Les visites demeurent difficiles, mais pas impossibles dans les centres de réadaptation

Les moyens technologiques sont mis de l’avant pour favoriser la communication entre les jeunes et leurs proches dans les centres jeunesse de la région, en raison de la suspension des visites, même si certaines exceptions peuvent être permises par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ). Bien que la situation soit difficile, ces mesures de confinement sont nécessaires afin de protéger autant les jeunes que le personnel, estime le syndicat.

Les visites dans les centres de réadaptation, communément appelés centres jeunesse, de même que pour les enfants qui se trouvent en famille d’accueil ou en ressources intermédiaires, ont été suspendues à la suite d’un arrêté ministériel émis le 19 mars. Dans une lettre d’opinion publiée mercredi sur les plateformes du Quotidien, l’avocate en droit de la famille et de la jeunesse, Me Valérie Assouline, écrit que cette situation porte atteinte aux droits fondamentaux des jeunes,

Elle juge les directives draconiennes et estime qu’elles sont appliquées « sans distinction aucune et sans égard à la situation particulière de chaque enfant et de chaque famille ».

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, les centres de réadaptation de Chicoutimi et de Roberval ont suivi comme ailleurs les directives ministérielles et les intervenants misent sur des moyens technologiques pour permettre aux jeunes de conserver un contact avec leurs proches, selon les particularités de chaque dossier, indique-t-on du côté du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) régional.

« On comprend que ce n’est pas une situation évidente pour les jeunes et les familles. Nous avons mis en place des mesures alternatives », explique Amélie Gourde, agente d’information au CIUSSS, qui rappelle que la suspension des visites vise à éviter une propagation de la COVID-19 au sein des centres jeunesse.

Téléphones intelligents et tablettes sont mis à la disposition des centres de Chicoutimi et de Roberval, qui utilisaient déjà ces moyens de communication, lorsque nécessaire. Les centres régionaux peuvent accueillir respectivement une trentaine et une centaine de jeunes âgés de six ans jusqu’à l’âge de 18 ans.

Des exceptions possibles

Des exceptions peuvent cependant être acceptées lorsque la situation l’exige. « Un dossier est alors monté et transmis à la directrice de la protection de la jeunesse et c’est elle qui va trancher, à savoir si on peut avoir des visites », a précisé Mme Gourde.

Quelques cas se sont produits dans les dernières semaines dans la région. Un premier placement, vécu très difficilement par un jeune, peut par exemple faire partie des exceptions évaluées.

Dans chacun des centres jeunesse de la région, où les admissions se poursuivent, une unité d’isolement a été identifiée afin d’être utilisée si un jeune présente des symptômes de la COVID-19. Jusqu’à maintenant, les deux établissements n’ont connu aucun cas positif ni suspect.

Des mesures nécessaires, selon le syndicat

Nancy Poulin, présidente régionale de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux, souligne que ces mesures sont nécessaires afin d’assurer la sécurité des jeunes et des intervenants, même si elles peuvent être vécues difficilement et avoir un impact sur le processus de réadaptation des jeunes.

« Je comprends que les enfants, de par leur santé et leur système immunitaire, ils peuvent paraître moins vulnérables, mais nous on les considère vulnérables. Et il n’y a personne qui veut que le virus entre dans un centre de réadaptation », a souligné celle qui compte quelque 450 intervenants et professionnels liés à la DPJ parmi ses membres.

Dans le cas des enfants placés en famille d’accueil, des séances de visioconférence peuvent être organisées pour respecter les décisions d’une ordonnance rendue par la cour, a-t-on précisé du côté du CIUSSS. Un contact supervisé, en personne, peut également avoir lieu, selon le dossier, sous supervision d’un travailleur social. Le centre jeunesse est alors le lieu privilégié pour ce type de rencontre, dans le contexte de la pandémie de COVID-19.