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L’impact de la pandémie sur le deuil étudié à l’UQAC

Stéphane Bouchard
Stéphane Bouchard
Le Quotidien
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Un professeur de l’UQAC, Jacques Cherblanc, lance une vaste étude sur le deuil dans le contexte de la pandémie de COVID-19.

En 2020, 75 000 personnes sont mortes au Québec, toutes causes confondues, selon les chiffres de l’Institut de la statistique du Québec.

Jacques Cherblanc, docteur en science politique et en sciences des religions, précise en entrevue que l’on compte en moyenne neuf personnes endeuillées par décès. C’est donc dire qu’environ 675 000 personnes ont perdu un proche pendant une année marquée par la distanciation sociale et l’interdiction des rassemblements.

Ces centaines de milliers de personnes n’ont pas pu accompagner leur proche dans leurs derniers instants et vivre les rituels propres à la mort.

C’est cette situation extraordinaire que Jacques Cherblanc veut étudier, avec ses collègues de l’UQAC Christiane Bergeron-Leclerc, Danielle Maltais et Chantale Simard, en plus de chercheurs de l’Université du Québec en Outaouais et de l’Université de Waterloo.


« Notre objectif, c’est d’avoir des résultats assez rapidement pour pouvoir adapter les soins et les rituels funéraires, si on doit poursuivre avec les restrictions sanitaires dans les prochains mois. »
Jacques Cherblanc, professeur à L'UQAC

Une fois les premiers résultats compilés, lui et son équipe pourront émettre des recommandations aux milieux de soins et aux salons funéraires. On y retrouvera ce qui a bien fonctionné et ce qui a été « un facteur contraignant de deuil ».

« Il y a des personnes qui ont appris que leur grand-père était mourant. Il est mort. Trois jours plus tard, ils recevaient les cendres. Ce sont des choses qui sont arrivées au Québec », illustre le chercheur, à propos du contexte dans lequel certaines personnes ont perdu un être cher.

L’hypothèse à la base de l’étude est que la COVID-19 a entraîné des complications du deuil. Sur le long terme, il est même possible de présumer que la pandémie causée par le coronavirus entraînera une augmentation des cas de deuil pathologique, estime M. Cherblanc.

« C’est normal d’être particulièrement affecté par la perte d’un proche. Si les effets du deuil ne reviennent pas à quelque chose de gérable, que la personne n’est plus capable de sortir de chez elle, de travailler [...] qu’elle ne veut pas passer à autre chose pendant une longue période de temps, on parle de deuil pathologique. »

L’objectif, à terme, serait de mieux accompagner les personnes qui ne peuvent se remettre de la mort d’une personne de leur entourage.

Questionnaire

Ceux qui aimeraient participer à l’étude peuvent dès maintenant remplir le questionnaire accessible en ligne. La seule condition est d’avoir vécu le décès de quelqu’un pendant la pandémie qui a débuté il y a un an.

Parmi les répondants, les chercheurs sélectionneront une soixantaine de personnes pour effectuer des entrevues plus poussées.

La participation s’étend à tous les francophones du Canada. La même étude est menée dans d’autres pays, notamment la France, la Belgique, la Suisse, l’Italie, l’Espage et le Portugal.