Sylvain Bergeron, coordonnateur de LASTUSE

Lutte è la pauvreté: LASTUSE dénonce le plan de Québec

LASTUSE du Saguenay (Lieux d’actions et de services travaillant dans l’unité avec les sans-emploi) dénonce le nouveau plan de trois milliards $ de lutte à la pauvreté du gouvernement Couillard, dévoilé dimanche.

Le coordonnateur à LASTUSE, Sylvain Bergeron, entretenait de beaux espoirs à la suite d’une rencontre d’une délégation régionale avec le ministre de l’Emploi et la Solidarité sociale, François Blais, la semaine dernière. 

« À la lecture du document présenté en grande pompe, nous constatons rapidement que les groupes représentant les personnes en situation de pauvreté n’ont pas été écoutés lors de représentations, comme lorsque la délégation régionale l’avait rencontré la semaine précédente. Rien dans ce plan de lutte ne vise à la réduire, mais plutôt à en soulager les symptômes. On nous présente une somme de données mises hors contexte ou présentées faussement qui ne font que confirmer un désengagement de l’État face aux personnes en situation de pauvreté. Et oui, on pellette vers le communautaire », a avancé Sylvain Bergeron par voie de communiqué.

Dimanche, François Blais a présenté son plan en compagnie du premier ministre Philippe Couillard. Ainsi, Québec prévoit injecter trois milliards $ au cours des cinq prochaines années pour mieux lutter contre la pauvreté.

Ce sont les personnes inaptes au travail qui sortent grandes gagnantes de la réforme. D’ici 2023, elles verront leur prestation annuelle faire un bond de 12 749 $ à 18 029 $, pouvant ainsi au moins espérer ne plus vivre bien en dessous du seuil de la pauvreté. Toutefois, la prestation de base des personnes seules aptes au travail sera bonifiée de 15 $ par mois en 2018, puis de 10 $ additionnels, en 2019, 2020 et 2021, rapportait La Presse canadienne.

« Plus loin encore, on crée des sous-classes de la pauvreté, on aide les personnes en logements sociaux comme si les autres prestataires n’avaient pas de difficultés à participer à la société. Alors pourquoi le ministre ne fait pas simplement que hausser les revenus à un niveau décent où les familles pourraient se nourrir et leurs enfants par la même occasion? Toutes ces aides ne devraient-elles pas aller directement dans les poches des personnes ? », a ragé encore Sylvain Bergeron.

De plus, LASTUSE s’inquiète de son financement futur. « La semaine dernière, le ministre Blais nous a dit d’être patients et que nous aurions de bonnes nouvelles pour le financement de base des organismes en défense collective des droits. Mais que retrouve-t-on à ce sujet ? Un investissement de 4 M $ alors que le manque à gagner est de 40M $. En même temps, il annonce 50M $ pour les groupes qui donnent des services individuels. Je crois qu’il doit relire les protocoles d’ententes qu’il signe avec nous, les critères d’évaluation annuels sont les actions d’éducation populaire, de mobilisation et de représentation. Jamais il n’est abordé les services individuels. Cherche-t-il à se débarrasser de nous ? Ce serait possible puisqu’il nous a déjà qualifiés d’empêcheurs de tourner en rond », a-t-il conclu.