L’industrie canadienne de l’aluminium soutient désormais l’ACÉUM

Denis Villeneuve
Denis Villeneuve
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Après avoir exprimé sa déception en début de semaine au sujet de la règle d’origine touchant l’aluminium insérée dans le nouvel Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACÉUM), l’Association de l’aluminium du Canada (AAC) se dit maintenant prête à travailler avec les gouvernements pour réaliser les avantages offerts par le traité.

Selon son président, Jean Simard, l’accord apportera des avantages importants à l’économie canadienne dans son ensemble ainsi qu’à l’industrie, après analyse du dossier.

Parmi les éléments contenus, l’AAC constate qu’il sera possible de travailler sur la concurrence déloyale, dont l’entrée illégitime de produits en aluminium sur le continent en provenance de pays tiers. L’AAC mise, entre autres, sur le modèle canadien de surveillance des importations (LMIC) mis sur pied par la ministre Chrystia Freeland l’été dernier. Ce système offre une visibilité stratégique sur les importations de produits en aluminium au Canada.

« Dans le cadre de la collaboration en cours entre le gouvernement du Canada et l’industrie, nous avons l’intention d’entamer des discussions avec le gouvernement pour encourager le Mexique à mettre en oeuvre une mesure similaire, ce qui contribuerait à limiter l’arrivée de produits non conformes aux règles de l’accord entre nos trois pays », a indiqué M. Simard par voie de communiqué.

Rio Tinto

Chez Rio Tinto Aluminium, le chef de la direction, Alf Barrios, a déclaré que « Rio Tinto [était] satisfait de l’entente conclue cette semaine sur l’ACÉUM. L’accord contribuera à renforcer les relations commerciales entre le Canada et les États-Unis et représente une étape importante pour l’avenir de l’industrie de l’aluminium et de la production dans la région. »

La nouvelle position de l’AAC a incité le syndicat Unifor et son président, Renaud Gagné, à souligner le signal positif émis. « Maintenant que l’industrie entend travailler à valoriser l’ACÉUM, je pense qu’il est un peu difficile de justifier une position inverse. Quand l’industrie est confiante, ça ne peut qu’être de bon augure pour les emplois », a déclaré M. Gagné.

Malgré tout, le syndicat considère qu’il est injuste que l’aluminium ne bénéficie pas du même traitement que l’acier. Il sera nécessaire de demeurer vigilant et de s’assurer de mettre en place des moyens de surveillance quant à l’importation d’aluminium chinois au Mexique. Unifor a l’intention de travailler avec les acteurs présents pour s’assurer que la situation ne mette pas en danger les emplois au Québec.