Lutte contre la tordeuse: Alliance forêt boréale estomaquée par la SOPFIM

L’organisme Alliance forêt boréale ne digère par la décision de la SOPFIM (Société de protection des forêts contre les incendies et les maladies) de mettre fin, pour l’année 2020, à son programme de protection des forêts contre la tordeuse des bourgeons de l’épinette.

On prévoyait faire une saison record de pulvérisation cet été, afin de protéger 665 000 hectares de forêts publiques et privées.

« La pandémie de COVID-19 est une très mauvaise raison pour annuler les mesures prévues pour 2020, puisque tous les employés qui procèdent aux arrosages sont protégés adéquatement », affirme le président du regroupement, Pascal Cloutier, dans un communiqué.

Alliance forêt boréale demande donc à la direction de la SOPFIM de faire marche arrière.

« Il est faux de croire que l’épidémie de tordeuses de bourgeon de l’épinette dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean est sous contrôle. Chaque année, l’évolution est tellement rapide que l’on n’arrive pas à récupérer tout le bois [infecté] à temps. La protection de nos forêts est la pierre angulaire de notre industrie forestière régionale et cela doit être une priorité pour notre gouvernement. Vingt-trois municipalités de la région sur quarante-neuf dépendent de l’industrie forestière ».

Dans l’édition du Quotidien du 4 mai, le directeur de la SOPFIM, Jean-Yves Arsenault, se justifiait en affirmant qu’il serait difficile de déployer les quelque 300 personnes qui travaillent pour son organisme dans « quatre régions confinées tout en assurant la sécurité de tous nos employés ».

Les régions touchées par cette décision sont la Gaspésie, le Bas-Saint-Laurent, la Côte-Nord et le Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Un non-sens, selon la MRC

À l’instar de l’Alliance forêt boréale (AFB), le conseil des élus de la MRC de Maria-Chapdelaine s’inscrit en faux contre la décision de la SOPFIM.

Pour Luc Simard, il s’agit là d’un non-sens. « Ce qu’on a su, c’est qu’il y a des pilotes qui viennent de l’extérieur et la SOPFIM trouvait que c’était trop compliqué au niveau du confinement de les accommoder dans les aéroports régionaux comme chez nous. Je trouve que c’est se laver les mains assez facilement et je pense qu’il y a un manque d’efforts. Ce que l’on nous dit du côté du Ministère, c’est que l’on est capable de sauter une année sans que ça pose trop de problèmes. Par contre, ce n’est pas ce que l’on entend de la part de nos forestiers (…) Si on saute une année, pourquoi on n’en saute pas toujours une sur deux? »