Pendant que Marilyn Bouchard s’affairait à l’étage, artistes maquilleurs et coiffeuses étaient à pied d’œuvre au rez-de-chaussée du studio jonquiérois de Pigment B, qui ressemblait à une vraie fourmilière.

L'événement Une pose pour le rose double son objectif

La photographe Marilyn Bouchard, de Pigment B photo et design, espérait initialement amasser 100 000 $ grâce à la deuxième édition de la campagne Une pose pour le rose pour la cause du cancer du sein. Elle s’attend finalement à ce que quelque 200 000 $ aient pu être récoltés grâce aux 180 photographes qui se sont impliqués à travers la province dans l’événement qu’elle a fondé.

La photographe s’est livrée dimanche à un véritable marathon de la lentille dans son studio, situé sur la rue de l’Énergie, dans le quartier industriel de Jonquière. Elle s’était lancé le défi d’offrir une session photo à 200 femmes en une seule journée.

Le fonctionnement de l’événement était simple : pour 20 $, chaque femme pouvait obtenir une photo. Avant la séance, les participantes pouvaient également se faire maquiller et se faire coiffer, pour 20 $ supplémentaires. Artistes maquilleurs et coiffeuses étaient à pied d’œuvre au rez-de-chaussée du studio, qui ressemblait à une vraie fourmilière où s’affairaient une vingtaine de bénévoles, lors de notre passage, en début d’après-midi, dimanche.

À l’étage, Marilyn Bouchard recevait les femmes pour leur séance photo. Chaque séance était même minutée par une bénévole en retrait, alarme à l’appui, roulement de l’événement oblige.

En moins de deux minutes, top chrono, la photographe parvenait à établir un contact avec les participantes et à les mettre à l’aise. En quelques secondes, la complicité s’installait.

« T’es belle ! », « Ah, wow, ça c’est beau ! », « C’est trop cute ! », « J’adore ton outfit ! », « T’es trop magnifique », « Regarde, on dirait que c’est un shoot pour un magazine ! » lançait la photographe avec enthousiasme pendant ses séances tout en livrant ses directives. Loin d’être des phrases toutes faites, on sentait la sincérité dans les exclamations de la photographe.

Maquillées, coiffées et élégantes, les participantes, quelque peu nerveuses alors qu’elles attendaient leur tour sur le petit tabouret installé à l’étage, ressortaient de leur séance avec un large sourire, tout aussi enthousiastes que celle qui venait de les mettre en valeur.

« Photographier quelqu’un qui n’est pas habitué de se faire prendre en photo, qui se voit d’une autre façon – j’ai l’impression qu’on dévoile quelque chose avec cette personne-là – qui ne s’est jamais vue ainsi et qui se trouve belle, c’est l’essence d’Une pose pour le rose. C’est ma meilleure paie », a partagé la photographe, dans une courte entrevue accordée au Quotidien, tout aussi chronométrée que les séances.

À travers la province

C’est certainement cet enthousiasme communicatif qui a permis à la jeune femme de faire atteindre des proportions inattendues à sa campagne pour la cause du cancer du sein en moins de deux ans. Lors de la première édition, elle espérait remettre 3000 $ à la Société canadienne du cancer. Ce sont finalement 70 000 $ qui ont été amassés.

« À la base, Une pose pour le rose, ce n’était pas fait pour être une grosse levée de fonds provinciale, c’était un projet tout petit », a-t-elle exprimé.

Cette année, 180 photographes de la province, dont plusieurs de la région, ont décidé de relever le défi. Les séances photo se sont déroulées toute la semaine, du 1er au 8 avril.

Le montant officiel amassé durant la semaine sera dévoilé à l’occasion d’un 5 à 7, le 18 avril, à l’Usine de la Voie Maltée, à Chicoutimi. Dimanche soir, la photographe savait d’ores et déjà que l’objectif initial avait été largement dépassé et s’attendait à un décompte de 200 000 $.

Joée Boudreault faisait partie des quelques femmes de la Liste rose, une liste d’invitées spéciales, composées de femmes ayant souffert d’un cancer du sein ou qui combattent la maladie.

UNE PAUSE POUR LA CAUSE

Une pose pour le rose prenait une teinte toute spéciale pour Joée Boudreault. Après des années de souffrance à la suite d’un diagnostic de cancer du sein, tombé en 2015, elle pouvait lâcher prise, le temps de quelques heures, dimanche, et bénéficier d’un traitement VIP avant sa séance photo.

La Jonquiéroise faisait partie des quelques femmes de la Liste rose, une liste d’invitées spéciales, composées de femmes ayant souffert d’un cancer du sein ou qui combattent la maladie. Pour l’occasion, elles se faisaient maquiller, coiffer et photographier gratuitement.

Pour Joée Boudreault, si son dernier traitement de chimiothérapie remonte à mai 2016, le souvenir des épreuves traversées, lui, demeure vif. Elle a elle-même découvert la masse cancéreuse, en 2015, qui l’a amenée à consulter immédiatement. Le cancer, agressif, a nécessité plusieurs traitements de chimiothérapie et de radiothérapie. « Le plus dur, c’est de récupérer après. On pense qu’après le dernier traitement, on retrouve toute l’énergie, que c’est fini, mais ce n’est pas ça », a-t-elle partagé. Pour la dentiste, le retour du travail a été ardu. Sa famille, ses enfants et le sport lui ont permis de puiser l’énergie nécessaire pour traverser cette épreuve.

« Paradoxalement, je me suis découvert une force intérieure. J’ai appris à être en paix avec mes décisions, a partagé la femme de 45 ans, qui était rayonnante, dimanche, dans son chemisier rose porté pour l’occasion. Je n’aurais pas pensé dire ça, mais ça change la vie pour le mieux. »