Rencontrés le lendemain du Boxing Day, plusieurs employés de commerces de détails affirmaient que la clientèle du temps des Fêtes manque de savoir-vivre.
Rencontrés le lendemain du Boxing Day, plusieurs employés de commerces de détails affirmaient que la clientèle du temps des Fêtes manque de savoir-vivre.

Magasinage des Fêtes: quand les clients oublient leurs bonnes manières

Émilie Morin
Émilie Morin
Le Quotidien
La fin imminente du temps des Fêtes signifie également la fin d’une période particulièrement achalandée pour le commerce de détail. Si Noël se veut davantage une fête de réjouissance, d’amour et de paix, ça ne semble pas être ce qui est prôné par la clientèle des magasins. Près d’une quinzaine d’employés ont accepté de livrer, sous le couvert de l’anonymat, leurs impressions en ce qui a trait à l’attitude de la clientèle. Sans être unanimes, les commentaires recueillis laissent penser que les consommateurs ont encore bien du travail à faire avant que les valeurs de Noël les suivent dans leur magasinage.

« Désagréable. » C’est le mot utilisé d’entrée de jeu par une employée rencontrée pour qualifier la clientèle du temps des Fêtes. Elle ajoute : « C’est la pire des [périodes], parce qu’il y a beaucoup de monde et aussi à cause de l’attitude des gens. »

Selon plusieurs employés, les 23 et 24 décembre sont les pires journées du temps des Fêtes, puisqu’il s’agit d’un moment où les gens sont particulièrement stressés.

Selon elle, l’humeur de la clientèle n’est cependant pas totalement imputable à la période de Noël. « Le temps d’attente les rend frus, donc [pendant] le temps des Fêtes et les fins de semaine, quand l’achalandage est plus fort. »

Ces commentaires se reflètent chez une autre travailleuse, qui déplore le manque de patience des consommateurs. « C’est une grosse période pour nous, assez exigeante, raconte-t-elle. À la base, les compagnies en demandent beaucoup et les clients ne nous rendent pas ça facile. Ils sont pressés, ils veulent tout avoir tout de suite. Il faut tout leur donner, maintenant, peu importe le moyen, comme si on leur devait tout. Ils sont zéro compréhensifs et incapables de se mettre à notre place. »

Au lendemain de la folie provoquée par le Boxing Day, plusieurs employés de commerces de détail semblaient soulagés de voir le magasinage de Noël tirer à sa fin.

La dame explique aussi que beaucoup de clients ignorent le personnel qui souhaite les aider et sont souvent méchants. « Les gens manquent de savoir-vivre », résume-t-elle.

Même son de cloche chez un autre détaillant, où une employée raconte la « journée de fous » qu’elle a eue à l’occasion du Boxing Day. « Pendant le temps des Fêtes, c’est pire. Le monde ne sait pas vivre. Au Boxing Day, j’ai vu des gens prendre un article et carrément le lancer par terre. Il y en a qui sont méchants et qui t’envoient promener. »

La travailleuse explique que la mauvaise humeur de la clientèle est d’autant plus désagréable que les commerçants redoublent d’efforts pour créer une belle ambiance. « Nous, on se lève le matin et on se crinque. On veut motiver les troupes. Tout le monde est de bonne humeur et là, on arrive dans des circonstances comme ça. »

L’employée a également fait remarquer au Quotidien que la plupart des commerces étaient vides le 27, ce qui rend la folie du 26 encore plus inexpliquée. « Les soldes, on sait tous que ça dure une semaine et plus, alors pourquoi tous se garrocher le 26 ? », s’interroge-t-elle.

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TOUT N'EST PAS NOIR

Parmi les employés interrogés, beaucoup ont mentionné que l’humeur de la clientèle est partagée. 

« C’est vraiment deux extrêmes, raconte la gérante d’un commerce. Il y a des gens super irritables quand ils voient qu’il y a plein de monde et d’autres super de bonne humeur. Pour eux, rien n’est grave ; ils sont vraiment patients. Les 23 et 24 décembre, personne n’est de mauvaise humeur. » 

La jeune femme explique pouvoir compter sur une équipe extrêmement motivée qui participe allègrement à la période de Noël. « Quand le personnel est de bonne humeur, les clients le voient aussi. »

Dans une autre boutique, un employé est d’avis que tout est mieux une fois Noël passé. « Les gens sont plus gentils au Boxing Day qu’au Black Friday, énonce-t-il. Une fois que Noël est passé, les gens sont moins stressés. Les pires journées sont les 23 et 24 décembre, parce que les gens sont très irrespectueux, très stressés. » 

D’autres détaillants expliquent quant à eux pouvoir compter sur leur clientèle habituelle pour passer un joyeux temps des Fêtes. « Notre clientèle habituelle est normale, mais on remarque que les gens sont moins patients », mentionne une employée, qui ajoute quand même avoir connu pire comme période des Fêtes. 

« Les trois quarts du temps, indique un autre employé, les gens sont désagréables. Si tu n’as pas l’objet voulu, les gens vont t’envoyer chier assez rapidement. Ils vont te répondre bête, surtout le 24. Il y a toujours des gens qui sont gentils, comme nos clients habituels. »

Le travailleur explique avoir vécu un Boxing Day « plus cool que d’habitude », cette année, puisqu’une nouvelle formule a permis de mieux servir les clients. « On avait plus de services à donner, alors les gens étaient moins marabouts, plus respectueux. » 

Dans un autre commerce, on raconte que les clients n’ont pas laissé le temps aux employés d’ouvrir complètement les portes, se ruant à l’intérieur à la première occasion. « Il y a les deux côtés de la médaille, mais c’est quand même beaucoup de pression et beaucoup de stress », explique un jeune homme.

Politiques de remboursement

Si certains commerçants provoquent l’ire des consommateurs à cause de leur politique de remboursement, d’autres expliquent qu’elle leur épargne bien des maux. « Notre politique est la même à longueur d’année, alors c’est sûr que les remboursements, c’est difficile, mais c’est difficile à longueur d’année », explique une employée, qui préfère « choisir ses combats », ajoutant qu’elle peut compter sur une belle équipe. 

« On n’a pas eu de problème, ajoute une autre travailleuse. Les gens font la file ; il n’y a pas de chialage. Les politiques sont très larges, alors les gens n’ont pas de raison d’être mécontents. » 

Dans le même ordre d’idée, un commerçant explique n’avoir eu « aucun chialage » au Boxing Day, mentionnant que tous les clients se sont parfaitement accommodés de la politique d’échange. 

La période des Fêtes n’est pas synonyme de joie pour tout le monde.