L’usine de canettes s’éloigne de la région

Le projet d’usine de canettes, mené notamment par des promoteurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean, n’est pas mort. Mais la production risque de s’installer près de Montréal.

Cette usine tant attendue, qui avait le potentiel de devenir le porte-étendard d’une région verte, est toujours bien d’actualité. Et tout porte à croire, pour le moment, qu’un grand centre sera l’hôte de ce projet estimé à quelque 80 millions $, a appris Le Quotidien. Les investisseurs et les clients seraient plus près de Montréal que du Saguenay.

Les promoteurs saguenéens, l’instigateur Gazon Savard et STAS (Société des technologies de l’aluminium du Saguenay), font encore partie du projet, mais leurs représentants préfèrent attendre avant de parler publiquement de l’avancement du projet.

Joint cette semaine, le directeur général de la Société de la Vallée de l’aluminium (SVA), Christian Fillion, se montre quant à lui toujours optimiste face au site saguenéen.

« Le projet est bien vivant. Nous accompagnons les gens dans ce projet qui, pour nous, est encore prévu dans la région. Nous sommes à l’étape de sécuriser la liste de clients », répond M. Fillion.

Le Quotidien a cependant reçu un autre son de cloche de la part de plusieurs personnes près du dossier. Les gens prêts à investir dans ce projet seraient plus près des grands centres et comme pour plusieurs usines de transformation, les experts conseillent de l’installer à proximité des marchés.

Le projet, rappelons-le, a pris naissance avec Langis Savard, de Gazon Savard, qui souhaitait commercialiser l’eau de source de Laterrière. Il voulait installer du même coup une usine de fabrication de canettes dans le secteur. Un projet qui a fait, et fait toujours, rêver la région et les microbrasseurs qui doivent se procurer leurs canettes aux États-Unis. Ces derniers n’ont d’autres choix que d’acheter en grandes quantités, car le fournisseur américain l’exige. Récemment, la menace protectionniste américaine a aussi rappelé la pertinence d’une usine québécoise. Certains brasseurs de la province ont eu du mal à s’approvisionner pendant l’imposition des tarifs douaniers par Donald Trump. Des tarifs qui ont finalement été levés peu de temps après.

L’avantage de cette future usine est d’offrir une canette produite à partir d’énergie verte. L’hydroélectricité et l’aluminium sont l’affaire de la région, mais ça ne serait pas suffisant pour convaincre tous les investisseurs, qui préfèrent localiser l’usine vers la masse. En effet, le transport de la canette est moins efficient que transporter les lingots d’aluminium.

« On entend souvent cet argument, mais il existe des solutions pour le transport », laisse entendre M. Fillion, pour qui l’usine doit demeurer dans la région.

Est-ce que les gouvernements pourraient prendre position sur le dossier et favoriser l’implantation d’une telle usine en région ? Certains intervenants le souhaitent, car Québec, via ses bras économiques, sera sans doute interpellé à participer financièrement à ce projet. Au même titre que le gouvernement Couillard avec les Serres Toundra à l’époque.