Habituellement, un professeur de l’UQAC se rend en Chine pendant la semaine de relâche.

L'UQAC enverra des professeurs en Chine, malgré les tensions

L’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) prévoit toujours envoyer des professeurs dans les quatre universités chinoises avec lesquelles elle a des ententes de service pour différents programmes de formation, qui vont des sciences administratives à l’informatique, et ce, malgré les tensions.

Le prochain départ devrait normalement avoir lieu à la mi-février, selon la porte-parole de l’UQAC, Marie-Karlynne Laflamme. La direction suit attentivement les consignes du gouvernement canadien sur les risques de voyager dans les pays où il y a des problèmes.

La police chinoise a procédé au cours des dernières semaines à l’arrestation de ressortissants canadiens. La crise diplomatique entre le Canada et la Chine semble s’aggraver et, en général, les professeurs de l’UQAC s’y rendent pendant la semaine de relâche. Il n’est pas rare que deux ou trois professeurs prennent la direction de la Chine pendant cette semaine.

« En ce moment, il n’y a aucun professeur de l’UQAC en Chine. Le prochain professeur doit partir à la mi-février. Nous surveillons les mesures de sécurité à prendre pour s’y rendre. Nos partenaires sont toujours disposés à recevoir nos professeurs et à les encadrer une fois sur place », a indiqué la porte-parole de l’UQAC.

Elle a ajouté que l’université ne prendra aucun risque avec la sécurité des professeurs ou des employés. L’établissement d’enseignement entend respecter les consignes du gouvernement canadien même si ça signifie la suspension des déplacements dans ce pays.

Le Syndicat des professeurs de l’UQAC n’interviendra pas auprès de ses membres en lien avec les cours en Chine. Le président Gilles Imbeault a appris en discutant avec des confrères qu’un collègue allait quitter dans les prochaines semaines.

« J’ai effectué plusieurs séjours en Chine pour donner des cours d’informatique. Les professeurs profitent de la semaine de relâche pour aller donner des cours dans les quatre universités situées dans des villes différentes. J’ai déjà été en Chine et dans la situation actuelle, je n’irais pas dans ce pays », explique Gilles Imbeault.

Le professeur d’informatique n’a jamais eu de problème au cours de ses séjours. Il n’a jamais été présent dans ce pays alors que les relations diplomatiques avec le Canada se dégradaient de jour en jour avec des arrestations de ressortissants canadiens.

« Le problème en Chine est assez simple. Tout va bien tant et aussi longtemps que vous n’avez pas de problème avec les policiers ou la justice. À partir du moment où vous vous retrouvez dans une mauvaise situation, vous perdez complètement le contrôle. Au Canada, vous avez l’assurance que le système judiciaire est indépendant du système politique alors qu’en Chine, il y a toujours un lien entre le politique et la justice », poursuit le Gilles Imbeault.

La direction syndicale a déjà soulevé le risque des conséquences pour l’UQAC de la crise diplomatique qui s’accentue avec le Canada. Les ententes avec les quatre universités constituent une source de financement importante pour l’UQAC et la fin de ces ententes priverait l’institution régionale d’une bonne partie de sa marge de manœuvre financière.