L’usine de canettes d’eau et de diverses boissons est située dans le parc industriel d’Arvida, sur la rue Bauman.
L’usine de canettes d’eau et de diverses boissons est située dans le parc industriel d’Arvida, sur la rue Bauman.

L'exploitation de la nappe phréatique de Laterrière met Saguenay sur ses gardes

Laura Lévesque
Laura Lévesque
Le Quotidien
Des élus de Saguenay se méfient du projet d’exploitation commerciale de la nappe phréatique de Laterrière, refusant aux promoteurs l’aménagement d’un chemin d’accès pour transporter l’eau en vrac. Un enjeu de transport qui survient quelques mois avant l’ouverture prévue de l’usine située à Arvida.

Les promoteurs, dont Gazon Savard, sont en effet bien avancés dans le projet. L’usine, achetée récemment sur la rue Bauman, vient d’accueillir sa ligne de remplissage de canettes. Les promoteurs, en collaboration avec des chercheurs universitaires, sont à l’étape des tests de goût pour la gamme de boissons. L’ouverture prévue au cours du printemps ou de l’été 2021 pourrait être retardée. 

Les élus ont récemment refusé la création d’un chemin routier sur le terrain agricole de Gazon Savard, sur le rang Saint-Isidore, qui aurait permis aux promoteurs de transporter l’eau par camion vers Arvida. Ce refus est notamment justifié par l’interdiction de la circulation de camion sur l’ancienne autoroute. Cette décision a aussi été prise, car le transport par camion contreviendrait aux conditions émises par la Ville en échange de l’exploitation de cette nappe.

« Il y avait deux conditions pour que les promoteurs puissent exploiter l’eau : que l’usine soit construite sur le site même à Laterrière ou l’installation de conduites d’eau qui mènent jusqu’à l’usine. On ne semble pas aller dans l’une de ces options chez les promoteurs », laisse tomber Michel Potvin, conseiller municipal, rappelant que cette décision a été adoptée par l’ensemble du conseil.

Ces conditions, précise-t-il, avaient été imaginées au départ pour s’assurer que l’eau en vrac ne quitte pas le Saguenay–Lac-Saint-Jean pour être embouteillée ou transformée à l’extérieur de la région. « Si, dans deux ou trois ans, ils veulent amener l’eau ailleurs, ils pourraient le faire. Oui, on pourrait inscrire dans un permis que l’exploitation est autorisée tant et aussi longtemps que l’usine reste dans la région. Mais après trois ans, il y a une chance qu’on l’oublie. Les conditions de base, les conduites ou l’usine près du site, existent et ont été oubliées », pointe Michel Potvin. 

L’usine de canettes d’eau et de diverses boissons est située dans le parc industriel d’Arvida, sur la rue Bauman

En effet, les promoteurs visent le transport en vrac vers Arvida pour leur usine de canettes. Pas question de construire des kilomètres de conduites pour transporter l’eau, ce qui nécessiterait des investissements majeurs. 

Joints au cours des derniers jours, les promoteurs n’ont pas voulu accorder une entrevue sur le sujet, du moins pour le moment. Ils souhaitent dénouer l’impasse avec la Ville et prévoient proposer des solutions. 

Est-ce que les craintes des élus de voir quitter de la région l’eau en vrac sont justifiées ? Pas du tout, insiste l’un des promoteurs, rappelant que transporter l’eau en vrac sur une longue distance ne serait pas rentable et que la transformation doit se faire tout près de la source. 

D’ailleurs, selon ce qu’il a été possible d’apprendre, de l’eau provenant d’autres sources sera utilisée pour la fabrication de différents produits. 

Le nom de la gamme de boissons à valeur ajoutée et de l’eau n’a pas encore été confirmé. Il a régulièrement été question d’Aqua Fjord comme nom temporaire du projet, au cours des dernières années.