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L’UQAC nomme Ghislain Bourque comme recteur intérimaire

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
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« Mon principal objectif est d’amener l’université à bon port en réussissant à traverser la pandémie pour assurer la meilleure diplomation possible pour les étudiants à la fin de la présente année scolaire. Certes, il y a des divergences entre des personnes, mais la pandémie constitue le principal enjeu. »

Ghislain Bourque, le recteur par intérim désigné par le siège social de l’Université du Québec et le conseil d’administration de l’UQAC, n’est pas un inconnu. Il a fait une bonne partie de sa carrière à l’UQAC avant de devenir recteur à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), alors que l’université de la Mauricie traversait une importante crise.

Ghislain Bourque n’a aucunement l’intention de décortiquer la crise qui a mené à la démission de Nicole Bouchard et ne se présente surtout pas comme celui qui va entreprendre des réformes. Il entre officiellement en poste lundi matin pour prendre connaissance des principaux dossiers reliés à l’enseignement et compte bien débuter une série de discussions avec les différentes constituantes de la communauté.

« Quand vous travaillez dans une université à titre de gestionnaire ou de professeur, votre première mission est d’offrir les meilleures dispositions possible pour arriver à une diplomation, et surtout que cette diplomation soit de qualité. Il n’y a pas de doute sur cette qualité à Chicoutimi, mais la pandémie pose tout un défi. Il y a tout le volet de l’enseignement en présentiel, qui n’est pas simple, des laboratoires un peu escamotés ou des stages à planifier », cite en exemple le professeur à la retraite.

La démission de la rectrice Nicole Bouchard a été provoquée par la fronde des professeurs de l’UQAC qui considéraient que la gestion collégiale traditionnelle avait disparu. Le Syndicat des professeurs a multiplié les réunions et la rectrice n’a finalement eu d’autre choix que de quitter ses fonctions puisqu’elle considérait ne plus être en mesure de rebâtir le lien de confiance.

Ghislain Bourque est tout à fait conscient du défi que représente ce modèle de gestion pratiquement unique en Amérique du Nord. Dans ce modèle, les professeurs occupent différentes fonctions administratives. « C’est une particularité dans la culture. Le corps professoral participe aux tâches administratives et vous avez en plus l’application de la convention collective », résume Ghislain Bourque, qui est familier avec cette réalité de gestion.

Il admet cependant que ça prend un peu de doigté pour naviguer dans ce type d’organisation et surtout une bonne capacité à établir de bonnes communications avec les constituantes de la communauté universitaire. Ghislain Bourque ne s’est pas étendu sur le sujet et n’a pas l’intention de refaire l’histoire, mais il admet qu’une situation comme celle vécue à l’UQAC n’est pas unique.

Il a lui-même fait son entrée au poste de recteur de l’UQTR dans un contexte de crise et avoue que tout n’était pas réglé à son départ. Ghislain Bourque n’aura visiblement pas le temps d’établir un modèle de leadership ou même de s’attaquer à des projets structurants pour l’UQAC puisqu’il indique que le processus de sélection d’un nouveau recteur ou d’une nouvelle rectrice devrait être lancé dans les prochaines semaines pour une transition au printemps.

Au cours des derniers jours, Le Quotidien a recueilli des informations concernant la situation financière de l’UQAC qui ne serait pas à son meilleur. La pandémie, combinée à la multiplication des embauches à des postes de cadres supérieurs, aurait plombé les livres de l’établissement d’enseignement.

Ghislain Bourque n’a pas encore pris connaissance des détails entourant les finances de l’université. Il a sa propre idée sur cette situation. « Vous feriez le tour de toutes les universités en ce moment et je crois que personne n’est en très bonne situation financière. »

Le Quotidien a contacté des professeurs qui ont suivi avec intérêt la crise de leadership qui a frappé l’UQAC dans les derniers mois. Ils conviennent que le choix de Ghislain Bourque constitue une bonne option dans les circonstances en raison de sa vaste connaissance du fonctionnement dans le réseau de l’Université du Québec.