Le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, André Lamontagne, espère que des solutions durables seront trouvées aux problèmes de main-d’oeuvre de l’industrie.
Le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, André Lamontagne, espère que des solutions durables seront trouvées aux problèmes de main-d’oeuvre de l’industrie.

L’hécatombe en agriculture évitée, se réjouit le ministre André Lamontagne

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
Le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, André Lamontagne, peut dire aujourd’hui «mission accomplie» pour ce vaste pôle économique où l’on prédisait une véritable hécatombe au début de la pandémie. En effet, la réalité sur le terrain permet au principal intéressé de tirer des conclusions positives malgré les problèmes qui persistent.

«On parlait des fraises. Que l’année serait difficile. Finalement, c’est une de leur très bonne année avec la popularité de l’autocueillette», tranche en début d’entrevue le ministre au cours d’une visite au Saguenay-Lac-Saint-Jean pour différentes annonces.

La crise entourant la venue au Canada des travailleurs étrangers a été la source de nombreuses inquiétudes. Ces derniers constituent aujourd’hui un rouage important de toute la chaîne de production à partir des champs jusque dans les usines de transformation de viande et de produits de la mer.

De l’extérieur, les problèmes découlant du risque de pénurie de main-d’œuvre donnaient la perception que le secteur agricole était fragile. André Lamontagne ne partage pas ce point de vue et répond que le secteur de l’agriculture, comme plusieurs autres pôles économiques du Québec, doit faire face à un enjeu de main-d’œuvre important qu’il faut résoudre avec des solutions à long terme par la mécanisation quand c’est possible, tout en rendant ces emplois intéressants.

«Nous espérons que les travailleurs étrangers finissent par s’installer au Québec à la longue. On doit aussi procéder à la mécanisation des opérations. Mais ce sont sensiblement les mêmes dynamiques que pour l’ensemble de l’économie», plaide le ministre, qui considère que l’agriculture a repris ses lettres de noblesse pendant la pandémie alors que la population a constaté l’importance d’assurer la sécurité alimentaire sur notre territoire.

Finalement, le Québec, qui accueille chaque année 11 000 travailleurs étrangers pour le secteur de l’agriculture, a atteint 85 % de ce besoin de main-d’œuvre. Certes, reprend le ministre, la répartition n’a pas été égale partout, mais le pire a été évité.

Les Québécois vont aussi faire leur part pour combler la diminution des travailleurs étrangers. André Lamontagne dévoile des chiffres qui contredisent une fois de plus des idées véhiculées concernant la difficulté de recruter des travailleurs pour les emplois dans les récoltes.

«Nous avons en ce moment 3000 travailleurs qui bénéficient du programme de soutien où le gouvernement verse à l’employé une prime de 100 $ quand il est plus de 25 heures par semaine à l’emploi: 14 000 personnes ont déposé un CV pour travailler en agriculture», ajoute le ministre, qui aurait bien aimé que l’on mette en valeur ces succès au lieu de présenter uniquement le revers sombre de la médaille.

Le secteur agricole a aussi été dans l’obligation de s’ajuster à la période de confinement et à la paralysie de l’industrie de la restauration. André Lamontagne rappelle que 35 % de la production agroalimentaire du Québec va directement dans les secteurs de la restauration et de l’hôtellerie.

«Du jour au lendemain, c’est toute la chaîne d’approvisionnement qu’il a fallu modifier. Les gens ont réussi à s’adapter. Quand vous livrez de la crème dans les restaurants et qu’ils ferment leurs portes, il faut trouver un autre marché», résume le ministre, également satisfait de la rapidité avec laquelle toute l’industrie agroalimentaire a réussi à procéder aux ajustements nécessaires pour répondre à des nouvelles demandes.

Chaque matin, explique le ministre, les représentants des neuf secteurs agricoles se retrouvaient à la même table afin d’analyser l’évolution de la situation et procéder aux ajustements nécessaires.