Liz Gagné

Liz Gagné défend ses gestes

L'ex-présidente de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, Liz Gagné, n'entend pas se laisser traîner dans la boue à travers l'enquête juricomptable que mène actuellement le conseil des commissaires via les firmes Langlois et associés et Quantum.
Au lendemain de l'adoption d'une résolution autorisant la poursuite de l'enquête destinée à scruter les actions administratives posées à titre de présidente entre avril et août 2014, elle a tenu à défendre son intégrité en affirmant qu'elle a toujours fait preuve de transparence et de rigueur dans le rôle que lui a confié la population dans le passé. 
Effectuant un retour sur le fil des événements, Mme Gagné, qui briguera à nouveau la présidence de la commission scolaire dimanche, affirme qu'au printemps 2014, un cadre de la commission scolaire, responsable de la Loi sur les contrats des organismes publics, est venu la rencontrer avec une pile de documents. Il affirmait que l'organisme public pouvait être vulnérable juridiquement concernant l'octroi de certains contrats. 
« J'ai dit à ce cadre "on va aller rencontrer l'avocat de la commission scolaire, Me Pierre Mazurette". Ce juriste a affirmé qu'il n'était pas un expert et que je pouvais effectuer des vérifications. J'ai téléphoné à la vice-présidente de la commission de l'époque. Elle m'a affirmé qu'on irait voir une firme comptable. » 
Selon les renseignements fournis dans la résolution adoptée mardi, un tel mandat a été accordé le 6 mai 2014 par la directrice générale de l'époque en vertu du Règlement sur la délégation de fonctions et pouvoirs.
Mme Gagné affirme avoir reçu le document de la firme comptable en septembre. En raison de la campagne électorale qui allait se dérouler, Mme Gagné mentionne qu'après avoir remis le document à la directrice générale, elle le remettrait au nouveau président élu, Antonin Simard, une tâche dont elle dit s'être acquittée lors d'une rencontre avec lui. Pour ce qui est de savoir ce que M. Simard en a fait, Mme Gagné l'ignore. 
« Si j'avais demandé des audits plus approfondis de la part de vérificateurs, c'est évident que je serais allée devant le conseil des commissaires. »
Rien d'accablant
En ce qui a trait aux circonstances entourant la remise du rapport de la firme Deloitte, le 3 juillet, en l'absence de répondants, Mme Gagné affirme que le rapport a été remis juste avant la période de vacances. Selon elle, il ne contenait rien d'accablant ou de majeur puisqu'on y retrouvait certaines recommandations pour améliorer le code d'éthique ou la reddition de comptes, une tâche qui pouvait être reportée au retour des vacances en août.
L'ex-présidente affirme que lors de l'enquête, elle n'a jamais été rencontrée par la directrice actuelle ou par les avocats de Langlois et associés. Elle admet toutefois qu'elle a livré sa version des faits à la firme Quantum, mandatée par Langlois et associés. 
Du temps à perdre
Mme Gagné soutient que cette enquête confiée à une firme juricomptable sur des actions qui se sont déroulées en 2014 est le fait de gens qui ont du temps à perdre à l'approche de l'élection qui aura lieu dimanche. 
« J'ai fait le travail que je devais faire. Je suis certaine que la directrice générale actuelle fait son travail. Pourquoi on sort ça là ? Je m'interroge sur la tenue d'une séance du conseil extraordinaire juste avant le 7 mai. Quelle est l'urgence d'agir ainsi juste avant le 7 mai ? La population est capable de juger du travail effectué », conclut-elle.
Pas de crayons sans résolution
La directrice générale de la Commission scolaire des Rives-du-Sagenay, Chantale Cyr, soutient qu'en matière de gestion des ressources du milieu scolaire, pas un seul crayon ne peut être acquis sans l'adoption en bonne et due forme d'une résolution par le conseil des commissaires.
Réagissant aux propos tenus mercredi matin par Liz Gagné sur les ondes radiophoniques, Chantale Cyr affirme que la présidente d'une commission scolaire n'a pas le droit d'effectuer de démarches juridiques sans que le conseil des commissaires ne se prononce au moyen d'une résolution. « Mme Gagné s'est présentée devant Me Pierre Mazurette pour demander unilatéralement un avis juridique. Lorsqu'elle dit qu'elle avait le droit, c'est faux », affirme-t-elle.
Les circonstances entourant la rencontre du 3 juillet 2014, entre la firme de vérification comptable Deloitte et la présidente seule, reste à élucider, selon la directrice générale, d'autant plus qu'il n'y a aucune trace de cette rencontre dans les archives. La décision de poursuivre l'enquête juricomptable repose sur le fait qu'il reste encore plusieurs questions sans réponse à la suite de l'analyse de milliers de documents par la firme Quantum. « Je suis ici pour assurer une bonne gestion de la commission scolaire. Une commission scolaire est administrée par le conseil des commissaires. La présidente se doit d'être mandatée par le conseil pour poser des gestes », conclut-elle.
Quant à savoir si tout le dossier repose sur certains gestes de malversation ou de fraude commis, Mme Cyr affirme qu'elle ne peut commenter ce quelle ne sait pas. La suite permettra de le déterminer, conclut-elle.