Deux directeurs ont avoué à Hélène Aubin que la présidente Liz Gagné voulait la tête de Chantale Cyr (photo).

Liz Gagné « voulait la tête » de la DG

Les directeurs Martin Deschênes et Carl Duchesne auraient ouvertement mentionné, dans les murs de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay (CSRS), que la nouvelle présidente, Liz Gagné, était de retour pour avoir la tête de la directrice générale, Chantale Cyr.

Contre-interrogée par Me Jean-Claude Girard, avocat pour la CSRS, Hélène Aubin est revenue sur le fait que des directeurs de services semblaient colporter ces informations.

Me Girard a voulu connaître leur identité.

« Est-ce que je dois les nommer ? », a demandé Hélène Aubin, ex-coordonnatrice des communications à la CSRS, durant la suite de son témoignage. Le juge Guy Roy lui a dit qu’elle devait le faire.

« Martin Deschênes (directeur des ressources matérielles) m’a dit que Liz Gagné voulait la tête de Chantale Cyr. Il m’en a parlé à quelques reprises. Ça se discutait dans les locaux. Carl Duchesne (directeur des finances) en a aussi parlé », a répondu Mme Aubin.

Martin Deschênes a pris sa retraite en juin 2018, alors que Carl Duchesne a quitté son emploi après avoir plaidé coupable à des accusations de voies de fait sur un employé de la commission scolaire.

Mme Aubin a été questionnée sur les erreurs qui auraient nécessité des précisions dans les médias en lien avec l’ex-directrice générale.

« Je pourrais parler du coût lié au projet de l’école du Millénaire, sur le climat de travail qui s’était détérioré. Il y aurait plusieurs exemples », a-t-elle dit.

Il a aussi été question de sa relation avec Chantale Cyr, de l’achat de vêtements pour Antonin Simard ou la candidature de son frère Louis Aubin à la présidence de la commission scolaire. Aucune question n’a été posée en lien avec le harcèlement psychologique.

Après avoir mentionné avoir appris la journée même que son frère déposait son bulletin, l’ex-directrice des communications a ajouté, à la vue d’un document, qu’elle avait signé le bulletin de candidature de son frère, mais précisé qu’elle ne savait pas s’il était pour se présenter officiellement.

« Et non, je ne lui ai donné aucune information ou communiqué quoi que ce soit. Nous avons eu une discussion animée et je lui ai dit que ça ne faisait pas vraiment mon affaire. Et je n’ai pas demandé à qui que ce soit de signer le bulletin de mon frère », a tranché Mme Aubin.

L’avocat de la CSRS est revenu sur les cartes cadeaux achetées pour habiller le président Antonin Simard.

Mme Aubin a précisé s’être informée si ça pouvait se faire et a ensuite convenu que « le président n’était pas habillé convenablement », dans le cadre de ses fonctions de président de la CSRS, pour rencontrer le premier ministre, le ministre de l’Éducation et des sous-ministres.

« Un budget de représentation a été donné et Mme Cyr et M. Simard m’ont demandé de les accompagner. Ce sont mes supérieurs et en bon soldat, j’ai obéi. C’est la raison pour laquelle je les ai accompagnés », a expliqué la témoin.

Elle a aussi été interrogée sur une passe de ski à la station du Valinouët. Mme Aubin a précisé que la CSRS commanditait un panneau à la station de ski et que l’organisation remettait une passe de ski.

« Non, je ne l’ai pas utilisé ni aucun membre de ma famille. Je possède ma propre passe de saison. Quant à savoir si Mme Cyr est venue à notre chalet, la réponse est oui. Elle et son conjoint sont venus quelques fois après leur arrivée, car ils étaient seuls dans la région. Et non, elle n’est pas venue en 2017-2018 ni cette année, car notre chalet est loué pour l’hiver », a ajouté l’ex-coordonnatrice aux communications (en congé sans solde jusqu’en juin 2019).