Le président du conseil d’administration de la maison Colombe-Veilleux, Pierre Hébert, assure qu’il s’agit d’un contexte particulier. Une réouverture est attendue à la mi-janvier.

Maison Colombe-Veilleux: une interruption obligée

Devant un problème de disponibilité de main-d’oeuvre, la maison Colombe-Veilleux a été forcée, au courant des derniers jours, d’interrompre ses services pour quelques semaines, obligeant trois clients à quitter l’endroit. L’établissement de soins palliatifs de Dolbeau-Mistassini se retrouve à court de personnel, en pleine période des Fêtes, mais une réouverture est espérée d’ici la fin du mois de janvier.

Des absences reliées à des congés de maternité et des incapacités temporaires de travail sont à l’origine de cette fermeture.

Le conseil d’administration et les employés ont participé à une rencontre le 20 décembre. Au terme de celle-ci et devant l’absence de solutions à court terme, la décision de procéder à une fermeture temporaire a été prise.

Réouverture rapide

Le président du conseil d’administration, Pierre Hébert, se fait rassurant, malgré cette première interruption de services depuis l’ouverture en mai 1991. Il affirme qu’une reprise des opérations est espérée dès la mi-janvier. « C’est une conjoncture particulière. Il n’y a rien de dramatique. Nous l’avons fait de concert avec les employés. Les infirmières sont bien peinées de ce qui se passe. Cette pause permettra de renforcer les troupes », a-t-il expliqué, dans le cadre d’un entretien accordé au Progrès.

Afin d’assurer un service aux bénéficiaires, sept jours sur sept et 24 heures sur 24, la maison Colombe-Veilleux a besoin de six employés. En décembre, le bassin d’employés a été considérablement réduit, passant de neuf à quatre.

En raison des besoins précis et de son fonctionnement, la résidence de soins palliatifs ne peut pas fonctionner avec une liste de rappel. « Nous avons tenté de tenir le fort aussi longtemps que nous avons pu. Nous avons dû nous rendre à l’évidence. Nous devions préserver les employées qui étaient encore en forme », a exprimé M. Hébert.

Maison Colombe Veilleux

Taux d’occupation de 80 %

Force est d’admettre que la maison de soins palliatifs est victime de son succès, alors que depuis quelques années, le service est grandement sollicité. Son taux d’occupation se situe à environ 80 %. « Il n’y a plus de répit pour les employés. Autrefois, on pouvait se retrouver avec seulement un usager. C’est maintenant plus exigeant », explique celui qui occupe la présidence de l’organisme depuis près d’un quart de siècle.

Comme bien des employeurs, le recrutement reste un défi pour le conseil d’administration. Pour ajouter à la difficulté, les employés de la maison Colombe-Veilleux ne font pas partie du réseau public. Les salaires offerts figurent parmi les plus élevés dans ce type d’organisation.

Manque de bénévoles

À l’instar de bien d’autres organisations, la maison de soins de fin de vie, qui fonctionne sans direction générale, vit un cruel manque de bénévoles.

La majorité des personnes qui s’impliquent le font depuis le début des années 1990 et se retirent tour à tour. Malgré des tentatives de renouvellement, le bénévolat semble tristement appartenir, dans ce cas, à une autre génération.

M. Hébert cite en exemple un bénévole qui s’est chargé de l’entretien ménager à raison de plusieurs jours par semaine, et ce, pendant une dizaine d’années, et qui vient de mettre un terme à son engagement.

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LE PLUS PETIT ÉTABLISSEMENT AU QUÉBEC

Inaugurée en mai 1991, la maison Colombe-Veilleux a été la première du genre au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Au moment de sa création, elle était opérée par les soeurs Augustines et plusieurs bénévoles. 

Avec ses trois lits mis à la disposition des usagers presque quotidiennement, la résidence de Dolbeau-Mistassini est le plus petit établissement de soins palliatifs au Québec. Le séjour moyen d’un patient admis à la maison Colombe-Veilleux, qui diffère selon différents critères, est d’environ 12 jours.

La maison de soins palliatifs est accessible aux 25 000 résidants de la MRC Maria-Chapdelaine, ce qui correspond au standard du domaine, alors qu’en principe, le ratio est d’un lit pour 10 000 personnes. 

Le budget d’exploitation annuel est d’environ 350 000 $, dont 200 000 $ proviennent de subventions. Le reste du financement découle, entre autres, d’un tournoi de golf annuel, qui permet d’amasser quelque 80 000 $, de levées de fonds et de dons recueillis lors de funérailles. 

La maison de soins palliatifs revêt un caractère particulier pour le président du conseil d’administration, Pierre Hébert. Celui qui occupe la fonction depuis près de 25 ans est le beau-fils de l’ancienne propriétaire Colombe Veilleux.