Andrée Laforest passera ses vacances estivales au Lac-Saint-Jean et à Saguenay, mais son téléphone cellulaire ne sera sans doute pas bien loin.
Andrée Laforest passera ses vacances estivales au Lac-Saint-Jean et à Saguenay, mais son téléphone cellulaire ne sera sans doute pas bien loin.

[L'été de nos personnalités] La pandémie sur tous les fronts

L’été que nous vivons suit un printemps pas comme les autres. Toutes les sphères de la société ont été affectées par la pandémie et le confinement. Dans cette série «L’été de nos personnalités», les médias de la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i) vont à la rencontre de personnalités de tous les domaines – politique, sports, science, culture, vie communautaire –afin de savoir comment se passera leur été. Des conversations libres que nous vous présentons chaque samedi. Le Progrès ouvre le bal avec la députée et ministre Andrée Laforest.

 La COVID-19 a frappé de plein fouet des milliers de familles qui ne pouvaient pas voir leurs proches. Des entreprises ont dû fermer leurs portes, des villes doivent composer avec une perte importante de revenus, des locataires et nouveaux propriétaires se sont retrouvés sans logis.

La ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, a vécu la pandémie sur tous ces fronts. Ancienne propriétaire de garderies et de magasins d’équipements de cuisine, la députée de Chicoutimi a dû rassurer et écouter des élus, des commerçants, des citoyens sans logement, mais surtout sa famille, et ce, tout en défendant les restrictions de son gouvernement.

«Au début, je me suis sentie un peu coupable. J’ai vendu mes magasins à mes enfants. Je me disais : “Ayoye, les commerces, qu’est-ce qui va arriver?” Mes enfants qui prennent la relève... J’ai eu un stress pour eux. Mais je me suis dit: ‘‘C’est partout pareil au Québec; ce n’est pas de ma faute.’’ J’ai plutôt essayé de les aider, de les soutenir, tout en maintenant l’importance des mesures», raconte Mme Laforest, en parlant de cette dualité.

La mère de quatre enfants s’est d’ailleurs imposé d’importantes restrictions. Elle a attendu plus d’un mois avant de voir ses deux nouveaux petits-enfants et elle maintenu la distance avec sa mère de 82 ans, sa complice de toujours.

Andrée Laforest passera ses vacances estivales au Lac-Saint-Jean et au Saguenay, mais son téléphone cellulaire ne sera sans doute pas bien loin.

«Ma mère, j’allais la voir dehors, avec mon souper. On mangeait à distance pour ne pas se perdre de vue. Mais ma mère est forte. Elle m’impressionne. Mais elle était tannée là. On revient d’ailleurs d’une virée magasinage et ça lui a fait du bien», laisse tomber Mme Laforest.

Cette dernière se prépare d’ailleurs à passer deux semaines de vacances en famille. Elle partagera son temps entre le Lac-Saint-Jean et le Saguenay.

«Nous sommes une belle région et longtemps, on a senti de la division entre les deux secteurs. C’est important pour moi de passer du temps en famille au Lac-Saint-Jean aussi. Je veux qu’on se montre plus solidaires les uns envers les autres, et je pense que pour le moment, notre équipe de députés le démontre bien», exprime Mme Laforest, en parlant également des liens étroits entre les quatre députés caquistes du Saguenay–Lac-Saint-Jean, portrait complété par François Tremblay, Nancy Guillemette et Eric Girard.

Énormément de travail

Pendant les dernières semaines et les derniers mois, la ministre a reçu des milliers de messages de citoyens inquiets, mais aussi des élus des quatre coins du Québec.

«On a énormément travaillé dans les dernières semaines. Le fait d’avoir Facebook et Messenger, c’est maintenant 24 heures sur 24. Les gens peuvent nous joindre en tout temps. Je recevais des messages la nuit de gens inquiets de perdre leur emploi. Ça, ç’a été intense.»

«Je pense d’ailleurs aux anciens ministres. Ils n’avaient pas de Messenger. Il y avait une distance. Aujourd’hui, il y a un problème et on le règle rapidement.»

Andrée Laforest, députée de Chicoutimi, a d’ailleurs entendu les cris du coeur des municipalités et elle assure que du soutien arrivera. «On est en train de s’ajuster, de voir comment on va les accompagner. On négocie avec Ottawa en ce moment. Il offre 14 milliards $ aux provinces, dont une partie aux municipalités. Mais ce qu’il offre, c’est tellement structuré qu’on ne peut pas faire ce qu’on veut. J’aimerais qu’on l’offre et que les municipalités s’en servent là où elles en ont besoin.»

+

EN RAFALE

Un projet pour l’été?

«Je vais aller voir nos producteurs locaux. Ça, ça m’intéresse beaucoup et je vais faire une tournée. J’ai vu durant la COVID que l’achat local était essentiel. Avec le marché public qu’on travaille avec la Ville [de Saguenay], ça va aider. De voir que d’être autosuffisants, que s’il arrive encore quelque chose de sérieux, de voir qu’on a toutes les ressources dans la région, c’est intéressant.»

Un beau souvenir d’un été de votre enfance?

«Être au chalet chez mes parents, ça, ce sont mes plus beaux souvenirs. Ramasser des fraises, des framboises, avec mes soeurs. Être là et ne rien faire. On était quatre filles, donc ça brassait déjà quand même pas mal.»

Qu’est ce qu’on se souhaite pour l’automne?

«Pas de COVID! Mais aussi des projets de relance économique. Travailler avec les députés pour des projets, rester tissés serré. Le bloc opératoire de Chicoutimi, peut-être des autobus électriques faits d’aluminium. J’ai plein de projets!»