Lutte à la tordeuse des bourgeons: l'organisme Alliance forêt boréale déçue par la SOPFIM

La nouvelle mouture du programme de protection des forêts contre la tordeuse des bourgeons de l’épinette, présentée par la SOPFIM mardi aux acteurs du milieu forestier, déçoit l’organisme Alliance forêt boréale, qui soulève plusieurs questions sur les choix qui ont été arrêtés.

Selon le directeur Aldé Gauthier, les chiffres fournis indiquent que sur les 9790 hectares qui seront traités au Saguenay-Lac-Saint-Jean, les trois quarts visent des secteurs comprenant des vergers à graines et des forêts d’expérimentation comme la forêt Simoncouche, le reste étant de la pulvérisation prévue sur de la forêt privée.

À la lumière d’une réunion du conseil d’administration spéciale tenue mardi, M. Gauthier mentionne que le nouveau plan réduit soulève plusieurs questions visant à comprendre comment ont été prises les décisions. « La SOPFIM a prétexté vendredi dernier que la crise sanitaire justifie l’arrêt complet des pulvérisations en 2020 et, lundi, elle présente un plan réduit. »

Il ajoute que le Saguenay-Lac-Saint-Jean et la Côte-Nord sont les deux régions les plus touchées par l’épidémie de tordeuse et que ce sont ces deux mêmes régions qui recevront le moins de pulvérisation en termes de superficie. « Initialement, la SOPFIM avait annoncé un programme de 665 000 hectares et maintenant on nous annonce 111 000 hectares. Comment peuvent-ils justifier les sites ? Quels sont les critères utilisés et la base de décision pour déterminer ces 111 000 hectares ? On pensait pouvoir y aller avec un plan à 50 % de l’objectif initial », affirme M. Gauthier.

L’argument basé sur l’utilisation d’une étude réalisée en 2019 concernant la mise en place d’un système de rotation des peuplements traités (1 an sur deux) ne convainc pas le directeur d’Alliance forêt boréale. Il demande publiquement s’il est sérieux de se baser sur une seule étude et si cette étude a reçu l’aval des pairs en recherche.

Un autre argument soulevé repose sur le fait que les gouvernements souhaitent relancer l’économie après la pandémie et que la forêt est au cœur de l’économie des régions. Dans ce contexte, il est dans l’intérêt de son organisme de préserver les intérêts des collectivités des régions.

Des réponses sont attendues puisqu’Alliance forêt boréale se demande si, derrière l’amputation du programme, ne se cacheraient pas des coupes budgétaires par le gouvernement du Québec au moment ou la pression budgétaire est plus forte que jamais.