Les nouveaux députés Éric Girard, Andrée Laforest et François Tremblay ont été assermentés, mardi, tout comme le premier ministre François Legault.

Les trois caquistes assermentés

Le premier ministre désigné François Legault a procédé, mardi, à l’assermentation des députés de la Coalition avenir Québec qui vont former les rangs du gouvernement. Le Saguenay-Lac-Saint-Jean pourra compter sur les députés caquistes François Tremblay dans Dubuc, Andrée Laforest dans Chicoutimi et Éric Girard dans Lac-Saint-Jean. Ces trois nouveaux venus en politique ont vécu leur première journée officielle dans la fonction de député de l’Assemblée nationale du Québec.

ANDRÉE LAFOREST: «UN DÉPART»

Andrée Laforest est passée par différentes émotions depuis son élection dans la circonscription de Chicoutimi. Son père est décédé la semaine dernière, quelques jours avant qu’elle prête serment devant ses collègues dans le grand salon rouge de l’Assemblée nationale.

« Il y a de grandes joies. Il y a de grandes peines. C’est comme ça et la vie continue. Il faut poursuivre. Mon père était tellement fier et je porte ça aujourd’hui », a déclaré Andrée Laforest quelques minutes après la fin de la cérémonie officielle.

Elle était accompagnée de son conjoint et des autres membres de sa famille pour ce premier contact avec un lieu qu’elle apprendra à découvrir dans les prochaines semaines.

« C’est un nouveau défi et un tout nouveau monde pour moi. La campagne électorale est terminée et c’est un départ. On doit se retrousser les manches et travailler. »

L’enseignante de formation est surtout consciente de la confiance que les gens de Chicoutimi ont placée en elle pour les représenter à l’Assemblée nationale. Elle a répété pendant la campagne à son chef comment elle souhaitait faire rayonner la circonscription dans ses nouvelles fonctions et sait très bien qu’elle a aujourd’hui des responsabilités face à ses concitoyens.

La vie de députée comporte son lot d’obligations, dont celle de vivre à l’extérieur chaque semaine afin de participer aux travaux parlementaires. Andrée Laforest assure être prête pour cette nouvelle étape de sa vie et surtout pouvoir compter sur l’aval de ses quatre enfants et de son conjoint Jean-Denis Allard.

« Dans la famille, nous avons une tradition. Chaque jeudi, nous soupons ensemble. Lors de ces soupers, chaque membre de la famille fait part des défis qu’il doit relever dans le milieu où il évolue. Quand j’ai décidé de me présenter en politique, tout le monde a donné son appui et dès le lendemain, les enfants sont partis travailler à 5 h le matin. Ils étaient déjà prêts à prendre la relève », raconte l’enseignante de formation.

Andrée Laforest est propriétaire de deux garderies en plus d’être partenaire dans l’entreprise Eugène Allard dirigée par son conjoint. Elle assure qu’il n’y a aucun problème de ce côté puisque les enfants occupent des postes dans les deux entreprises et la plus jeune étudie en ce moment à Québec.

Le nom d’Andrée Laforest a circulé comme étant une éventuelle candidate pour accéder au conseil des ministres. Elle savourait sa première journée de députée de Chicoutimi sans trop se questionner sur cette possibilité.

Elle a déjà eu un premier contact avec son nouveau rôle alors qu’elle a rencontré la députée sortante Mireille Jean pour la transition des dossiers. Elle a grandement apprécié cette initiative qui s’est déroulée dans une très bonne ambiance. 

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ÉRIC GIRARD: UN RÔLE QU'IL PREND AU SÉRIEUX

L’immeuble du parlement peut impressionner le visiteur. Mardi, le nouveau député de Lac-Saint-Jean vivait pleinement ce premier contact officiel et ne pouvait s’empêcher de penser à toute l’histoire du Québec qui s’est en bonne partie déroulée dans les murs de cette institution.

« C’est beaucoup plus grand que nous. C’est ce sentiment que j’ai. Il suffit de penser aux grands hommes et grandes femmes qui sont passés ici au fil des ans. C’est vraiment particulier », a déclaré celui qui a touché à la politique municipale en tant que maire et au syndicalisme agricole avant de devenir député caquiste de Lac-Saint-Jean.

L’agriculteur prend son nouveau rôle très au sérieux et n’a surtout pas l’intention de décevoir. Il sait que le mandat qu’il a reçu de la population a un sens important et il compte bien le démontrer au cours des prochains mois.

« C’est exceptionnel ce que les gens nous confient et il faut en être conscient. C’est aussi un honneur. J’ai une idée de ce que ça représente puisque j’ai été maire et vice-président de l’UPA dans la région. »

La journée d’assermentation a constitué une pause dans l’horaire déjà chargé du nouveau venu. Éric Girard est à pied d’œuvre pour monter son équipe.

« Nous allons occuper le bureau de comté d’Alexandre Cloutier. Nous avons une très bonne collaboration des personnes du bureau de comté et M. Cloutier m’a assuré toute sa collaboration pour la transition. »

Le député a aussi été dans l’obligation de réorganiser le travail au sein de son entreprise agricole. Il peut maintenant compter sur une personne de confiance puisque son entreprise doit continuer ses activités pendant qu’il est à Québec.

Le député de Lac-Saint-Jean est bien conscient de ce qui l’attend dans les prochains jours. Les producteurs de lait sont en ce moment dans l’incertitude et ils risquent de cogner à sa porte rapidement : « M. Legault a promis qu’ils auraient de l’aide », rétorque-t-il rapidement.

Éric Girard entend faire face à la musique et s’attaquer rapidement à tous les dossiers de son comté.

Il pourrait bien vivre d’autres moments intenses dans les prochaines heures. L’agriculteur du Lac-Saint-Jean, qui possède une formation d’agronome, aurait de fortes chances d’accéder au conseil des ministres pour diriger le ministère de l’Agriculture. Il permettrait de plus au premier ministre d’assurer une représentation dans une région du Québec où la CAQ a fait des gains majeurs en plus de combler un ministère sensible au sein du gouvernement.

Éric Girard préfère sourire quand on lui pose la question et assure qu’il est déjà membre du gouvernement en tant que député de la majorité. Il a esquissé un large sourire lorsque Le Quotidien lui a demandé si son téléphone avait sonné au cours des dernières heures.

Mardi, il préférait goûter cette première journée en compagnie des membres de sa famille.

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FRANÇOIS TREMBLAY: PLUSIEURS PROJETS EN TÊTE

François Tremblay savourait mardi le long parcours entre la fin de sa carrière politique municipale et son élection comme député de Dubuc. Celui qui a connu une expérience difficile en compagnie du maire Jean Tremblay était plus que radieux au milieu du salon rouge alors qu’il a remporté son pari de déloger les libéraux.

Il avait cependant une pensée pour ses parents qui sont aujourd’hui décédés et envers qui il a une grande reconnaissance.

« Ce sont eux qui ont travaillé très fort toute leur vie pour me permettre d’étudier. Si aujourd’hui je suis ici, c’est beaucoup à cause de ce qu’ils ont fait. »

La nouvelle vie de François Tremblay ne sera pas de tout repos. Il admet qu’il doit tout réorganiser. Il est le père de deux fillettes de 7 et 10 ans. Il devra composer avec cette réalité familiale et affirme pouvoir compter sur le support de sa famille pour bien mener cette nouvelle carrière.

Le premier candidat connu de la CAQ dans la région a une bonne idée de ce qui l’attend dans les prochains mois, mais va se souvenir pendant tout son mandat du discours de François Legault au terme de la cérémonie d’assermentation.

« M. Legault, et je le cite, nous a rappelé nos responsabilités, dont celle de nous occuper en premier lieu des citoyens qui ont le plus de difficultés, que le travail ne serait pas toujours facile. C’est ce que j’entends faire. J’ai toujours été proche des organismes et des milieux communautaires en politique », insiste le député de Dubuc qui doit, comme ses collègues, monter sa propre équipe.

François Tremblay n’attendra pas longtemps avant de se mettre au travail. Il a déjà en tête plusieurs projets importants pour le développement du comté et souhaite les faire avancer avant de créer des emplois de qualité pour la population.

L’agenda du député est déjà bien rempli et il compte bien s’activer de ce côté. « Des organismes ont déjà demandé des rencontres. Le préfet, Gérald Savard, s’est déjà manifesté et d’autres maires veulent aussi des rencontres. »

François Temblay est un politicien de sa génération. En moins de temps qu’il ne faut pour le faire, il publiait déjà une photo en compagnie de sa famille et de son chef sur les médias sociaux.

Contrairement à ses collègues de Chicoutimi et Lac-Saint-Jean, François Tremblay doit monter tous les dossiers. La succession avec son prédécesseur ne semble pas se faire de la même façon que dans les deux autres circonscriptions remportées par les caquistes.