Un citoyen de Saint-Ludger-de-Milot dénonce le manque d’entretien d’un chemin menant à une rampe de mise à l’eau d’Hydro-Québec. Deux ponts sont fermés depuis quelques années

L’inaccessibilité d’une rampe de mise l’eau dénoncée

Des amateurs de chasse et de pêche dénoncent le mauvais entretien du chemin d’accès à une rampe de mise à l’eau construite par Hydro-Québec sur le réservoir Péribonka lors de la construction de la centrale hydroélectrique du même nom. Deux ponts sont fermés dans le secteur situé au kilomètre 96 du chemin des Passes-dangereuses.

Malgré les affichages témoignant de la fermeture des ponts, les chasseurs et pêcheurs n’hésitent pas à emprunter la route dans ce secteur afin d’accéder au point d’eau. Il s’agit là d’une source de danger pour certains.

Citoyen de Saint-Ludger-de-Milot, Gaétan Sirois se désole de ne pas avoir accès, en toute sécurité, à une telle installation. « Ce que je trouve déplorable, c’est qu’Hydro-Québec ne respecte pas ses engagements. Lors de la construction du barrage, il y a eu l’ajout de cette rampe de mise à l’eau qui a coûté des centaines de milliers de dollars. Si j’en parle, ce n’est pas seulement pour mes loisirs personnels, c’est pour l’ensemble des citoyens », a expliqué celui qui possède un chalet près du site.

Contrairement à ce que plusieurs habitués du secteur croient, l’entretien du chemin n’est pas sous la responsabilité d’Hydro-Québec.

Le premier pont est fermé depuis 2004 alors que le deuxième a subi le même sort en 2016. Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), qui a la responsabilité de décréter la fermeture de traverses de cours d’eau ou de chemins, l’a fait pour des raisons de sécurité. Une inspection des ponts a permis de constater la détérioration des structures, ce qui compromettait leur capacité de charge.

Questionnée quant à de potentiels projets de réfection des deux ponts, la conseillère en communication à la direction générale du secteur nord-est du MFFP, Catherine Thibeault, soutient que « le gouvernement n’a pas l’obligation légale ni le budget nécessaire pour entretenir le réseau des chemins multiusage en milieu forestier ».

Mme Thibeault rappelle que le principe d’utilisateur-payeur s’applique aux chemins du genre et que des programmes d’aide financière existent. Ainsi, les différentes parties prenantes peuvent participer aux appels de projets.

Le chemin menant à la rampe de mise à l’eau d’Hydro-Québec est sous la responsabilités du Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) qui est à l’origine de la fermeture des deux ponts.

Elle ajoute que le réseau régional des chemins sur le territoire public a littéralement explosé au cours des dernières années. Les chemins et ramifications de la région représentent, aujourd’hui, plus de 100 000 kilomètres.

Mme Thibeault tient à mentionner que toute personne qui utilise un chemin ou un pont fermé par le MFFP s’expose à une amende. Ainsi, le MFPP invite les usagers à utiliser un tracé alternatif.

Hydro-Québec réfute la responsabilité et le devoir d’entretien de la route menant à sa rampe de mise à l’eau, assurant plutôt qu’il s’agit d’une route forestière se retrouvant sous la responsabilité du MFFP.

Le conseiller aux relations avec le milieu Saguenay–Lac-Saint-Jean chez Hydro-Québec, Vincent Paquin, rappelle que le réservoir Péribonka est accessible grâce à d’autres rampes d’accès, soit via le chemin principal de la centrale Péribonka IV (KM 76) et via le chemin des Ponts, au kilomètre 121.

La MRC de Maria-Chapdelaine confirme avoir reçu une plainte provenant d’un citoyen à ce sujet. Par ailleurs, aucune association n’a interpellé la MRC afin d’assurer une mise à niveau du chemin menant au débarcadère.

Contacté à ce sujet, le directeur général et secrétaire-trésorier par intérim de la MRC de Maria-Chapdelaine, Christian Bouchard, a confirmé au Progrès que des démarches seraient faites auprès de la direction d’Hydro-Québec afin de trouver une solution.

De son côté, le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (MERN) assure être au fait de la situation.

Un relationniste de presse à la direction des communications au MERN et au MFFP a confirmé que « le ministère a communiqué avec Hydro-Québec le 4 octobre 2018 afin de faire le point sur le dossier et l’état d’avancement des démarches de l’entreprise ».