Les temps demeurent difficiles pour les transporteurs par autobus, malgré une certaine reprise.
Les temps demeurent difficiles pour les transporteurs par autobus, malgré une certaine reprise.

Les transporteurs par autobus demandent 16 M$ à Ottawa

Stéphane Bouchard
Stéphane Bouchard
Le Quotidien
La Fédération des transporteurs par autobus (FTA) du Québec demande 16 millions de dollars à Ottawa pour se rendre au printemps. La fin du transport nolisé touristique en mars dernier a fait très mal aux transporteurs, qui ont dû essuyer des pertes allant de 80 à 100% de leurs revenus.

Alors que l’on parle de plus en plus de deuxième vague de COVID-19 au Québec et que les mesures sanitaires redeviennent plus sévères, l’industrie du transport par autobus a besoin d’argent pour passer à travers les six prochains mois, explique au Quotidien le président du conseil d’administration de la FTA et président du Groupe Autocar Jeannois, Stéphane Lefebvre.

«On fonctionne à 1%, 2%, de nos capacités», résume M. Lefebvre, qui ajoute que l’essentiel du chiffre d’affaires des transporteurs se fait entre avril et octobre.

La demande de la FTA a été déposée à la suite du discours du Trône de Justin Trudeau. Le premier ministre canadien y mentionnait que l’État continuerait de soutenir les industries les plus touchées par la crise de la COVID-19, notamment celles du voyage et du tourisme.

«On a jamais vu ça dans l’histoire de tous les types d’entreprises des arrêts complets pendant une année. Il va falloir faire quelque chose. On n’est pas contre les décisions prises présentement [par les gouvernements contre la COVID], mais on est à la merci de ces décisions-là».

Stéphane Lefebvre espère que l’industrie du transport nolisé, qui comprend les voyages organisés, sportifs et éducatifs, redémarrera au printemps, après un arrêt qui aura duré une douzaine de mois.

«On attend la reprise, mais il y a tout le temps des reculs qui se font. Les frontières restent fermées. On a repris le sport graduellement, mais on le referme aussitôt. On joue au yoyo depuis le 13 mars.»

La Fédération des transporteurs par autobus, dont le président est Stéphane Lefebvre, demande de l’aide au gouvernement fédéral.

Conserver des acquis

L’argent demandé au fédéral servira à entretenir la flotte d’autobus des quelque 160 entreprises que M. Lefebvre représente, dont Intercar. Les coûts peuvent atteindre 4000$ par véhicule mensuellement, même s’il ne roule pas.

Il permettra aussi de conserver des infrastructures, comme des garages, et de garder de la main-d’oeuvre spécialisée.

Autocar Jeannois emploie à elle seule environ 80 personnes, seulement pour le transport nolisé. Certaines personnes ont pu être affectées à d’autres tâches pendant la crise, mais il sera difficile de garder ces employés à long terme si la situation perdure.

«On a réussi à passer au travers le premier six mois. L’aide actuelle, les subventions salariales, a pu nous dépanner pour certains éléments, mais notre industrie est saturée en prêts.»

Ottawa en discussion

L’attachée de presse du ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a affirmé que le gouvernement Trudeau reconnaissait que le transport interurbain par autocar avait été «lourdement touché par la pandémie».

«Notre gouvernement est en communication avec les compagnies qui ont été touchées par cette situation. Nous continuerons nos discussions avec nos contreparties provinciales afin de trouver des solutions et d’examiner les options qui pourront nous aider à soutenir l’industrie et lui permettre de se rétablir suite aux impacts de la COVID-19», a indiqué Livia Belcea.

Stéphane Lefebvre était plus ou moins satisfait de cette réponse, jugeant qu’elle esquivait le réel problème.

Les temps demeurent difficiles pour les transporteurs par autobus, malgré une certaine reprise.

«On n’est pas dans le transport interurbain. C’est complètement un autre domaine d’activité, qui fait partie du transport de personnes.» Avec la Presse canadienne