Liz Gagné demeure en poste

La présidente de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay (CSRS), Liz Gagné, fait fi des critiques à son endroit et des demandes à ce qu’elle remette sa démission et prend la décision de demeurer à la tête du conseil des commissaires.

Au cours d’une séance extraordinaire du conseil, jeudi soir, Mme Gagné a réitéré sa volonté de vouloir poursuivre son mandat.

Le 30 septembre, le juge Guy Roy, du Tribunal du travail du Québec, a donné raison à la directrice générale Chantale Cyr voulant qu’elle ait été congédiée illégalement en mars 2018 (alors qu’elle était en congé de maladie), qu’elle ait subi du harcèlement psychologique et qu’elle ait été victime de lésions professionnelles.

Le juge a sévèrement blâmé Mme Gagné et l’a tenue responsable du harcèlement psychologique, allant même jusqu’à dire qu’elle avait délibérément laissé persister le climat malsain, s’il existait, ou pire encore, qu’elle l’a laissé s’envenimer. 

Le juge Roy a aussi dit que Liz Gagné était revenue à la présidence avec l’intention d’avoir la tête de la directrice générale. Le juge a aussi blâmé les commissaires qui ont agi par aveuglement volontaire ou par incurie.

Malgré tout ça, la présidente Gagné a pris la décision de demeurer en poste jusqu’à la fin de son mandat.

« Vous allez me permettre de vous adresser quelques mots. Dans un premier temps, je tiens à mentionner que je compte poursuivre mon mandat de présidente de la CSRS. Je souhaite continuer d’avancer et de concentrer toutes les actions à venir sur la mission première de la commission scolaire, soit de fournir aux enfants de notre territoire des milieux d’apprentissage épanouissants, l’accompagnement et les ressources pour favoriser la réussite scolaire. »

« Je remercie sincèrement le personnel de la commission scolaire, soit les cadres, les enseignants, les professionnels et le personnel de soutien pour leur dévouement et cette mission, malgré les bouleversements que nous vivons actuellement. Ils ont toujours été là pour les enfants », a déclaré Liz Gagné.

Ensuite, la présidente de la CSRS a annoncé qu’elle se retirait du dossier de Chantale Cyr, par souci d’impartialité.

« J’ai pris la décision de me retirer du vote de ce soir concernant le dossier de Mme Chantale Cyr. Compte tenu de ce choix, je n’agirai plus comme porte-parole concernant ce dossier. Le conseil procédera à la nomination d’un porte-parole. Et je ne donnerai pas de commentaires aux médias », a conclu la présidente Liz Gagné.

Concernant une possible contestation du jugement, les commissaires ont pris la décision, unanimement, de surseoir à cette décision, le temps de connaître les véritables intentions de Chantale Cyr sur ses réclamations et ensuite sur la réplique de la CSRS. En novembre, tout devrait être connu.

En raison du retrait de Liz Gagné et de France Gagné (vice-présidente) à titre de porte-parole dans l’affaire de Mme Cyr, les commissaires ont nommé Carl Bergeron, commissaire-parent, à ce titre et notamment sur la décision de contester la décision du tribunal.

« Actuellement, il nous manque des informations primordiales avant de pouvoir prendre une décision éclairée et de savoir la bonne chose à faire. Nous ne voulons pas étirer la situation et on pense qu’il faut que ça arrête à un moment donné. L’important, c’est d’aller de l’avant », de dire M. Bergeron.

« Et peu importe la décision que nous prendrons, il y aura des coûts en frais d’avocats. Il faut savoir à quoi s’attendre. On doit attendre les demandes de Mme Cyr », a ajouté le commissaire parent.

« LA FARCE A ASSEZ DURÉ »

« La farce a assez duré et il faut arrêter le gaspillage des fonds publics. »

Me Éric Lebel, qui représente les intérêts de Chantale Cyr dans la saga l’opposant à la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, n’en revient pas de la décision de la présidente Liz Gagné.

« Je ne suis pas surpris, car on connaît l’entêtement de Mme Gagné. Nous l’avons vu au procès. Mais je suis scandalisé et je vais écrire au ministre dès vendredi pour lui demander d’intervenir. La farce a assez duré et il faut arrêter le gaspillage des fonds publics. »

« Ma cliente a avisé l’avocat de la commission scolaire qu’elle était en mesure de revenir au travail de manière progressive. Elle a reçu le billet de son médecin à cet effet. Elle veut véritablement revenir en poste. Par contre, j’ai l’impression que les commissaires ne sont pas au courant des intentions de ma cliente », a mentionné Me Lebel.

Personne n’a laissé voir que cette demande était connue, mais une chose est certaine, le nouveau porte-parole au dossier, le commissaire-parent Carl Bergeron, a parlé d’une demande hypothétique.

« Qu’est-ce que l’on fait si elle veut revenir au travail ? C’est difficile à dire, c’est hypothétique. On ne sait pas ce que le juge va décider. Lorsqu’on sera rendu là, on verra où l’on s’en va avec ça », de mentionner M. Bergeron.