La ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, Gervais Jacques, directeur exécutif Opérations Atlantique Aluminium, Vincent Christ, président-directeur général d’Elysis, Jean-François Cyr, président d’Alcoa Canada, François-Philippe Champagne, ministre de l’Infrastructure et des Collectivités, et la mairesse de Saguenay, Josée Néron, ont participé à l’inauguration du chantier du centre de recherche d’Elysis.

Les travaux d’Elysis lancés

La société Elysis a donné le coup d’envoi à la construction de son nouveau Centre de recherche et développement qui aura pour mission de compléter une nouvelle technologie de production d’aluminium primaire sans émissions directes de gaz à effet de serre (GES).

Le projet a été lancé vendredi en présence de plusieurs représentants politiques, parmi lesquels on comptait le ministre de l’Infrastructure et des Collectivités, François-Philippe Champagne, la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, la mairesse de Saguenay, Josée Néron, ainsi que plusieurs députés de niveau provincial et fédéral, en plus des hauts dirigeants de Rio Tino et d’Alcoa.

Photo Le Progrès, Michel Tremblay

Le centre de recherche et développement, aménagé au coût de 50 M $, sera logé dans l’ancien centre de production des anodes du Complexe Jonquière de Rio Tinto. Depuis janvier, des travailleurs ont été affectés au démantèlement du four existant afin de laisser place à la nouvelle technologie développée avec l’équipe de conception de Rio Tinto en France et du Centre technique d’Alcoa, près de Pittsburgh, aux États-Unis, où le procédé est né en 2009.

En point de presse, Vincent Christ, président-directeur général d’Elysis, a déclaré que d’ici quelques semaines, des appels d’offres seront lancés afin de procéder aux travaux d’aménagement d’un atelier d’assemblage ainsi que d’une cuve expérimentale. Il s’agit de la dernière phase de développement.

Un investissement de 50 M$ est nécessaire pour transformer l’ancien centre de production des anodes du Complexe Jonquière en centre de recherche.

« Après, la technologie Elysis ira à l’échelle commerciale et sera implantée dans une usine de démonstration existante auprès de clients potentiels, avec pour objectif de vendre des licences à des clients à travers le monde entier », affirme M. Christ.

Commercialisation en 2024

En ce qui a trait aux données techniques, comme l’intensité des cuves, leur capacité de production et leur coût de production, les médias ont été laissés sur leur faim, sous le prétexte du secret technologique. « On est dans une course contre d’autres compétiteurs. On vise à mettre en place la technologie pour 2020 en prévision d’une commercialisation en 2024 », déclare M. Christ.

Des équipements ont été apportés de Pittsburgh pour être installés au Complexe Jonquière.

Ce dernier a indiqué que la cuve du futur sera complètement fermée. Le carbone sera éliminé du processus d’électrolyse pour l’utilisation d’anodes de céramique, dont la durée sera 30 fois supérieure.

Aluminium vert

L’élimination du carbone aura pour effet d’éliminer les émissions directes de GES, lesquelles seront remplacées par de l’oxygène, tout en offrant un milieu de travail moins exigeant. « Tout ce qu’on aura à faire est de l’agrandir dans une phase précommerciale », a indiqué M. Christ.

Photo Le Progrès, Michel Tremblay

Une équipe de 25 chercheurs seront recrutés en décembre pour oeuvrer au nouveau centre de recherche, qui sera en liaison avec la France, Pittsburgh et les installations d’Arvida.

Gervais Jacques, directeur exécutif Opérations Atlantique Aluminium chez Rio Tinto, a mentionné que cette technologie du futur sera utilisée dans les usines existantes du Saguenay–Lac-Saint-Jean le plus rapidement possible. Elle pourrait permettre de remplacer les cuves existantes précuites. L’objectif est de l’étendre à toutes les usines. La mise en place du nouveau centre de recherche Elysis a été saluée par plusieurs invités, qui ont souligné l’alliance créée par les géants Rio Tinto, Alcoa et Apple, qui oeuvrent comme coactionnaires.

Le nouveau centre a reçu l’appui des gouvernements supérieurs avec une participation financière du fédéral et du provincial à la hauteur de 60 M $ chacun.

Photo Le Progrès, Michel Tremblay

+ CE QU'ILS ONT DIT

« On est dans un édifice historique où on écrit une page d’histoire. On prend des installations existantes pour nous amener vers le nouveau siècle. »

François-Philippe Champagne, ministre fédéral de l’Infrastructure et des Collectivités

« Il s’agit d’une heureuse nouvelle puisque le Saguenay–Lac-Saint-Jean bénéficiera des retombées du projet avec la venue de grands spécialistes d’Europe et des États-Unis qui seront présents pour faire le virage technologique. »

Josée Néron, mairesse de Saguenay

« Depuis 50 ans, des chercheurs s’attellent à la tâche de produire de l’aluminium vert. En 2009, le procédé a été inventé à Pittsburgh. On commence à voir la nouvelle réalité. L’industrie doit se renouveler. »

Jean-François Cyr, président d’Alcoa Canada 

« C’est une fierté d’avoir le centre de recherche ici, à Arvida. Il est important que le fédéral ait contribué. »

Karine Trudel, députée néo-démocrate de Jonquière au fédéral

« Je suis extrêmement content. On est ici pour le développement d’un nouveau centre de technologie. Ça met la table pour une production de grande échelle en 2024. C’est le meilleur exemple du développement d’une économie verte. J’invite la population à bien regarder la voie d’une économie sans carbone.»

Sylvain Gaudreault, député péquiste de Jonquière au provincial

Le président du SNEAA, Alain Gagnon, se réjouit de la venue de la technologie Elysis.

+ « On ne peut pas laisser passer la technologie » – Alain Gagnon

Le président du Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida (SNEAA), Alain Gagnon, se réjouit de l’annonce faite vendredi par la direction d’Elysis. Le leader syndical se dit conscient que les travailleurs «ne peuvent laisser passer sous leur nez la nouvelle technologie» implantée au Complexe Jonquière.

En entrevue, M. Gagnon a mentionné que les travailleurs, s’ils désirent produire un métal vert, n’ont pas le choix d’accepter la venue de la nouvelle technologie. Selon lui, les efforts déployés dans le passé pour le maintien de la production à l’Usine Vaudreuil, la sauvegarde du centre de recherche et la construction d’AP-60 ont fait en sorte que le Saguenay–Lac-Saint-Jean demeure la capitale mondiale de la production d’aluminium. 

« Ça donne le vertige de migrer vers de nouvelles technologies, mais on est rendus à l’étape où tout le monde veut avoir de l’aluminium vert. Il faut être visionnaires et on n’a pas le choix d’aller vers le zéro carbone », a-t-il déclaré.

M. Gagnon poursuit en affirmant que l’immobilisme aurait pu faire en sorte que la technologie puisse être développée ailleurs, empêchant des projets structurants créateurs d’emplois au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Il se dit bien conscient que l’implantation de nouvelles technologies modifiera les tâches à accomplir. Notamment, des opérateurs devront devenir des techniciens, tandis que les employés de métiers changeront d’affectations.

Il a cité en exemple certaines alumineries dans le monde qui produisent de très forts tonnages de métal en recourant à peu de travailleurs. C’est le cas, selon lui, à Dubaï, où une aluminerie dotée de technologies 4.0 produit 1,4 million de tonnes avec 700 travailleurs, comparativement à Alma, qui livre 450 000 tonnes avec 700 employés.