Les vérificateurs du ministère débarquent à Saguenay

La gestion de Promotion Saguenay, Diffusion Saguenay et de la Zone portuaire sera passée au crible. Les vérificateurs du ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire (MAMOT) ont fait leur entrée en scène, mardi après-midi, à l’hôtel de ville de Saguenay.

Quatre représentants du ministère, soit Frédéric Guay, sous-ministre à la direction générale des Finances municipales, Service de la vérification, Daniel Tremblay, directeur régional du MAMOT, et deux autres collègues, sont arrivés à Saguenay. Ils sont accompagnés du vérificateur général (VG) de la Ville, François Gagnon, son adjointe, Sylvie Jean, Jean-François Boivin, directeur général de la Ville, Arthur Gobeil, directeur par intérim de Promotion Saguenay, Luc Desbiens, directeur de cabinet, et de la mairesse Josée Néron. 

En entrevue, Mme Néron a mentionné que ce premier contact a permis de définir les rôles et mandats de vérification de chacun des acteurs présents dans un objectif de plus grande efficacité.

« Il a été décidé que le vérificateur général et son adjointe, dans le cadre de leur champ de compétence limité, devront faire le suivi de l’argent qui a été dépensé et de quelle façon ç’a été dépensé au cours des dernières années », explique Mme Néron, qui n’était pas en mesure d’affirmer si la vérification inclurait la liste des fournisseurs avec lesquels les trois organismes ont transigé.

Ce pourrait être le cas pour le MAMOT, dont le travail consistera à faire un examen attentif des prises de décisions, l’octroi de contrats et la gouvernance des organismes. Les discussions ont porté sur la liste des documents qui devront être échangés entre le bureau du VG et le MAMOT.

Appel d’offres

Outre ce partage de travail, Mme Néron explique que le MAMOT procédera, au cours des prochains jours, au lancement d’un appel d’offres afin de recruter une firme externe pour appuyer le travail de vérification des personnes impliquées. Mme Néron précise qu’il pourra s’agir de firmes comptables ou d’organismes dont la spécialité est de traiter des dossiers de gouvernance d’organismes publics.

Le travail de vérification des gens du MAMOT ne devrait pas être effectué directement dans les locaux de l’hôtel de ville, mais plutôt à partir de Québec. Au milieu de janvier, les vérificateurs devraient effectuer un retour à Saguenay.

Le calendrier établi prévoit le dépôt des deux premiers rapports le 31 mars, précise Mme Néron.

Cette dernière ajoute qu’une partie du travail s’inscrira dans le cadre d’un suivi des rapports publiés en septembre 2013 par le ministère portant sur la vérification de Promotion Saguenay et de Saguenay et l’attribution des contrats. La mairesse rappelle que l’ancienne administration de Saguenay avait intenté une action en jugement déclaratoire contre le MAMOT pour faire valoir son point de vue. L’implication du MAMOT dans la présente vérification était conditionnelle à l’abandon des démarches judiciaires, chose qui a été faite le 29 novembre dernier.

Mme Néron dit tout à fait justifiées ces démarches de vérification en début de mandat puisqu’elle estime que les contribuables de Saguenay sont en droit de savoir comment ont été dépensées les taxes foncières.

La mairesse de Saguenay, Josée Néron

Josée Néron confirme la rencontre avec le DG Boivin

La mairesse de Saguenay, Josée Néron, confirme qu’elle a rencontré le directeur général de la Ville, Jean-François Boivin, une semaine avant son élection. Elle n’y voit aucun élément d’illégalité, comme l’a prétendu Me Louis Coulombe dans une lettre ouverte publiée dans Le Quotidien.

Mme Néron a dit comprendre que M. Coulombe soit déçu de la tournure des événements, mais réitère qu’il ne s’agit nullement d’une vengeance découlant de sa nomination par l’administration Tremblay. « On sait qu’on a 12 M$ de renflouement et de manque à gagner. On a révisé l’organigramme et nous avons déterminé que nous n’avions plus besoin du poste qu’occupait Me Coulombe, qui coûtait 200 000 $ par année », explique la mairesse.

Elle a repris les arguments présentés dans le communiqué de presse émis lundi tout en confirmant avoir rencontré Jean-François Boivin une semaine avant la tenue de l’élection municipale. « J’ai téléphoné à M. Boivin et c’était déjà prévu à l’agenda considérant que j’avais des chances de remporter l’élection. Je voulais savoir ce qu’on attendrait de moi au lendemain de l’élection. Une chance que je l’ai rencontré avant... »

Pour ce qui est de l’aspect légal, Mme Néron rappelle qu’elle était toujours en poste comme conseillère municipale jusqu’au 4 novembre.