Le président de l’UPA, Marcel Groleau, demande aux gouvernements québécois et canadien de faire preuve d’une plus grande fermeté dans la protection des marchés sous gestion de l’offre dans le cadre de la renégociation de l’ALÉNA.

L'UPA exige plus de fermeté dans les négociations de l'ALÉNA

L’UPA aimerait entendre le gouvernement canadien dire haut et fort qu’il n’y aura aucune ouverture additionnelle aux producteurs américains pour les produits sous la gestion de l’offre et qu’il n’est pas question d’accepter l’imposition de tarifs sur les autres productions.

C’est ce que le président de l’UPA, Marcel Groleau, plaide dans le cadre de sa tournée annuelle des régions du Québec. De passage au Quotidien mardi, le syndicaliste s’est dit inquiet de ce qu’il entend de la part des représentants du gouvernement face aux demandes américaines.

« On nous dit effectivement au gouvernement que le système de gestion de l’offre sera protégé. On aimerait entendre le dernier bout pour dire qu’il n’y aura aucune ouverture additionnelle dans l’entente comme nous l’avons fait dans l’Accord de partenariat transpacifique où il y a eu une ouverture de 3 % de nos marchés sous gestion », rappelle Marcel Groleau.

Les enjeux de cette négociation dépassent de beaucoup les productions sous gestion de l’offre. Le marché américain constitue pour les agriculteurs du Québec le principal client pour les différentes productions. Le président régional Mario Théberge signale dans le même souffle que des productions comme le bleuet (la seconde en importance dans la région) ou le canola souffriraient d’un tarif à l’exportation au même titre que le bois d’œuvre.

À titre d’exemple, 40 % des exportations de porc du Québec sont destinées au marché américain.

L’UPA souhaite que l’entente initiale de 1984 soit respectée. Cette entente prévoyait le libre-échange pour toutes les productions à l’exception de celles sous gestion de l’offre, ainsi que le libre-échange pour les nouvelles productions.

Dans un autre ordre d’idée, l’UPA juge insuffisante la politique agroalimentaire du gouvernement du Québec qui prévoit 350 M $ sur cinq ans. Cette enveloppe doit couvrir la production de base, la transformation alimentaire et les Pêcheries. Marcel Groleau demande au gouvernement du Québec de puiser dans les surplus de la Financière agricole afin de mettre en place un programme d’aide spécifique au développement de l’agriculture dans les régions comme le Saguenay-Lac-Saint-Jean.

« Il y a eu une augmentation du prix des terres dans le centre du Québec et ce phénomène se déplace maintenant dans les régions. Le gouvernement doit mettre en place des programmes pour donner une chance égale à tout le monde. Il s’agit d’atténuer certains facteurs comme l’éloignement des marchés puisque le Saguenay-Lac-Saint-Jean est en surplus de production et ses marchés sont situés dans le sud », poursuit le président de l’UPA.

L’UPA n’a pas eu plus de succès pour obtenir l’adoption par le gouvernement du Québec d’un décret pour freiner l’accaparement des terres agricoles par des fonds d’investissement ou des sociétés privées comme Pangea. 

L’UPA demandait de limiter l’achat de terres à 100 hectares par année ou 300 hectares sur trois ans pour ces nouvelles créatures. La mesure comprenait aussi l’encadrement de la vente de ces terres à l’exception des exploitations transférées à la relève.

Selon Mario Théberge, il y a en ce moment dans la région des terres qui ne sont pas cultivées. Pangea est à la recherche d’un producteur pour remplacer celui qui avait accepté de tenter l’expérience. Les dirigeants de l’UPA ne croient pas que ce modèle soit rentable, principalement dans les régions où les fenêtres de semence ou récoltes sont très minces.