentionné Mme Néron.

«Nous voulons mettre de l’argent sur les bons édifices. Ceux qui peuvent être conservés vont l’être et s’ils peuvent avoir une autre utilité, tant mieux», a-t-elle dit, ajoutant que «certaines églises sont tombées et d’autres vont tomber», donnant en exemple le cas de l’église Saint-Joachim dont le sort est maintenant entre les mains de Revenu Québec.

Quant à la politique du patrimoine, qui devrait être prête d’ici l’automne, après environ deux ans de travail, «elle servira à écrire les grandes lignes de ce qu’on veut faire avec le patrimoine au sens large, pas juste avec les bâtiments. Ça va nous permettre de nous enligner, de mettre en place des actions pour la valorisation, la sensibilisation», explique M. Côté.