Le bloc opératoire de l’hôpital de Chicoutimi a été jugé vétuste par la Vérificatrice générale du Québec.

L’hôpital de Chicoutimi visé par la VG

Étant la cible de la Vérificatrice générale dans son rapport pour ce qui est de l’hôpital de Chicoutimi, principalement pour son bloc opératoire vieillissant, le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean accepte l’ensemble des recommandations émises. « On n’est pas étonnés par le rapport et il y a des choses qu’on essaie d’améliorer », a commenté Jean-François St-Gelais, adjoint à la PDG et chef des relations médias et communications publiques.

Dans son rapport, la VG y allait de dix recommandations, auxquelles ont adhéré les trois hôpitaux étudiés, comprenant aussi les hôpitaux général juif et de Saint-Jérôme. L’exercice d’enquête s’est déroulé dans la période comprise entre septembre 2017 et mars 2018 et en se basant sur les exercices 2013-2014 à 2015-2016.

Pour Chicoutimi, c’est principalement le bloc opératoire qui a été visé. « Dans le plan clinique de l’hôpital de Chicoutimi, l’organisation spatiale du bloc opératoire, de la salle de réveil et du secteur de la chirurgie d’un jour ne répond pas aux recommandations et aux critères de conception et d’aménagement du ministère. Pour ces deux centres hospitaliers (NDLR : Saint-Jérôme aussi), le matériel stérilisé croise celui qui n’est pas stérilisé et les corridors sont encombrés de matériel », a-t-elle écrit.

« C’est certain qu’il y a des risques d’infection », a-t-elle ajouté, lors de sa conférence de presse tenue à Québec.

Même si Guylaine Leclerc était particulièrement critique envers la vétusté du bloc opératoire, déjà, dans son rapport, elle rappelait que son remplacement était annoncé. « Le projet de l’hôpital de Chicoutimi est étudié depuis 2004. Le coût total est estimé à 83,3 millions de dollars pour la relocalisation du bloc opératoire, du secteur de la chirurgie d’un jour et de l’unité de stérilisation. En janvier 2018, le MSSS a donné l’autorisation de démarrer des études pour le projet d’agrandissement et de réaménagement du bloc opératoire de 14 salles, du secteur de la chirurgie d’un jour et de l’unité de stérilisation. »

« On le sait qu’il est vétuste », a reconnu Jean-François St-Gelais.

Mieux pour les chirurgies
Cependant, il n’y avait pas que des mauvaises nouvelles dans le rapport pour l’hôpital de Chicoutimi, notamment pour ce qui est des délais pour les chirurgies.

En effet, du côté des opérations en lien avec le cancer, l’hôpital de Chicoutimi fait belle figure. La cible à atteindre est d’opérer en moins de 28 jours. Alors que la moyenne provinciale en 2015-2016 était un dépassement du délai dans 39 % des cas, la proportion se situait tout juste sous les 10 % pour l’hôpital de Chicoutimi. Il s’agissait en plus d’une nette augmentation par rapport aux deux années précédentes quand les taux oscillaient plutôt autour de 20 %.

« Dans les chirurgies générales, on est à 95 % de la cible », a indiqué l’adjoint à la PDG. Ainsi, seulement 5 % des chirurgies non oncologiques ont été réalisées au-delà du délai d’attente de six mois, contre une moyenne provinciale de 8 %. Il n’y a que dans les chirurgies orthopédiques où l’hôpital de Chicoutimi fait moins bien avec une proportion (14 %) supérieure à la moyenne provinciale (12 %). « En orthopédie, la problématique, c’est la demande qui est forte », a expliqué M. St-Gelais, en ajoutant que l’hôpital avait dû faire face à l’absence d’un orthopédiste. Il a indiqué qu’il arrive également que des cas soient transférés du côté d’Alma.

Vétusté des équipements
Pour ce qui est de la vétusté des équipements, l’hôpital de Chicoutimi fait mieux que la moyenne provinciale. Selon les tableaux compris dans le rapport, 17 % des équipements sont jugés vétustes alors que la moyenne provinciale est de 22 %. Quant aux équipements dédiés pour les chirurgies, le portrait est le même alors que le quart des équipements est vétuste, pour une moyenne du tiers à la grandeur du Québec. « La population n’est pas à risque, a tenu à préciser Jean-François St-Gelais. On m’assure du côté du DSP (directeur des services professionnels) qu’il n’y a pas de risque pour les patients. » Avec La Presse canadienne

+ Le Comité des usagers satisfait

La coordonnatrice du Comité des usagers de Chicoutimi, Chantale Goupil, se dit « satisfaite des recommandations de la Vérificatrice générale qui visent à améliorer la méthode de calcul du temps d’attente et la qualité des données. Nous avons l’impression que cela aura un impact réel sur le temps d’attente des usagers pour leur chirurgie et le respect de leurs droits ». Dans un communiqué, l’organisme révèle avoir collaboré avec la VG dans la réalisation de son audit de performance. 

Toutefois, le comité « va demeurer vigilant sur le suivi de cet engagement et invite les usagers qui souhaitent témoigner de leur expérience à contacter le comité ».

+ «Dévastateur», selon le PQ

(Caroline Plante, Presse canadienne) – C’est un rapport «dévastateur» qui démontre «l’échec libéral», a martelé, mercredi, la porte-parole du Parti québécois (PQ) en matière de santé, Diane Lamarre.

«Est-ce que le ministre de la Santé peut nous expliquer pourquoi la seule chose qui s’est améliorée dans les chirurgies, c’est la rémunération des médecins?» a-t-elle demandé au Salon bleu. 

Gaétan Barrette a répondu que si la vérificatrice avait pris en compte les nouveaux investissements de son gouvernement en santé, «qui ont fait en sorte que 22 000 chirurgies de plus ont été faites», cela aurait donné un total de 657 000 chirurgies. «On s’approcherait de 10 pour cent d’augmentation», s’est-il défendu.