Le transport en hélicoptère est parfois nécessaire pour se rendre aux villages.
Le transport en hélicoptère est parfois nécessaire pour se rendre aux villages.

Lysandre Tremblay travaille là où l’accès à l’eau potable est une question de survie

Né au Lac-Saint-Jean, Lysandre Tremblay travaille à procurer de l’eau potable à des communautés pour qui l’eau est une question de survie. Après être parti quatre fois en mission avec Médecins sans frontières (MSF), le spécialiste en eau, hygiène et assainissement travaille sur un projet qui permettra de prévenir les catastrophes naturelles. En anticipant ces événements météorologiques, l’organisation sera davantage préparée pour intervenir auprès des populations vulnérables.

« C’est un projet d’anticipation des crises humanitaires qui sont reliées à la météorologie, a expliqué celui qui a étudié en météorologie et en hydrogéologie. Avec les prévisions météorologiques, nous pouvons, par exemple, de plus en plus déterminer en avance où débuteront les cyclones et savoir où les inondations frapperont le plus. Nous pouvons donc nous prépositionner afin d’être plus prêts lorsque la catastrophe arrivera. Nous pourrons alors mieux répondre aux besoins des gens sur place. »

Étant spécialiste en eau, hygiène et assainissement, le Dolmissois s’occupe de fournir de l’eau potable aux populations vulnérables, au fil des missions. Il doit également s’assurer qu’il n’y ait aucune contamination de l’eau et de l’environnement, mais les fonctions vont souvent varier d’un projet à l’autre.

Missions

La première mission de M. Tremblay s’est déroulée au Congo en contexte d’épidémie de choléra, une maladie qui se soigne habituellement bien après une prise en charge.

« La maladie est souvent transmise par l’eau contaminée. Il a donc fallu aller sur place pour soigner ceux qui en étaient atteints, mais également pour assainir l’eau », a-t-il expliqué.

Le spécialiste de Médecins sans frontières s’est ensuite dirigé au Soudan du Sud, dans un contexte d’urgence critique, puisqu’une guerre civile y sévissait. Étant donné la saison des pluies et le sol en argile, le camp qui accueillait les réfugiés avait été inondé.

« Le projet était assez particulier en termes de crise humanitaire. Les conditions de pauvreté et de violence étaient très extrêmes. En plus d’entendre continuellement des coups de fusil, les réfugiés devaient vivre dans un environnement inondé et où le taux de mortalité infantile était très élevé. Lorsque je suis revenu à la maison après trois mois, je savais qu’il restait beaucoup de travail à faire. »

Après sa mission en Afrique, le Dolmissois est allé en Haïti à la suite de l’ouragan Matthew, qui a coûté la vie à plus de 500 personnes.

« L’ouragan qui a frappé en octobre 2016 était très dévastateur. Lorsque nous sommes arrivés sur place, il n’y avait plus d’eau potable dans les villes et le choléra commençait tranquillement à apparaître. Nous avons donc construit une usine de purification de l’eau pour ensuite la distribuer. J’y suis resté un mois puisque c’était une mission d’urgence où nous ne dormions pratiquement pas. »

En mettant en place un projet d’anticipation des crises humanitaires, des catastrophes pourraient être anticipées et les populations pourraient être prises en charge avant qu’elles ne se produisent.

Bon accueil

M. Tremblay explique que Médecins sans frontières est habituellement bien accueilli dans tous les pays, étant reconnue comme une organisation indépendante et impartiale. Même s’il y a parfois quelques exceptions, l’espace d’opération humanitaire est pratiquement toujours respecté de tous.

« Il y a une politique dans notre organisation qui vise à n’avoir aucun garde armé. Nous avons plusieurs conversations avec les gouvernements et les groupes rebelles pour nous assurer de part et d’autre qu’ils veulent qu’on soit sur place pour soigner les malades des deux camps. Nous ne voulons qu’aider ceux dans le besoin, mais c’est certain que c’est un métier dangereux et qu’il est possible d’être coincés dans un conflit armé ou d’être bombardés lorsque nous sommes sur le terrain, étant donné les situations instables où nous intervenons. »