L’ouverture des écoles cause des tracas à certains employeurs

Denis Villeneuve
Denis Villeneuve
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Le retour au travail lié au déconfinement des élèves de niveau primaire n’est pas sans causer des tracas à certains employeurs qui risquent de se voir priver d’une partie de leur main-d’oeuvre en raison de l’ouverture partielle des garderies.

À L’Anse-Saint-Jean, le propriétaire du marché Bonichoix, Patrick Gagné, craint de devoir se passer des services de deux de ses employées régulières parce que ces dernières ne peuvent accéder au service d’une garderie privée du village. Cette garderie est obligée de fonctionner à 50 % de sa capacité d’accueil incluant les deux enfants de la propriétaire pour un maximum de quatre.

Comme les enfants de travailleurs oeuvrant dans les services essentiels tels que la santé et l’éducation doivent être priorisés, selon les directives de la Santé publique, certains parents oeuvrant dans des domaines tout aussi essentiels, selon M. Gagné, sont laissés en plan. M. Gagné rappelle que les épiceries avec station d’essence ont été considérées comme des services essentiels.

« J’ai deux employés qui se retrouvent dans cette situation. Je ne remets pas en question les décisions prises, mais on est tout de même considérés aussi comme un service essentiel », affirme M. Gagné. Selon lui, il est certain que d’autres employeurs et employés vivent des situations semblables.

Soulignons que les garderies ne peuvent opérer qu’à 50 % de leur capacité d’accueil jusqu’au 8 juin prochain, un seuil qui sera relevé à 75 % jusqu’au 22 juin après quoi, le maximum pourra être atteint.

En entrevue, la propriétaire de la garderie affirme qu’elle n’a pas le choix de respecter à la lettre les consignes émises puisqu’à défaut, elle pourrait perdre son permis émis par le ministère de la Famille. C’est ce qui explique que deux parents oeuvrant dans le secteur de l’alimentation ont dû s’organiser autrement en confiant la garde de leur bout de choux à des proches.

Invitée à discuter du retour à la presque normalité, la propriétaire du service de garde en milieu privé mentionne qu’il est impossible de faire respecter la règle de distanciation chez des enfants de cinq ans et moins. Le lavage des mains et des jouets aux demi-heures ou 45 minutes est donc appliquée, mais il est impossible de faire comprendre à des jeunes en si bas âge de ne pas se rapprocher. « Avec des enfants de cinq ans, les consignes, on oublie ça. Les enfants ont besoin de calins. Il faut leur donner de l’amour. Si un enfant tombe, tu ne peux lui dire : relève-toi tout seul », déclare-t-elle.