Le territoire que couvrent les zecs du Saguenay–Lac-Saint-Jean représente une valeur de près de 198 M$.
Le territoire que couvrent les zecs du Saguenay–Lac-Saint-Jean représente une valeur de près de 198 M$.

Les Zecs ont une valeur économique de 197,7 M $, selon une étude

Émilie Morin
Émilie Morin
Le Quotidien
Les 8860 km2 qui composent le réseau de zones d’exploitation contrôlée (zecs) du Saguenay–Lac-Saint-Jean représenteraient une impressionnante valeur de 197,7 M$, dévoile une étude publiée par Zecs Québec.

La publication est le deuxième volet des résultats d’une étude visant à mettre l’accent sur l’importance économique des zecs. Celle-ci a été réalisée conjointement par Zecs Québec, l’Université du Québec en Outaouais, l’Université Laval, l’Université de Sherbrooke, Mitacs-Accélération, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs et les 63 zecs de chasse et pêche.

Si le Saguenay–Lac-Saint-Jean est davantage reconnu pour ses activités touristiques et forestières, l’étude dévoile pour sa part que la valeur économique des zecs de la région reposerait en grande partie sur le potentiel de régulation du climat offert par les écosystèmes, dont les arbres. En effet, l’étude rapporte que « les écosystèmes du territoire des zecs de la région représentent un potentiel de diminution du coût social des changements climatiques évalué à 193 M$ par an ».

L’étude affirme également que les activités touristiques, comme la pêche et la chasse, génèrent des retombées de l’ordre de 2,3 M$ par an, tandis que les redevances générées par l’industrie forestière représentent 1,3 M$ par an. Les retombées régionales, qui incluent le secteur hôtelier et la restauration, par exemple, sont évaluées à 1,2 M$ par an.

Des arbres à sous

Le coût total des changements climatiques semble difficile à évaluer. En 2011, la Table ronde nationale sur l’environnement et l’économie prévoyait que les changements climatiques entraîneraient des dépenses de 5 milliards $ en 2020, selon les scénarios de réchauffement envisagés, coûts qui pourraient atteindre entre 21 et 43 milliards $ par année d’ici 2050. Le chiffre, exorbitant, tient compte de plusieurs aspects, comme les infrastructures démolies, l’engorgement des hôpitaux ou encore la destruction des terres agricoles. La diminution du coût social rendue possible par les arbres se base sur leur capacité à stocker et à séquestrer le carbone, diminuant ainsi les émissions et leur facture.

Propriété du gouvernement

Professeur au Département des sciences fondamentales et responsable du diplôme d’études supérieures spécialisées en éco-conseil, Claude Villeneuve rappelle que malgré l’étude menée par les zecs et leur volonté de faire valoir les mérites du territoire, celles-ci ne sont pas propriétaires des forêts et ne peuvent donc pas empêcher les coupes forestières.

« Je ne conteste pas qu’on prenne en considération la valeur de la forêt dans la lutte aux changements climatiques. J’ai passé toute ma vie à travailler sur ça. Mais les arbres sont la propriété du gouvernement, alors il est difficile [pour les zecs] de s’attribuer le bénéfice carbone. »

M. Villeneuve a toutefois précisé ne pas avoir pris connaissance de l’étude, dont les grandes lignes lui ont été résumées par Le Quotidien lors d’un appel téléphonique.