Le rectrice de l’UQAC, Nicole Bouchard, en compagnie de la vice-rectrice aux ressources, Martine Rioux, et du vice-recteur aux affaires étudiantes, Martin Côté. Mme Bouchard était l’invitée du Cercle de presse du Saguenay, animé par la présidente Jessica Blackburn.

L’UQAC doit devenir plus agile

L’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) doit devenir plus agile dans ses façons de faire afin de mieux répondre à une clientèle étudiante composée de jeunes qui « bougent vite » si elle veut demeurer pertinente.

La rectrice Nicole Bouchard a accédé à la direction de l’établissement d’enseignement il y a neuf mois. Elle était de passage au Cercle de presse du Saguenay en compagnie de la vice-rectrice aux ressources, Martine Rioux, et du vice-recteur aux affaires étudiantes, Martin Côté. Le mot « changement » était à l’ordre du jour de la rectrice qui a lancé plusieurs chantiers de front afin d’adapter l’UQAC aux nouvelles réalités de la clientèle étudiante.

La planification stratégique

L’UQAC mène en ce moment une opération de planification stratégique qui comporte plusieurs volets. La rectrice Nicole Bouchard souhaite l’aboutissement de cette opération afin de mettre en place ce qu’elle définit comme une organisation « plus agile » : « Ce qui signifie que les gestionnaires pourraient avoir une plus grande imputabilité dans la prise de décision ».

La rectrice constate que malgré la petite taille de l’UQAC, les processus décisionnels sont trop longs et qu’il y a en place une organisation complexe qui ne peut pas se gérer simplement. L’idée est de permettre à la clientèle de bénéficier d’une organisation qui demeure pertinente avec une plus grande facilité pour s’adapter rapidement aux nouvelles réalités.

« Nous voulons faire une réflexion sur notre gouvernance, ce qui n’a pas été fait beaucoup depuis 50 ans », ajoute la rectrice. Toute cette réflexion s’inscrit dans une multitude de changements qui se mettent en branle depuis la nomination de Nicole Bouchard. Le premier étant une approche plus transparente dans les relations entre la direction et la communauté.

Budget

Les changements et la réflexion sur la gouvernance n’ont toutefois pas écarté du tableau de bord les problématiques reliées au financement de l’UQAC. Le déficit structurel de l’établissement était de l’ordre de 2 M $ par année. Il sera comblé cette année en puisant dans les revenus des affaires internationales, ce qui permet de diminuer la pression, mais ne constitue pas une solution à long terme à ce que la rectrice qualifie « d’équilibre précaire ».

De plus, la vice-rectrice aux finances a réalisé un exercice minutieux d’analyse des espaces disponibles. L’Université affichait un surplus d’espace de 15 % qui a été résorbé. Il y avait dans ce surplus d’espace des sommes considérables selon la rectrice.

L’UQAC doit aussi analyser les activités d’enseignement. « Nous nous retrouvons avec une diminution de clientèle et 300 activités d’enseignement de plus. Ça représente 3 M $ de budget pour financer ces activités », précise la rectrice tout en assurant qu’il n’est pas question de couper à la hache dans la mission centrale d’enseignement.

Le budget du gouvernement du Québec déposé mardi apporte un peu d’espoir. Les universités voient leur financement augmenter de 6 % par année. Selon Nicole Bouchard, il reste à espérer que ces nouveaux investissements servent à financer le fonctionnement des universités qui, comme toutes les autres missions de l’État, n’ont pas été épargnées par la politique d’austérité du début de mandat de l’actuel gouvernement.

L’un des moyens pour l’UQAC de générer des revenus additionnels est d’attirer plus d’étudiants. La rectrice est satisfaite des résultats obtenus pour les étudiants étrangers qui composent 20 % de la clientèle actuelle. Les performances sont plus décevantes pour le recrutement d’étudiants québécois.

« Une expérience unique »

L’université entend vendre « une expérience étudiante unique » dans la promotion de son campus. Elle permet aux étudiants de suivre des formations dans un contexte différent des grandes universités alors que les groupes sont plus petits au premier cycle. Le virage vers le développement durable constitue un autre aspect qui risque de répondre aux valeurs des nouvelles générations sur le point d’entrer à l’université.

L’UQAC pourra de plus compter sur son nouveau programme de baccalauréat en communication et nouveaux médias. Le gouvernement a accepté la mise en place de cet autre programme de communication qui permettra aux élèves d’explorer tout le volet interculturel ainsi que les nouveaux médias. Ce sont des particularités que les autres universités ne couvrent pas et la rectrice assure qu’il s’agit d’une formation qui n’entre pas en conflit avec le cours technique du Cégep de Jonquière.

« Nous allons regarder ce que nous faisons pour le recrutement international et voir si nous pouvons appliquer les stratégies pour le recrutement au Québec », indique la rectrice. Toutes proportions gardées, a précisé la vice-rectrice aux ressources, l’UQAC est l’université québécoise qui accueille le plus important contingent d’étudiants étrangers. Ce contingent est majoritairement composé d’étudiants français. 

L’UQAC fait aussi bonne figure pour le recrutement des étudiants pour les cycles supérieurs. Il s’agit des étudiants qui sont en partie intéressés par les activités de recherche réalisées à Chicoutimi. Cette année, l’UQAC enregistre une augmentation de 6 % des budgets accordés à la recherche.

L’UQAC n’a surtout pas l’intention de tenter de concurrencer les grandes universités. Il n’est pas non plus question de faire passer l’université pour un village gaulois qui résiste et qui est le meilleur dans tout. La nouvelle rectrice voit plutôt le monde universitaire comme un tout imbriqué dans un grand réseau.

Le rectrice de l’UQAC, Nicole Bouchard

Bois: pas comme à Laval

L’UQAC a choisi une approche différente de l’Université Laval pour tout ce qui concerne l’enseignement de la construction avec le matériau bois. Au lieu de privilégier les chaires d’enseignement avec des spécialistes, l’UQAC a décidé d’intégrer le financement obtenu pour développer cette expertise dans l’enseignement régulier dispensé aux futurs ingénieurs. Selon Nicole Bouchard, les ingénieurs diplômés à l’UQAC sont ceux au Québec qui ont bénéficié de la formation la plus complète pour ce type de construction.

+ Reprise de dialogue avec Saguenay

Le changement de garde à la mairie de Saguenay s’est traduit par la reprise du dialogue avec l’UQAC. La rectrice a évoqué la réalisation de plusieurs projets en collaboration avec la Ville. L’UQAC a aussi pris sa place au sien du CIUSSS puisque l’Université de Sherbrooke occupait tout l’espace de la médecine. L’UQAC détient une grande expertise dans la formation en sciences infirmières, travail social et en physiothérapie.