L'Usine Dubuc deviendra un « accélérateur industriel »

Les entreprises de la région spécialisées dans la fonderie de produits d’aluminium pourront maintenant compter sur un « accélérateur industriel » avec la conclusion d’une nouvelle convention collective entre Rio Tinto et les membres du Local 1937 Unifor de Petits Lingots Saguenay (PLS), qui oeuvrent dans les installations de l’Usine Dubuc.

Le président du Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida (SNEAA) affilié à Unifor, Alain Gagnon, a expliqué que l’annonce de la fermeture de Dubuc est survenue pendant la négociation de la nouvelle convention collective. Cette annonce a surpris les travailleurs, et Alain Gagnon affirme que l’entreprise Petits Lingots Saguenay, sans l’Usine Dubuc, pourrait avoir de la difficulté à supporter tous les coûts d’exploitation.

« Ça fait longtemps que nous avons dans nos cartons un projet d’accélérateur industriel. C’est nécessaire pour Rio Tinto, et ça peut servir pour d’autres entreprises. Quand nous avons un client qui fait une demande spécifique pour un alliage, il faut mobiliser un centre de coulée. Nous produisons une quantité importante de métal, alors que l’on doit envoyer au client une petite quantité pour faire les tests. Ça coûte cher de mobiliser un centre de coulée au complet pour des essais », explique M. Gagnon.

L’Usine Dubuc va reprendre les opérations pour la production de Duralcan et de Boralcan. Le Boralcan est un alliage utilisé dans le domaine de l’industrie nucléaire. Alain Gagnon souligne qu’il s’agit d’une petite production à valeur ajoutée pour une courte période. C’est le même principe avec le Duralcan, un produit développé pour des applications dans l’industrie de l’automobile : « Ça va bien avec Petits Lingots Saguenay, qui fait aussi une production pour l’industrie de l’automobile. La décision a été prise de reprendre le marché pour le Duralcan afin d’augmenter la production. »

Le plan d’affaires prévoit que l’Usine Dubuc pourra offrir du temps de coulée et d’expérimentation entre les commandes de Duralcan et de Boralcan. Rio Tinto aura ainsi un site pour réaliser des tests sur de nouveaux alliages, sans devoir mobiliser un centre de coulée, ce qui coûte une fortune. L’usine offrira aussi des plages pour des entreprises qui souhaitent réaliser des tests.

L’annonce de la fermeture de l’Usine Dubuc avait causé tout un émoi dans la région. Il s’agissait d’un autre projet de transformation de l’aluminium qui se soldait par un échec. La multinationale Rio Tinto avait cédé les droits de production d’aluminium Lithium à l’entreprise Constellium. La production de ce métal permettait de supporter les frais fixes de l’Usine Dubuc et d’en assurer la rentabilité. À partir de la fin de cette production, l’usine était moins intéressante pour Rio Tinto.

Le conseiller municipal Jean-Marc Crevier a demandé publiquement à la multinationale d’offrir à la région la possibilité de transformer l’usine en accélérateur industriel ou en incubateur. L’ex-syndicaliste défendait le principe de doter la région d’un laboratoire bien équipé, en plus d’une main-d’oeuvre spécialisée.

Rio Tinto avait rejeté cette proposition. La multinationale affirmait qu’elle n’avait pas fermé définitivement l’Usine Dubuc. Le communiqué émis jeudi soir pour confirmer la conclusion de la convention collective chez PLS confirme les intentions de l’entreprise de maintenir les opérations dans cette unité.

Une vingtaine d’employés, avec le personnel administratif et la direction, travailleront pour cette installation. Selon Alain Gagnon, il serait possible d’ajouter du personnel à cette usine au cours des prochaines années, en fonction des contrats et des développements de certains produits.