L’importance de sensibiliser les jeunes

Le 17 octobre prochain, le Saguenay ne connaîtra pas une révolution avec l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur la légalisation du cannabis. Cependant, les efforts d’éducation et de sensibilisation devront se poursuivre auprès des jeunes sur les dangers de la surconsommation de ce stupéfiant.

Ce message a été livré mercredi par Hubert Marceau, directeur du développement chez Laboratoire PhytoChemia, Jean-François Betala Belinga, médecin-conseil à la Direction de la santé publique au CIUSSS, Laurent Coulloudon, psychiatre au CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean, et Kevin Armstrong, président de la commission de la sécurité publique de Saguenay, qui étaient invités au Cercle de presse du Saguenay. Ils étaient appuyés par Bruno Cormier, porte-parole du Service de police de Saguenay (SPS), et sa collègue Andréanne Nolin, agente de prévention.

Selon M. Armstrong, les policiers sont prêts à faire face à la légalisation du cannabis. Ils disposeront des outils nécessaires pour identifier les automobilistes intoxiqués et pour poursuivre la lutte aux trafiquants ou producteurs illégaux, notamment grâce à la présence d’une équipe d’enquêteurs actifs jour et nuit. L’objectif du service sera de continuer à assurer la paix et le bon ordre en appliquant la réglementation municipale qui interdit toute consommation ou présence d’individus intoxiqués dans les lieux publics.

Ceci dit, M. Cormier a mentionné qu’il ne faut pas s’attendre à une intervention policière d’envergure chaque fois qu’une odeur de cannabis flottera dans un lieu public ou lors d’un spectacle.

M. Armstrong a mentionné que la réglementation municipale interdira la consommation dans un lieu public, mais qu’il serait surprenant que tous les propriétaires de logement l’interdisent. Les terrasses et balcons privés serviront de fumoirs. « Il ne faut pas se créer de problèmes inutilement », affirme-t-il.

Selon les données fournies, le SPS a cumulé en 2017 un total de 13 dossiers de facultés affaiblies par la drogue comparativement à 19 interventions en 2018, pour toutes drogues confondues.

Un total de 300 individus ont été arrêtés pour facultés affaiblies par l’alcool, selon M. Armstrong.

Hubert Marceau, directeur du développement chez Laboratoire PhytoChemia, Jean-François Betala Belinga, médecin-conseil à la Direction de la santé publique au CIUSSS, Laurent Coulloudon, psychiatre au CIUSSS, et Kevin Armstrong, président de la commission de la sécurité publique de Saguenay, ont discuté de l’entrée en vigueur de la nouvelle loi légalisant la consommation du cannabis.

Santé publique

Du point de vue de la santé publique, la réglementation adoptée aura pour effet de concentrer les personnes consommatrices dans des lieux clos, ce qui risque de les surexposer à la fumée du cannabis avec les risques que cela comporte.

Selon M. Betala Belinga, le nouveau contexte légal devrait inciter tous les intervenants en santé à poser des gestes de prévention en informant les jeunes sur les dangers d’une surconsommation de cannabis, ses effets possibles et sa prévalence sur le développement de psychose et de troubles d’anxiété ou d’apprentissage. « Toute surconsommation de substances a des effets sur la santé. Même la surconsommation de café a des effets sur la santé. L’alcool et la cigarette peuvent donner le cancer. Jusqu’à 15 % des jeunes consomment du cannabis. On n’a pas pris le temps de leur expliquer les conséquences de la surconsommation. Je crois qu’il faut porter nos efforts pour informer ces jeunes. »

Bruno Cormier, porte-parole du Service de police de Saguenay.

Manque de psychiatres

Selon M. Coulloudon, il est évident qu’avec la légalisation, il y a un risque d’augmentation du développement de troubles psychiques. Selon lui, la région est plus ou moins équipée pour faire face à une hausse de la demande en psychiatrie avec un plan d’effectifs en déficit de huit psychiatres.

Actuellement, 14 psychiatres sont en pratique sur les 22 prévus. « S’il y a une hausse de prévalence, on craint de ne pouvoir assurer tous les services. On aimerait recruter et avoir du soutien par rapport au programme Premier épisode psychiatrique. »

L’un des effets bénéfiques de la légalisation, selon M. Coulloudon, est que de plus en plus de personnes afficheront plus ouvertement leur consommation et leur dépendance à leur médecin, de sorte qu’il sera plus facile de prendre ces patients en charge pour leur prodiguer des soins.