Robert Barrette, directeur du Service des technologies de l'information à l'UQAC, a expliqué le complexe processus de modernisation des sytèmes informatiques de l'institution.

L'UQAC modernise son système informatique

Huit mois après avoir mis fin au projet Alpha de modernisation de son système d'informatique de gestion en raison de contraintes financières, l'UQAC entreprendra à compter de mercredi la migration de tous ses systèmes en empruntant l'architecture « Open source » de Linux, une façon d'assurer la pérennité du logiciel Sigare devenu complètement désuet.
La gestion d'une maison d'enseignement comme l'UQAC avec ses 7500 étudiants requiert un lourd patrimoine informatique pour la gestion des dossiers étudiants, des inscriptions, l'administration générale, les ressources financières, gestion des bases de données, etc. L'état des systèmes informatiques de l'UQAC faisait en sorte qu'il n'était pas toujours facile pour la haute direction de déterminer ce que fait la main droite ou la main gauche au sein des 17 entités, comme le service des ressources financières ou des ressources humaines, les modules d'enseignement, le centre d'enseignement de Sept-Îles, l'Association des diplômés, etc.
Robert Barrette, directeur du Service des technologies de l'information à l'UQAC, ne cache pas que l'institution universitaire exploite une technologie informatique largement dépassée entre autres pour la gestion de l'historique des quelque 144 000 dossiers étudiants en banque accumulés depuis 1970, les systèmes de paye et de calcul de temps, ainsi que l'administration générale, etc. avec son logiciel Sigare.
« Nous supportons le système Sigare depuis 25 ans, ce qui entraîne des coûts supplémentaires importants à l'interne étant donné que nous sommes à peu près les derniers à l'utiliser. Un de nos fournisseurs aux États-Unis nous demande des sommes considérables et des hausses de coûts. À titre d'exemple, un gestionnaire de base de données aux États-Unis qui exigeait des frais annuels de 12 000 $ est passé à 44 000 $ pour le maintien de l'environnement actuel. Au total les coûts annuels de support de l'environnement Sigare (Ingres, Open VMS, compilateurs, etc.) ont été de 63 688 $ en 2015-2016. Nous utilisons six langages de programmation ainsi que des compilateurs qu'il fallait modifier. Nous avons décidé de migrer vers Linux », explique M. Barrette.
L'un des avantages de cette migration complexe est de permettre l'évolution du système dans un environnement qui n'exige pas le paiement de licences et mises à jour de toutes sortes. 
Changement de cap
Le conseil d'administration de l'UQAC a changé de cap en avril 2016 en décidant de faire une pause dans le projet Alpha dont l'objectif était de moderniser, réviser et restructurer le logiciel Sigare.
Le projet Alpha avait commencé en 2013 avec l'embauche d'une ressource humaine et la libération de trois autres membres du personnel du service informatique à l'interne. Selon les données fournies par l'UQAC, ce sont 2,1 M $ qui ont été investis dans Alpha pour la restauration du système informatique, et ce, en frais pour le paiement des ressources humaines, frais d'acquisition de matériel, de laboratoires, le tout défrayé principalement à même le budget de fonctionnement du STI.
La mise sur pause du projet Alpha et la migration vers Linux ne signifient pas que le travail accompli jusqu'à maintenant est perdu, selon M. Barrette. L'utilisation de l'ancien système Sigare est intégrée dans la nouvelle coquille Linux de sorte qu'il serait faux de prétendre qu'il y a eu gaspillage de temps et d'argent, selon lui. Le changement de stratégie, qui a occasionné également plusieurs départs à la retraite, est défini davantage comme une phase intermédiaire dans le développement du système informatique qui doit également se prémunir contre les attaques informatiques de toutes sortes afin de répondre aux exigences du gouvernement.
Cette semaine, tous les membres du personnel de l'UQAC ont été informés de la migration vers la nouvelle application Sigare au cours des mois de février et mars. Une fois cette étape franchie, l'UQAC entend faire évoluer l'application Atlas afin de mieux répondre à ses besoins, entre autres pour les dossiers étudiants, l'offre de cours, le service des finances, etc.