L’Auberge du 31 offre de l’hébergement pour une centaine de motoneigistes.

Les touristes affluent déjà sur les monts Valins

On a tort de croire que le territoire des monts Valin est le terrain de jeu du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ce n’est pas non plus celui du Québec, ni même du Canada. C’est le terrain de jeu de l’Amérique du Nord et vendredi, on se préparait pour accueillir beaucoup, beaucoup de visite.

«Demain, ça va être noir de monde», dit Vincent Thierry, «le Français» qui a adopté le Valinouët il y a plus de 20 ans.

Mylène Aubry, qui a acquis La Chapelle du Jalobert avec son conjoint et un autre associé l’an passé, affirme que la saison a démarré brusquement cette année.

Avec son épouse Lise Cayouette, il exploite la station-service et le dépanneur du village ainsi qu’une douzaine de chalets et 10 appartements pouvant loger 180 personnes. Vincent accueille les touristes du Québec et d’ailleurs au Canada, mais note que ce sont surtout les Américains qui se pointent pour l’hébergement. «L’an passé, ils venaient de partout: de l’Indiana, du Massachusetts. Ils veulent être sûrs de ne pas manquer leur voyage grâce à la qualité de la neige», dit-il.

En prévision de ce premier vrai gros week-end de motoneige, les touristes commençaient d’ailleurs à arriver.

Devant l’un des chalets que loue Vincent Thierry, quatre motoneigistes faisaient tourner leurs moteurs; quatre gars dans la trentaine, de la banlieue ouest de London, arrivés jeudi soir avec leur camionnette qui tirait une grosse remorque fermée pouvant transporter plusieurs motoneiges.

Ils étaient descendus pour trois jours de motoneige, avec un départ lundi. «Mais nous allons revenir dans trois semaines pour passer une semaine ici, nous a expliqué Greg Schnarr, le seul du groupe qui était déjà venu au Saguenay. Je suis venu deux fois l’an passé. Un ami m’en avait parlé. C’est fantastique», a-t-il dit, avant de demander à quel endroit on pouvait trouver les «power lines», les lignes à haute tension qui sont le terrain de jeu préféré des mordus de la motoneige hors-pistes.

Derek, Greg, Mike et Patrick ont été rejoint à l’Auberge du 31 par les parents de Greg, Anja et Rick.

Nous avons retrouvé nos quatre Ontariens quelques heures plus tard, alors qu’ils étaient attablés à l’Auberge du 31, et ils avaient des étoiles dans les yeux. Tous se disaient éblouis par la quantité et la qualité de la neige, eux qui avaient quitté leur patelin du sud de l’Ontario «alors que le gazon était encore vert».

Rien de comparable au Québec

Stéphane Giroux était allé acheter une pièce d’équipement au dépanneur de Vincent Thierry quand nous l’avons croisé. Il arrivait de Saint-Jérôme avec une remorque de six motoneiges. «Saint-Jérôme? Vous devez avoir de la neige?», lui a-t-on demandé. «On en a un pied et on peut faire de la motoneige à Saint-Donat. Mais ce n’est pas comparable à ici. On n’a jamais la qualité que vous avez», dit-il, convaincu, alors qu’il s’apprêtait à enfourcher pour la première fois son bolide sur les monts. «J’étais venu il y a quelques années, quand on n’avait pas eu de neige avant les Fêtes, mais on n’avait pas fait de motoneige. Là, on est ici pour trois jours et on va revenir cet hiver avec nos femmes, mais cette fois, pour faire du ski.»

Sur les monts Valin, l’hiver a commencé le 17 octobre.

En avance

Il faut dire que dame Nature a tout fait cette année pour que les sommets du Saguenay soient à la hauteur. L’automne froid a fait en sorte que l’hiver s’est installé brusquement le 17 octobre et n’a pas lâché depuis.

«Le début de saison est très mouvementé. Nous avons déjà vu passer beaucoup plus de gens qu’à l’habitude, note Mylène Aubry, copropriétaire du relais La Chapelle, du lac Jalobert. La saison de motoneige a vraiment commencé le 15 novembre comme l’an dernier, mais ce fut plus intense.»

Il faut être prudent sur les lacs en raiosn de l’épaisse neige qui a empêché la formation d’une glace solide. La slush est présente partour sur le lac Jalobert.

La clientèle provient surtout de la région de Montréal, de la Montérégie et du Maine. Une clientèle qui se pointe en début de saison, car elle commence plus tôt ici, et en fin de saison, alors qu’elle s’étire.

Le constat est le même de l’autre côté du lac Jalobert, à l’Auberge du 31. Son gérant Nicolas Bélanger accueille régulièrement la clientèle américaine qui est à la recherche d’un hébergement sur les monts. «Ici, l’avantage est que le samedi soir, après ta journée, tu n’es pas obligé de reprendre le sentier 93 pour retourner coucher au Valinouët», dit-il. En effet, c’est un avantage non négligeable, car le sentier 93, c’est l’autoroute qui mène sur les monts et après une journée à se faire labourer par des centaines et des centaines de motoneiges, le retour est pénible, tellement il y a des bosses.

Nos quatre Ontariens avaient hâte de se mesurer aux grands étendues de neige, quand on les a croisés avant leur départ.

L’Auberge du 31, dont les 12 chambres et 11 chalets peuvent accommoder 100 personnes, affiche complet jusqu’après les Fêtes. «Tôt en saison, ce sont les Américains du Maine qui viennent pour une ou deux semaines. J’ai un groupe de 12 arrivé la semaine dernière pour 10 jours qui sont les premiers chaque année. Ils viennent ici pour s’entraîner en prévision de leur saison de motoneige. Peu importe les conditions, ils veulent voir de la neige et dès qu’elle tombe, ils arrivent. Cette année, c’est vraiment très tôt.»

Habituellement, la saison des Américains est suivie par celle des Québécois de l’Outaouais et des Ontariens. Après les Fêtes, en janvier et février, c’est encore la saison des Américains, mais des touristes. «Eux, ils attendent un peu plus, car ils veulent s’assurer de la qualité de la neige», poursuit M. Bélanger.

Ensuite, le dernier boum est le printemps. Quand la neige est fondue partout ailleurs au Québec, les maniaques se pointent de nouveau. «L’an passé, j’ai fait le tour des pylônes (des lignes à haute tension) le 22 mai.»

Les quatre touristes ontariens sont arrivés jeudi soir avec leur camionnette qui tirait une grosse remorque fermée pouvant transporter plusieurs motoneiges.