L'étudiant à la maîtrise en sciences cliniques et biomédicales à l'Université du Québec à Chicoutimi, Maxime St-Pierre, souhaite découvrir si les méthodes d'exercices utilisées par l'organisme Cardi-O-Forme sont bel et bien efficaces pour améliorer la condition physique des participants.

L'exercice au secours des malades chroniques

PAGE UQAC / C'est bien connu, l'exercice est bon pour la santé, et encore plus pour les personnes qui souffrent de maladies chroniques ou pathologiques. L'organisme communautaire à but non lucratif Cardi-O-Forme s'est d'ailleurs spécialisé dans les programmes d'exercices dans un but de réhabilitation cardiaque.
L'étudiant à la maîtrise en sciences cliniques et biomédicales de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), Maxime St-Pierre, a choisi comme projet de recherche d'étudier si les méthodes appliquées par Cardi-O-Forme ont un réel impact sur les participants.
«Ce qu'on veut vérifier, c'est si ce programme, qui dure de huit à douze semaines, augmente la condition physique des participants. Avec la science, c'est une connaissance coulée dans le béton que la réadaptation cardiaque est très bénéfique. Sauf qu'on n'a pas de données par rapport à ce qui se passe ici, pour savoir si concrètement c'est efficace», explique M. St-Pierre.
Il a donc choisi d'étudier les dossiers médicaux des participants, avec l'approbation du comité d'éthique. À partir des notes de la cardiologue qui s'occupe du programme et de quelques éléments du dossier, Maxime St-Pierre a pu faire une comparaison avant et après le programme. « On est capable de faire des analyses statistiques pour évaluer l'effet sur les participants », raconte l'étudiant.
M. St-Pierre vient d'ailleurs tout juste de recevoir les premières analyses. «Présentement, le programme a l'air très concluant. On peut dire, pour l'instant, qu'il augmente la capacité cardio-respiratoire de 1,4 mets (équivalent métabolique, c'est-à-dire ce que le métabolisme va consommer en oxygène au repos). La Société canadienne de cardiologie détermine qu'un programme est efficace s'il augmente la capacité de 1 met. Ça permet de diminuer le risque de mortalité de 25 % pendant l'année qui suit», explique-t-il.
«Ce qui est intéressant de savoir, c'est que le programme de Cardi-O-Forme est efficace. Et ça permet à l'organisme d'avoir des données qui le prouvent. Peut-être que ça va motiver plus de personnes à participer, puisqu'elles vont voir qu'il y a un impact réel sur leur santé», ajoute Maxime St-Pierre.
Un intérêt pour la recherche
M. St-Pierre a commencé ses études en kinésiologie à l'UQAC. « Pendant mon bac, je me suis aperçu qu'avec mon travail, je pouvais vraiment améliorer la condition de vie des gens aux prises avec des maladies pathologiques. Au début, je me suis lancé dans la maîtrise pour me spécialiser dans un domaine. Je ne savais pas du tout ce qu'était la recherche ! Mais au fur et à mesure, j'ai de plus en plus aimé la recherche, et c'est ce que je veux faire comme carrière maintenant ! », raconte-t-il.
Selon lui, c'est sa directrice de recherche, Patricia Blackburn, qui a réussi à lui insuffler cet intérêt pour la recherche. «Grâce à son enseignement au baccalauréat, j'ai pu connaître différentes facettes de la kinésiologie que je ne connaissais pas. Le désir d'en savoir plus est né à ce moment», affirme-t-il.
«Ce que j'aime là-dedans, c'est la découverte de nouvelles méthodes qui vont permettre d'améliorer la vie d'individus. C'est un peu comme si on défrichait un terrain et qu'on construisait une maison. On construit une connaissance dans son domaine», ajoute-t-il.
D'ailleurs, Maxime St-Pierre a choisi de poursuivre ses études au doctorat. Comme il devrait terminer sa maîtrise au printemps, son futur projet de recherche est déjà bien pensé. «Ça va être un projet semblable, mais pas sur le même sujet. Il va porter sur la chirurgie bariatrique. Par exemple, connaître quelles sont les méthodes d'entraînement les plus efficaces pour éviter des problèmes de santé de gens qui ont eu cette maladie. Pour le moment, il n'existe aucune donnée de disponible. On sait que l'entraînement est très bien, mais on ne sait pas qu'est-ce qu'on doit faire exactement», conclut-il.
Rester assis, un risque pour la santé
Les entreprises devraient travailler avec leurs employés pour leur permettre de bouger pendant la journée, selon le kinésiologue et étudiant à la maîtrise en sciences cliniques et biomédicales à l'Université du Québec à Chicoutimi, Maxime St-Pierre.
Selon lui, les recherches en santé démontrent que le nombre d'heures passées dans un mode sédentaire (être assis par exemple) a un impact sur la santé des gens. «Le temps de sédentarité est un aspect émergeant dans les recherches. Plus on est assis, plus on est sédentaire, plus on augmente les risques sur notre santé», explique-t-il.
Il conseille donc aux gens de se lever et de bouger quelques minutes par jour. «Je crois qu'on devrait développer des activités en entreprise pour aider les gens à bouger. Certaines en ont déjà créé sur l'heure du midi, c'est un exemple à suivre. On doit entrecouper les périodes sédentaires par les périodes actives. C'est quelque chose à promouvoir en milieu de travail», assure l'étudiant.
«Pour être en santé, ce n'est pas grand-chose que ça prend. Ce n'est même pas 15 minutes par jour. C'est différent si on veut perdre du poids, mais si on parle seulement d'être en santé et d'améliorer son pronostique de maladies, on n'a qu'à faire une quinzaine de minutes. Dépendant de l'état de la personne, l'intensité va être différente, mais ça peut être simplement de la marche», conclut-il.