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La FCMQ prévoit que de nombreuses personnes s’initieront à la motoneige cette année.
La FCMQ prévoit que de nombreuses personnes s’initieront à la motoneige cette année.

L’industrie de la motoneige mise sur les adeptes locaux

Katherine Boulianne
Katherine Boulianne
Le Quotidien
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Alors que les concessionnaires de véhicules récréatifs sont pris d’assaut depuis septembre, la pandémie vient quelque peu freiner ce qui s’annonçait comme une saison record pour la motoneige. Malgré tout, les adeptes régionaux seront nombreux sur les sentiers du Saguenay-Lac-Saint-Jean, cet hiver, même si la saison sera différente de celle à laquelle l’industrie s’attendait.

D’après la Fédération des clubs de motoneige du Québec (FCMQ), de nombreux amateurs ont choisi de s’initier à la motoneige en 2020. L’administrateur de la FCMQ au Saguenay-Lac-Saint-Jean, Gaston Fortin, s’attend d’ailleurs à voir un nombre important de nouveaux motoneigistes sur les sentiers.

« Il y a des adeptes qui avaient délaissé la motoneige pour faire des voyages ou d’autres activités, mais il y en a plusieurs qui reviennent vers la motoneige cette année. Et on attend environ 10% de nouvelles personnes qui vont commencer à faire de la motoneige. »

Le représentant de la FCMQ dénote toutefois une certaine prudence chez les amateurs, qui attendent un peu plus longtemps avant de se procurer leur carte d’accès aux sentiers balisés.

« Si on compare à l’année dernière, nous avons un peu de retard du côté de la prévente. On sait que plusieurs motoneigistes sont indécis et ont des craintes à cause de la COVID, et parce que la saison de motoneige a été coupée en deux l’an passé. Mais nous les rassurons, le ministère du Tourisme nous a confirmé qu’ils veulent qu’il y ait une saison. La motoneige, ce n’est pas une activité à risque de contaminer les gens. »

des excursions mieux préparées

Les patrouilleurs de la FCMQ n’envisagent pas de devoir poser davantage d’actions sur les sentiers en raison de la pandémie. En revanche, le nombre de nouveaux motoneigistes les incitera à faire davantage de sensibilisation quant aux règles de sécurité.

Les motoneigistes devront mieux planifier leurs déplacements cet hiver.

« Au début de la saison, il y a beaucoup d’excitation et les gens partent même s’il n’y a pas beaucoup de neige, que les sentiers ne sont pas complètement balisés et que les glaces ne sont pas solides. Nous allons mettre beaucoup l’accent cette année sur la sécurité sur les plans d’eau et aux traverses de rivières », prévoit Gaston Fortin.

La prudence à motoneige passera également par une meilleure planification, cette année, alors que certains services seront modifiés en raison de la pandémie. Des refuges seront toujours disponibles pour les motoneigistes qui souhaitent se réchauffer, mais ceux-ci ne pourront pas compter sur les services de restauration et de bar des relais, qui seront interdits cette année.

Un volet touristique affecté

Si la présence des amateurs régionaux est assurée sur les sentiers, n’en reste pas moins que l’absence des motoneigistes de l’extérieur du Saguenay-Lac-Saint-Jean se fera sentir. Alors que la région représente l’une des destinations les plus populaires au Québec pour la pratique de la motoneige, la directrice de la promotion de la destination de Tourisme Saguenay-Lac-Saint-Jean, Julie Chiasson, admet que les retombées économiques liées à cette industrie en souffriront certainement cette année.

« Nous ne sommes pas allés jusqu’à quantifier les pertes économiques globales. C’est sûr qu’il y aura un impact, mais nous n’avons pas fait de prévisions en ce sens. Tout dépendra si l’on reste en zone rouge ou pas. Intrarégionalement, il y a une possibilité que les gens fassent des circuits et s’arrêtent coucher dans les établissements hôteliers, mais ce ne sera jamais aussi important pour les hôteliers qu’avec des clientèles extérieures. Les plus affectés, ce sont nos hébergements et nos restaurateurs. »

Pour l’instant, l’association préfère miser sur la population locale, qui répond bien aux offres des entreprises touristiques d’ici depuis les derniers mois. « Chacun a une réflexion, à savoir qu’est-ce qu’on peut faire individuellement qui aura un apport au niveau de notre économie locale, et qui va nous apporter aussi du bien-être ? À travers ce qu’on vit, on a aussi besoin d’avoir du plaisir, et c’est à ça que sert en partie l’industrie touristique : le plaisir », explique Mme Chiasson.

Les relais comme celui du Mont Apica ne pourront offrir de service de restauration.

Malgré tout, celle-ci précise que la promotion du Saguenay-Lac-Saint-Jean à titre de destination motoneige n’est toutefois pas complètement interrompue à l’extérieur de la région.

« Nous avons quand même continué nos actions, mais nous ne sommes pas en message agressif, ce serait inapproprié. Nous voulons seulement leur rappeler que le Saguenay-Lac-Saint-Jean, c’est le paradis de la motoneige, et leur dire que lorsque ce sera possible de le faire, c’est avec plaisir que nous les accueillerons. »