L’union fait la force

Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Pour la première fois de leur histoire, les six clubs services de la MRC de Lac-Saint-Jean-Est unissent leurs actions afin de mieux répondre aux demandes découlant de la pandémie de COVID-19. Cet effort de collaboration a permis de regrouper une somme globale de 26 850$.

« On recevait beaucoup de demandes d’organismes, mais on ne savait pas les demandes qui étaient formulées aux autres clubs. Quand j’ai vu ça, je me suis dit qu’on devait se concerter », raconte le président du Club Kiwanis Alma, Hugues St-Laurent, qui est à l’origine de l’initiative.

La première rencontre entre les six présidents et présidentes des clubs services a été l’occasion de partager plusieurs éléments, dont les budgets des clubs, les sommes versées ainsi que les organismes bénéficiaires. « L’objectif est de mieux distribuer les dons en fonction de la demande. On veut mieux répartir l’argent qui est donné de bonne foi. Il n’y avait pas de pudeur ni de critique quant à ce qui était dévoilé. Ce fut fortement apprécié. On s’est aperçus que nous travaillons tous pour les mêmes raisons », précise-t-il.

La situation financière diffère d’un club à l’autre, alors que certains ont dû repousser leur collecte de fonds en raison de la COVID-19. Ainsi, Hugues St-Laurent est d’avis que « le regroupement des clubs permet une action collective plus forte qu’individuelle ».

Les représentants des clubs services de ce secteur se réuniront, à nouveau, au cours des prochains jours afin de poursuivre leur action regroupée.

Concertation future

La crise de la COVID-19 a forcé plusieurs clubs services du Saguenay–Lac-Saint-Jean à repousser leur levée de fonds annuelle. Ces activités de financement sont importantes pour les coffres et la mission de ces regroupements, alors que des dizaines de milliers de dollars y sont amassées. Hugues St-Laurent croit que les clubs devront se coordonner quant à la tenue des événements reportés, en majorité, à l’automne.

« La COVID-19 amène d’autres problématiques. Habituellement, les soirées sont réparties tout au long de l’année. Il faudra se parler. Il ne faut pas qu’à l’automne, on sollicite tous la communauté au même moment. Les commerçants qui nous encouragent se relèveront, eux aussi, de la crise », fait-il valoir.

Les conséquences financières de la COVID-19 bouleverseront les habitudes des entreprises qui participent aux diverses campagnes de financement, notamment en achetant des billets pour les soirées des clubs, lesquels se vendent, en moyenne, une centaine de dollars.

« On est conscients qu’il y aura moins d’argent qui circulera. On voit déjà des problèmes communautaires à l’horizon. En bout de ligne, ce sont les organismes et la communauté qui seront touchés », conclut Hugues St-Laurent.

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LES ROTARIENS DU DOMAINE-DU-ROY EN MODE LIVRAISON

Comme bien d’autres clubs en son genre, le Club Rotary Domaine-du-Roy a été bouleversé par les différentes mesures de confinement. Les rencontres habituellement faites autour d’un déjeuner, lesquelles permettent aux membres de coordonner leurs actions dans la communauté, ont maintenant lieu en mode virtuel. Malgré les mesures de précaution, la vingtaine de membres oeuvrent sur le terrain afin de répondre aux différentes demandes découlant de la crise. Certains consacrent une partie de leur temps à la livraison au Métro D. Boutin de Saint-Félicien. Leur implication bénévole permet de livrer des achats à des personnes en situation de vulnérabilité. D’autres membres travaillent à l’obtention d’une subvention. La somme de 25 000 $ permettrait de regarnir les banques alimentaires du Lac-Saint-Jean, grâce à une collaboration avec les clubs de Dolbeau-Mistassini et d’Alma. La crise de la COVID-19 a une incidence sur les coffres du Club Rotary Domaine-du-Roy, qui se retrouve dans l’obligation d’annuler le bingo-bénéfice. La collecte de fonds annuelle permet habituellement d’amasser plusieurs milliers de dollars. Le président du club, Jean-Pierre Fundaro, se fait tout de même rassurant quant à l’implication des 21 membres dans le milieu. « Nous sommes à analyser la suite. Nous serons moins présents sur le plan financier, en 2020-2021, mais nous ferons plus de bénévolat, en plus d’augmenter nos implications sociales », affirme celui qui anticipe une hausse des demandes.

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RICHELIEU FÉMININ D'ALMA: UNE HAUSSE ATTENDUE

Une hausse des demandes d’aide, particulièrement au niveau des besoins alimentaires, a été constatée au début de la crise de la COVID-19 par les membres du club Richelieu féminin d’Alma. Afin d’assurer une distribution équitable des ressources, le regroupement féminin a pris la décision de faire des dons à des organismes du secteur ayant l’habitude de ce type de demandes. Ainsi, 3000 $ ont été remis à la Moisson d’Alma, 1500 $ à la Maison des familles et 500 $ à la Saint-Vincent de Paul. En plein milieu de cette crise, les membres du Richelieu féminin d’Alma anticipent un futur plutôt difficile pour plusieurs citoyens. « On s’est gardé beaucoup de sous pour continuer. On est certaines qu’il y aura beaucoup de demandes, cet automne, en lien avec la COVID-19 », mentionne Audrey Tremblay, présidente du regroupement d’une douzaine de membres. Parmi les initiatives mises en place, le club offrira, de nouveau cette année, des ensembles d’hiver à des jeunes grâce à une collaboration avec Sports Experts Alma. « On va acheter un plus grand nombre de vestes d’hiver. On croit qu’il y a aura plus d’enfants dans des situations difficiles. On devrait remettre une trentaine de vestes d’hiver », explique Audrey Tremblay.

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KIWANIS LAC-SAINT-JEAN-EST:  2500 $ POUR MON VOISIN JE M'EN OCCUPE

Le Club Kiwanis Lac-Saint-Jean-Est a versé 2500 $ à l’initiative qu’a développée le député de Lac-Saint-Jean, Éric Girard, en raison des conséquences de la crise de la COVID-19. Le mouvement collectif Mon voisin, je m’en occupe permet la distribution de denrées alimentaires au domicile de résidants de la MRC de Lac-Saint-Jean-Est qui se retrouvent en situation de vulnérabilité. Une somme supplémentaire de 2500 $ a été débloquée au cours des derniers jours par les membres du club. Elle sera versée à un organisme ciblé à la suite de la consultation menée entre les divers regroupements du secteur. « On a fait le tour de nos membres et des demandes qui ont été formulées. On va essayer de donner à des gens qui n’ont peut-être pas pensé à faire une demande. On veut aider le plus de monde en donnant à plusieurs organismes », explique la présidente du club, Mélissa Brisson.

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CLUB KIWANIS ALMA: BUDGET D'URGENCE DE 5000$

Les membres du Club Kiwanis Alma se sont rapidement réunis pour débloquer un budget d’urgence de 5000 $ afin de répondre aux nouveaux besoins. « Nous avons procédé à l’achat de bons d’épicerie sans tabac et sans alcool. On sait que le gouvernement a pris en charge la population, mais il a fallu attendre jusqu’à trois semaines pour les premiers chèques. On s’est dit qu’on subviendrait à leurs besoins entre-temps », explique le président du club, Hugues St-Laurent. Celui-ci

mentionne que la somme n’était pas prévue au budget du club, ajoutant que « c’est en ce moment que la communauté a besoin de nous ». Certains membres du club masculin ont effectué de la livraison en épicerie alors que le service se retrouvait en surcharge en raison du confinement .

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LE CLUB LIONS CHICOUTIMI EN BONNE SANTÉ FINANCIÈRE 

Le Club Lions de Chicoutimi devra se priver des sommes colossales habituellement amassées lors du cocktail annuel et du traditionnel souper de crabes de la fête des Mères. La COVID-19 pourrait également forcer l’annulation de la prochaine édition de l’Oktoberfest prévue à l’automne. « Si on n’a pas d’activités, on n’a pas d’entrée d’argent. Ce sont toujours des sommes amassées par nos membres et redonnées à 100% dans la communauté », rappelle le président du club, Steven Morin. Le club redistribue, bon an mal an, entre 60 000 et 80 000$ sous diverses formes. Il sera tout de même en mesure de respecter ses engagements, en plus de contribuer à la communauté avec les paniers de Noël, l’aide aux familles et pour l’achat de lunettes. « On va encore donner l’an prochain. On est un club en santé et très actif. On s’implique beaucoup. Il y a 40 membres et la participation à nos rencontres, toutes les deux semaines, est excellente », résume Steven Morin, qui n’est pas très inquiet quant à la vente de billets pour de futurs événements. M. Morin souligne que les trois activités-bénéfices majeures du regroupement plaisent à différents types de participants. Alors que le cocktail annuel, qui accueille entre 750 et 850 personnes, est fréquenté par une clientèle d’affaires, qui se procure des billets en vente au coût de 125$, le coût d’entrée de l’Oktoberfest est davantage accessible. Par ailleurs, le Club Lions de Chicoutimi n’a pas reçu de demande découlant de l’actuelle crise. Le président du club assure être en mesure de répondre aux besoins et que le comité responsable des dons est toujours en action.