L'industrie de la construction préfère s’adapter plutôt que de fermer des chantiers

La gestion des grands projets de construction et la mise en place de nouvelles mesures d’hygiène en milieu de travail dans cette industrie auront inévitablement des répercussions sur les coûts de production, mais il est préférable de s’adapter à cette nouvelle réalité que d’assister à une nouvelle fermeture de l’industrie.

La présidente de l’entreprise JE Perron, Véronique Perron, ne se pose pas de question sur les nouvelles directives du gouvernement malgré l’impact sur les coûts.

« C’est préférable de respecter les consignes que de se faire fermer. Il faut rester ouvert », plaide Mme Perron, dont l’entreprise a mis en place toutes les directives afin de reprendre les travaux du projet de l’Axe, situé à l’angle Talbot et route 170.

« Il faut installer les sites pour le lavage des mains avec plus de roulottes pour les travailleurs. Quand il y a l’eau courante comme au chantier de l’Axe, ça se fait assez facilement, mais ça sera différent quand il n’y aura pas d’eau. Les travailleurs doivent se laver les mains quand ils arrivent au chantier. Ça fait des files derrière les lavabos. C’est évident que ça prend du temps », reprend Véronique Perron, qui croit qu’il sera possible de chiffrer ces nouvelles obligations.

La planification des travaux aura aussi une grande importance dans les prochains mois et possiblement tant et aussi longtemps que la distanciation sociale demeurera l’arme la plus efficace pour contrer la propagation du virus. Les entreprises devront apprendre à répartir la main d’oeuvre. L’une des directives émises pour les chantiers de construction est la même que celle des CHSLD : éviter de transférer les équipes d’un chantier à un autre. Selon Véronique Perron, cette règle diminue la souplesse dans la gestion des projets et nécessite une certaine adaptation.

Il y a également des limitations quant au nombre de travailleurs. Il arrive pendant un chantier qu’une entreprise souhaite faire avancer les travaux plus rapidement et décide d’accélérer le rythme en déployant plus de monde. Cette façon de faire sera plus difficile à appliquer en raison de la logistique nécessaire pour permettre les pauses et les repas.

Lundi matin, les équipes de travailleurs attendaient à tour de rôle pour faire l’entrée sur le chantier. Ils ont été accueillis par une séance d’information sur les mesures d‘hygiène qu’ils doivent respecter dès qu’ils entrent sur le site. L’entreprise a également produit un guide contenant toutes les directives.

Les entreprises de construction avaient le choix quant aux équipements de protection individuelle. Il était possible d’opter pour le masque et les lunettes. JE Perron a choisi la visière complète. Les visières adaptables sur un casque de sécurité ont été livrées juste à temps pour le début des travaux.

S’adapter

Véronique Perron croit que les changements ne font que commencer et que les entreprises devront être en mesure de s’adapter. Elle estime que les choses risquent de s’améliorer à la longue et que des ajustements seront réalisés en cours de route. Les travailleurs qui constatent des problèmes sont aussi appelés à les rapporter afin d’apporter des correctifs.

Le grand objectif poursuivi par l’entreprise est d’éviter à tout prix qu’un chantier de construction soit transformé en site d’éclosion et provoque une fermeture.