Levée des contrôles routiers: trois conseillers de Saguenay inquiets

La position du maire de Dolbeau-Mistassini Pascal Cloutier de ralentir la cadence pour l’ouverture des routes reliant la région au reste de la province fait du chemin et sera vraisemblablement amenée au conseil de Saguenay lundi alors qu’au moins trois conseillers aimeraient bien que la Santé publique réévalue des éléments de la politique de déconfinement qui doit débuter le 11 mai.

Le président de promotion Saguenay et conseiller municipal Michel Potvin a déclaré qu’une période de deux à trois semaines additionnelles est nécessaire, selon lui. Pour le moment, précise-t-il, la majorité des entreprises ne sont pas prêtes pour la mise en place des mesures de distanciation sociale. Comme le mentionne le conseiller, le «11 mai c’est demain».

«Les grandes entreprises qui ont des moyens ont déjà des mesures en place. Mais il faut penser aux petites entreprises. Promotion Saguenay a formé une escouade pour leur venir en aide, mais ça va demander quelques semaines. Les décisions que nous prenons dans les prochains jours seront déterminantes pour la suite des choses et il est préférable de mieux se préparer.»

Le président de Promotion Saguenay ne voit aucun gain à autoriser l’ouverture des routes : «De toute façon, on ne perd pas de touriste, ils ne viendront pas. Il faut former un groupe d’achat pour du matériel pour les PME et surtout fournir de l’expertise», reprend le conseiller municipal qui verrait bien le conseil de Saguenay prendre une position de prudence.

«Il ne faut pas oublier que si nous manquons notre coup pour le déconfinement et que la propagation du virus reprend de plus belle, tout est à recommencer et ça va devenir très difficile pour tout le monde», a conclu le conseiller Potvin.

Son collègue de La Baie, Martin Harvey, qui a renouvelé sa formation d’ambulancier dans le cadre de la pandémie, estime qu’une résolution pour demander à la Direction de la santé publique de revoir sa décision sur l’ouverture des routes serait raisonnable dans les circonstances.

L’ambulancier note que la situation est loin d’être sous contrôle dans la métropole. À partir du moment où l’accès sera permis pour entrer dans la région, il est convaincu que plusieurs propriétaires de chalets qui habitent près de Montréal voudront venir dans la région. «On doit continuer à permettre la circulation pour les biens et les services essentiels. C’est ce que nous avons fait et la stratégie a bien fonction. Il faut à tout prix diminuer le risque d’avoir des sources potentielles d’introduction du virus dans la région puisqu’il est déjà présent.»

Jean-Marc Crevier est le troisième conseiller municipal à soulever des questions sur l’ouverture des routes le 11 mai prochain avec la reprise des activités. Il a aussi été questionné par des citoyens qui ont également des doutes face à cette décision.

«On sait combien il y a des personnes qui habitent dans la région de Montréal et qui ont de la famille ici ou qui possèdent des chalets. Si les gens commencent à venir dans la région sans raison autre que venir à leur chalet ou dans leur famille, ça représente un risque», avance le conseiller.

Il rejoint son collègue Michel Potvin en ce qui concerne l’importance pour les petites et moyennes entreprises d’adapter les milieux de travail et surtout de conserver les mesures de distanciation sociale.

Jean-Marc Crevier a indiqué avoir eu une discussion avec son collègue Carl Dufour quant au plan de déconfinement et l’ouverture des routes.

Les trois conseillers ont également constaté comment il était difficile de reprendre le contrôle sur la transmission du virus à partir du moment où il infecte des milieux comme ce fut le cas chez les Antoniennes-de-Marie et au CHSLD de la Colline qui a enregistré encore deux cas de contamination d’employés vendredi.