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L’implantation de mesures de conciliation travail-famille : un incontournable

Denis Villeneuve
Denis Villeneuve
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
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L’implantation de mesures de conciliation travail-famille (CTF) est devenue un incontournable, au sein des entreprises qui désirent demeurer compétitives dans un marché du travail où les employeurs s’arrachent certaines catégories de travailleurs.

Les participants au dernier Rendez-vous Ressources humaines, organisé par la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le-Fjord, ont pu aborder le sujet avec les conférencières Marianne Roberge et Catherine Émond, consultantes en ressources humaines au sein de Go RH.

Lors des échanges ponctués de mini-sondages, les conférencières ont souligné que la mise en place de CTF tient compte de l’importance des priorités familiales prises au sens large, que ce soit pour les enfants, un oncle, un grand-parent ou même une voisine esseulée.

À partir de sondages réalisés dans le passé auprès de divers groupes d’employés, Mme Roberge a révélé que l’important pour les employés de tous les milieux de travail est d’être disponibles pour leurs proches, ne pas ressentir de pression, lors de l’utilisation de mesures de CTF, et de ne pas subir d’impact lors d’une absence, que ce soit sur la charge de travail à accomplir ou sur les collègues.

Selon les données recueillies par le réseau Québec Familles, il est démontré que la mise en place de mesures de CTF améliore la satisfaction au travail dans une proportion de 87 %, la motivation chez 85 % des répondants ainsi que le goût de demeurer dans son emploi (80 %).

En ce qui a trait aux coûts pour les entreprises reliés à l’implantation de telles mesures, Mmes Roberge et Émond soutiennent que certaines peuvent être plus coûteuses que d’autres. L’écoute des gestionnaires auprès des employés est gratuite, tandis que l’implantation d’une garderie en milieu de travail se situe à l’autre extrémité.

Selon les deux spécialistes, il y a un coût à assumer également pour les entreprises qui préfèrent se camper dans l’inaction. L’insatisfaction des employés, l’absentéisme, des départs causant la perte d’expertise, des difficultés de recrutement, du stress, un mauvais climat de travail figurent dans la liste des conséquences. « C’est une grosse erreur de croire que des mesures de CTF ne sont pas un besoin. C’est certain que l’employé va toujours prioriser cette partie de sa vie qu’est la famille », affirme Mme Roberge.

L’affirmation est également vraie dans des milieux de travail principalement masculins, ajoute-t-elle.

Les participants ont pu entendre le témoignage de Valérie Rancourt-Grenier, vice-président RH et actionnaire chez L.G. Cloutier, une entrepris qui exploite deux usines de fabrication de pièces métalliques en Chaudière-Appalaches et à Québec. Le personnel fortement masculin bénéficie de beaucoup de mesures de flexibilité, à commencer par l’instauration de six horaires de travail au choix des travailleurs en fonction de leur rythme de vie. Des horaires de 40 heures condensés sur quatre jours, des horaires réguliers sur cinq jours avec entrées à des heures variables, sont à la carte. Même si les exagérations ou abus de confiance sont toujours à surveiller, Mme Rancourt-Grenier y voit plusieurs effets positifs, par exemple la possibilité pour un travailleur œuvrant sur quatre jours d’effectuer des heures supplémentaires lors d’une cinquième journée.

Les conférencières ont conclu qu’il existe une kyrielle de mesures possibles pour répondre aux besoins des travailleurs, mais que l’important, avant de se lancer dans un cadre d’implantation, est de bien identifier les besoins de sa main-d’oeuvre et de dresser un portrait de situation en procédant à la formation de comités de travail paritaire.