Entre la Fête nationale et la fête du Travail, 92 personnes sont mortes lors de 88 collisions en 2017. C’est plus d’un mort par jour.

L’été, série noire sur les routes

EXCLUSIF / La fin de semaine qui s’en vient risque de marquer le début d’une série noire sur les routes du Québec.

Selon les plus récentes données de la SAAQ compilées par le CAA-Québec, l’été a encore été la saison la plus meurtrière de l’année en 2017. 

Entre la Fête nationale et la fête du Travail, 92 personnes sont mortes lors de 88 collisions en 2017. C’est plus d’un mort par jour. 

«Avec l’arrivée des jours les plus lumineux de l’été, on amorce la période la plus sombre de l’année sur les routes», dit Pierre-Olivier Fortin, porte-parole du CAA-Québec. 

Étonnement, l’hiver, avec sa poudrerie et ses chaussées glissantes, est une saison moins mortelle que l’été sur les routes. La tendance se confirme depuis au moins cinq ans, selon la compilation du CAA-Québec.

Trajets inhabituels 

Les déplacements inhabituels, les fins de semaine ou pour les vacances, notamment, font partie des raisons qui expliquent le nombre élevé de morts sur les routes l’été.

«On va faire des longs trajets, à des périodes de la journée où on n’est pas nécessairement habitué de conduire», illustre M. Fortin. «On va aller à des endroits qu’on ne connaît pas, sur des routes qu’on ne connaît pas. En plus de tous les périls habituels de la route». 

Bref, «c’est surtout dû au fait qu’on s’aventure à l’extérieur des sentiers battus», résume-t-il. 

Les automobilistes qui seraient tentés de conduire de nombreuses heures d’affilée pour arriver plus rapidement à leur destination de vacances augmentent leurs risques de mourir au voulant. 

«On ne peut pas “refuser” la fatigue, c’est le corps qui décide», dit Pierre-Olivier Fortin. «Ouvrir les fenêtres ou boire une boisson énergisante ne sert pas à grand-chose. Tout ce qui fonctionne, c’est de prendre une pause».

Un arrêt de 15 ou 30 minutes peut faire toute la différence, souligne-t-il. Et dans certains cas, il vaut mieux renoncer à prendre le volant.

Un accident mortel sur cinq a lieu la nuit. 

Avec les bals de finissants et les fêtes de toutes sortes qui se multiplient, les jeunes sont aussi plus à risque sur les routes, notamment en raison de l’alcool volant.

Entre la fête nationale et la fête du travail, on dénombre 27 % des décès de toute une année chez les conducteurs de 16 à 19 ans, par rapport à 19 % chez les conducteurs de tous âges.

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Surveillance policière accrue

La Sûreté du Québec (SQ) accentuera la surveillance policière sur les routes pendant les longs congés des fêtes nationales. 

Du 22 juin au 2 juillet 2018, les policiers de la SQ seront plus nombreux à vérifier la conduite des automobilistes et des motocyclistes et à remettre des contraventions aux délinquants. 

À l’approche des festivités des fêtes nationales du Québec et du Canada, le 24 juin et 1er juillet, «les policiers cibleront particulièrement la capacité de conduite affaiblie par l’alcool, la drogue, ou la combinaison des deux», indique la SQ. 

La vitesse, le port de la ceinture de sécurité et l’utilisation du téléphone cellulaire au volant feront aussi partie des infractions ciblées par les policiers. Celles-ci, rappelle la SQ, constituent les quatre principales causes de collisions mortelles au Québec.

La SQ recommande aux usagers de la route de planifier leurs déplacements. Elle leur suggère notamment de se fixer des délais réalistes afin respecter les limites de vitesse et d’arriver sain et sauf à destination.